Et si Mo­na­co ga­gnait la Ligue des cham­pions...

Le Figaro - - LA UNE - A. B. (À MO­NA­CO)

FOOT­BALL La sai­son mo­né­gasque est d’ores et dé­jà à mar­quer d’une pierre blanche. Ja­mais une équipe is­sue du troi­sième tour pré­li­mi­naire ne s’était his­sée dans le der­nier car­ré de la Ligue des cham­pions. « On a fait l’his­toire », a re­le­vé avec fier­té Leo­nar­do Jar­dim mer­cre­di, après la deuxième vic­toire en une se­maine de son équipe face à Dort­mund (3-2, 3-1). «Une qua­li­fi­ca­tion en­tiè­re­ment mé­ri­tée », se­lon Tié­moué Ba­kayo­ko, l’un des pi­liers de cette gé­né­ra­tion do­rée que rien ne semble en me­sure d’ar­rê­ter. Ni la pres­sion. Ni la fa­tigue (54 matchs cette sai­son). Ni même les im­pré­vus (bles­sures, sus­pen­sions). Bien sûr, à l’heure du bi­lan de la double confron­ta­tion, on ne pour­ra oc­cul­ter l’at­ten­tat qui a trau­ma­ti­sé le Bo­rus­sia. Mais comme l’a concé­dé avec fair-play Ous­mane Dem­bé­lé, l’ASM était «la meilleure équipe». «Ils ont été bons à l’al­ler comme au re­tour, a ajou­té le Fran­çais, dont les étin­celles (un but au Si­gnal Idu­na Park, une passe dé­ci­sive au stade Louis II) n’ont pas suf­fi à éteindre le feu mo­né­gasque. C’est une très bonne équipe, qui va très vite en contre et maî­trise son su­jet. »

« L’équipe ne se fixe pas de li­mites »

Giu­ly, Ro­then, Mo­rientes et autres Squilla­ci. Les hé­ros de 2004 ont as­sis­té à la ren­contre de mer­cre­di. In­vi­tés par le club de la Prin­ci­pau­té. Ce qu’ils ont vu leur a cer­tai­ne­ment rap­pe­lé des sou­ve­nirs en­chan­tés. Ceux de la fan­tas­tique épo­pée de 2004, où la bande à Des­champs avait été jus­qu’en fi­nale de la C1 (dé­faite face au FC Por­to), ter­ras­sant au pas­sage le Real Ma­drid de Zi­dane en quarts. Treize ans après, le ti­rage au sort, qui se­ra ef­fec­tué ven­dre­di mi­di au siège de l’UEFA, pour­rait ré­ser­ver un al­lé­chant re­make aux hommes du vice-pré­sident Va­dim Va­si­lyev. « Cette équipe est in­croyable. Elle ne se fixe pas de li­mites, s’est en­thou­sias­mé le di­ri­geant russe. C’est la preuve que notre pro­jet marche.» Avant d’ajou­ter, un sou­rire en coin : «On est très content d’être par­mi les quatre meilleurs d’Eu­rope, mais si on peut al­ler plus loin… »

L’ap­pé­tit ve­nant en man­geant, Mo­na­co a chan­gé son me­nu de fin de sai­son. Plus ques­tion de se fo­ca­li­ser uni­que­ment sur la lutte pour le titre en L1. Dé­sor­mais, le club du Ro­cher ose rê­ver tout haut d’un sacre eu­ro­péen le 3 juin pro­chain à Car­diff. «On ne pen­sait pas at­teindre ce ni­veau mais main­te­nant que l’on est en de­mi-fi­nales, on va jouer pour ga­gner»,a lâ­ché Ber­nar­do Sil­va. « La Ligue 1 ou la C1? On va es­sayer d’al­ler à la li­mite dans les deux com­pé­ti­tions », a ajou­té Leo­nar­do Jar­dim, qui va (en­core) de­voir jon­gler avec le ca­len­drier et les états de forme pour évi­ter l’in­di­ges­tion. « Je ne me fais au­cun sou­ci là-des­sus. On a un coach de top ni­veau. Il gère ce­la très bien », a as­su­ré Va­si­lyev.

En plus de la Ligue des cham­pions et du cham­pion­nat, l’ASM est en­core en lice en Coupe de France, avec une de­mi-fi­nale à jouer face au PSG. «Il faut conti­nuer à tra­vailler car on peut aus­si tout perdre », a pré­ve­nu Va­lère Ger­main. Vice-ca­pi­taine, l’at­ta­quant est un des sym­boles de la réus­site mo­né­gasque. Avec Su­ba­sic, Rag­gi et Di­rar, il fait par­tie de ceux qui ont connu les affres de la Ligue 2. Il y a quatre ans seule­ment. Qui au­rait alors cru que le club prin­cier se­rait au­jourd’hui en ca­pa­ci­té d’ap­por­ter au foot fran­çais sa deuxième Ligue des cham­pions (après l’OM en 1993) ?

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