L’après-scru­tin s’an­nonce com­pli­qué

Cam­ba­dé­lis ne pense pas « ti­rer de le­çons po­li­tiques » de la pré­si­den­tielle.

Le Figaro - - LA UNE - SO­PHIE DE RAVINEL @S2RVNL

GAUCHE Le dé­pu­té et co­di­rec­teur de cam­pagne de Be­noît Ha­mon, Jean-Marc Ger­main? Il est « dans un état de co­ma avancé », glisse un res­pon­sable so­cia­liste. On le se­rait à moins tant la si­tua­tion est com­pli­quée pour le can­di­dat PS à deux jours du pre­mier tour. Sta­bi­li­sé au­tour de 8 % dans les son­dages, Be­noît Ha­mon pour­rait en­core se tas­ser d’ici à di­manche au pro­fit de Jean-Luc Mé­len­chon. D’au­tant que Ha­mon a évo­qué, le 8 avril dans « On n’est pas cou­ché » sur France2, la pos­si­bi­li­té de vo­ter pour le can­di­dat de La France in­sou­mise au se­cond tour. Une faute tac­tique in­com­pré­hen­sible pour beau­coup au PS, qui at­tendent avec im­pa­tience de tour­ner la page de cette sé­quence pré­si­den­tielle. Il leur faut pour­tant boire la po­tion amère jus­qu’à la lie.

Les prin­ci­paux cadres du PS, Ha­mon com­pris, ont ain­si été in­vi­tés par la di­rec­tion à se réunir di­manche à 18heures, pour un bu­reau na­tio­nal d’ana­lyse de la si­tua­tion, avant que cha­cun se ré­par­tisse pour la soi­rée sur les pla­teaux de té­lé­vi­sion. Pi­lier de la cam­pagne du can­di­dat PS, Pas­cal Cher­ki est très clair : ils n’iront pas. « Nous se­rons à cette heure-là en co­mi­té de cam­pagne avec notre can­di­dat. Il ne tire pas sa lé­gi­ti­mi­té du PS, s’agace-t-il, mais des élec­teurs de la pri­maire. Et si l’en­semble du par­ti nous avait sou­te­nus, la si­tua­tion se­rait peut-être dif­fé­rente. »

La ten­sion, réelle, entre l’équipe de Ha­mon et la di­rec­tion du par­ti n’est pas seule­ment liée aux ral­lie­ments à Em­ma­nuel Ma­cron ou aux yeux doux qui lui sont adres­sés. Cer­tains an­ti­cipent sur un se­cond tour entre Jean-Luc Mé­len­chon et Em­ma­nuel Ma­cron. Dans ce cas, l’ex­plo­sion an­non­cée du PS pour­rait avoir lieu dès le di­manche soir, les ha­mo­nistes don­nant la consigne de vo­ter Mé­len­chon et la di­rec­tion de choi­sir Ma­cron. Quoique im­pro­bable à en croire les son­dages, l’hy­po­thèse n’est pas ex­clue. Dans les autres cas, les di­ver­gences se­ront plu­tôt à ap­pré­cier entre les lignes.

À l’ex­cep­tion donc d’un se­cond tour Mé­len­chon-Ma­cron, le bu­reau na­tio­nal du par­ti de­vrait en re­vanche se re­trou­ver de fa­çon plus uni­taire le lun­di ma­tin à 10 heures, en vue de pré­pa­rer la suite.

Mer­cre­di der­nier, dans « C dans l’air » sur France 5, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis avait dé­jà don­né son ton: « Je pense que cette pré­si­den­tielle est tel­le­ment aty­pique qu’on ne peut pas en ti­rer des le­çons po­li­tiques. » At­ta­ché à conser­ver la di­rec­tion de son par­ti, le pre­mier se­cré­taire du PS veut fer­mer la pa­ren­thèse de ce qui s’an­nonce comme une ca­tas­trophe pour li­mi­ter celle an­non­cée aux lé­gis­la­tives. Pour­tant, là aus­si, la si­tua­tion pa­raît com­pli­quée.

Si le pre­mier mi­nistre Ber­nard Ca­ze­neuve sem­blait jus­qu’ici pres­sen­ti avec une cer­taine una­ni­mi­té pour prendre la tête de cette cam­pagne chez les so­cia­listes, tout le monde ne l’en­tend pas de cette oreille. « Ca­ze­neuve, plai­sante Cher­ki, c’est Kas­per le fan­tôme. Il ne se­ra plus à Ma­ti­gnon, il ne se­ra pas can­di­dat aux lé­gis­la­tives et il pré­ten­drait di­ri­ger ? Mais avec quelle lé­gi­ti­mi­té po­li­tique ? Celle d’un bi­lan de Fran­çois Hol­lande que tout le monde re­jette ? » Pour lui, «cette hy­po­thèse est une plai­san­te­rie ».

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