Ni­co­las Sar­ko­zy af­fiche son sou­tien à Fran­çois Fillon

L’an­cien pré­sident s’in­quiète d’une di­vi­sion de sa fa­mille po­li­tique.

Le Figaro - - LA UNE - MA­RION MOURGUE @Ma­rionMourgue

Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Fillon se sont re­trou­vés jeu­di au do­mi­cile de l’an­cien pré­sident pour un pe­tit dé­jeu­ner en tête à tête. Après le dé­pla­ce­ment de cam­pa- gne avec Alain Jup­pé mer­cre­di dans les lo­caux de Dee­zer, cette ren­contre avait pour but de sou­li­gner le ras­sem­ble­ment des Ré­pu­bli­cains.

DROITE Dans la der­nière ligne droite de la cam­pagne, Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Fillon se sont re­trou­vés jeu­di au do­mi­cile de l’an­cien pré­sident pour un pe­tit-dé­jeu­ner en tête-à-tête. Le prin­cipe de ce ren­dez-vous avait été ac­té mar­di ma­tin. « J’ai te­nu à re­mer­cier per­son­nel­le­ment Ni­co­las Sar­ko­zy de son sou­tien clair et im­por­tant dans cette der­nière ligne droite avant le pre­mier tour », a écrit hier Fran­çois Fillon, sur son compte Twit­ter.

Après le dé­pla­ce­ment de cam­pagne avec Alain Jup­pé mer­cre­di, la ren­contre jeu­di avec Ni­co­las Sar­ko­zy - qua­li­fiée de « cha­leu­reuse » par les deux hommes de­vait sou­li­gner « le ras­sem­ble­ment » des Ré­pu­bli­cains à trois jours du pre­mier tour. En plus d’échan­ger sur les der­niers jours de la cam­pagne et le lé­ger fré­mis­se­ment qui en­toure les son­dages du can­di­dat re­de­ve­nu le troi­sième homme de la com­pé­ti­tion, le pe­tit-dé­jeu­ner a été aus­si l’oc­ca­sion de confi­dences. Ni­co­las Sar­ko­zy a no­tam­ment pro­di­gué quelques conseils à Fran­çois Fillon sur la stra­té­gie de cam­pagne à adop­ter pour l’entre-deux-tours. Si rien n’est en­core joué, les deux hommes sont de plus en plus convain­cus de la pré­sence de Ma­rine Le Pen au se­cond tour.

Après une courte ba­lade dans les jar­dins de la pro­prié­té dans le XVIe ar­ron­disse- ment de Pa­ris, Ni­co­las Sar­ko­zy a aus­si te­nu à rac­com­pa­gner Fran­çois Fillon sur le per­ron. «Compte te­nu de la gra­vi­té des en­jeux, de l’im­por­tance de cette élec­tion, il me semble que tous les signes de ras­sem­ble­ment de­vaient être don­nés», a ex­pli­qué Ni­co­las Sar­ko­zy au mi­cro de RTL. « Pas une voix ne doit man­quer à Fran­çois Fillon», a in­sis­té l’an­cien pré­sident. In­quiet des hauts scores que pour­raient re­cueillir Ma­rine Le Pen et Jean-Luc Mé­len­chon au soir du pre­mier tour et de «l’image que tout ce­ci donne de notre pays », l’an­cien pré­sident a dit ne pas pou­voir se « ré­soudre » à un tel scé­na­rio.

« Sans états d’âme »

Dès lors, il a re­nou­ve­lé son sou­tien au can­di­dat « sans am­bi­guï­té, sans états d’âme », comme il l’avait fait le 7 avril dans sa tri­bune Fa­ce­book puis à nou­veau mar­di dans un mes­sage vi­déo pos­té sur les ré­seaux so­ciaux. Ni­co­las Sar­ko­zy a ex­pli­qué qu’il y avait «quelque chose qui est au-des­sus de cha­cun de nous» pour jus­ti­fier ce sou­tien ap­puyé, «c’est l’in­té­rêt de la France. Et l’in­té­rêt de la France com­mande qu’on se ras­semble », a-t-il pour­sui­vi au mi­cro de RTL.

«Ni­co­las et moi, quand il s’agit de la France, on est ras­sem­blés, on est unis», avait d’ailleurs dé­cla­ré, dans les mêmes termes, Fran­çois Fillon le 7 avril, quand ve­nait de pa­raître la pre­mière tri­bune de l’ex-chef de l’État. «Ni­co­las Sar­ko­zy est une voix im­por­tante de notre par­ti, c’était même le pré­sident de notre par­ti, c’est dire à quel point son sou­tien est im­por­tant», avait ajou­té l’an­cien pre­mier mi­nistre alors qu’il se trou­vait en Au­vergne-Rhône-Alpes aux cô­tés du fi­dèle sar­ko­zyste, Brice Hor­te­feux.

Un sou­tien qui a ma­ni­fes­te­ment tou­jours du poids po­li­tique. Se­lon le son­dage Ip­sos-So­pra Ste­ria pour Le Monde, pu­blié dans l’édi­tion du 15 avril, 59% des élec­teurs de Ni­co­las Sar­ko­zy en 2012 se disent prêts à vo­ter pour Fran­çois Fillon contre 53 % à la mi-mars. La pre­mière tri­bune ne de­vait pas être sui­vie d’autres in­ter­ven­tions. Mais le can­di­dat à la pré­si­den­tielle a té­lé­pho­né ven­dre­di à l’an­cien chef de l’État pour lui de­man­der s’il pou­vait à nou­veau s’en­ga­ger der­rière lui avant le pre­mier tour. «J’ai tra­vaillé cinq ans avec Fran­çois Fillon, il a été mon pre­mier mi­nistre. Je sais que nous pou­vons lui faire confiance », avait alors dé­cla­ré Sar­ko­zy dans le mes­sage vi­déo pu­blié en dé­but de se­maine.

Ce jeu­di, l’ex-pré­sident a une nou­velle fois mis en garde sa fa­mille po­li­tique contre les risques de di­vi­sion. « C’est tou­jours le même pro­blème avec la droite et le centre, il faut qu’on soit unis. Sans ras­sem­ble­ment, sans uni­té, rien n’est pos­sible, et c’est ça qui compte », a conclu Ni­co­las Sar­ko­zy à l’is­sue de sa ren­contre avec Fran­çois Fillon.

Ni­co­las Sar­ko­zy re­çoit Fran­çois Fillon à son do­mi­cile pa­ri­sien, jeu­di.

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