Dans une pré­si­dence Fillon, Bor­loo ré­pon­dra pré­sent

Le Figaro - - POLITIQUE - PAR GUILLAUME TABARD £@gta­bard

Sur RTL ce jeu­di, Fran­çois Fillon a ré­pé­té que Jean-Louis Bor­loo et lui se par­laient « ré­gu­liè­re­ment ». En pri­vé. Le can­di­dat de la droite au­rait pré­fé­ré une pa­role pu­blique, un sou­tien ex­pli­cite de son an­cien mi­nistre de l’Éco­lo­gie. À la veille du pre­mier tour, l’image au­rait com­plé­té celles de la ren­contre avec Ni­co­las Sar­ko­zy et du dé­pla­ce­ment avec Alain Jup­pé pour sou­li­gner l’uni­té de la droite et du centre au­tour de sa can­di­da­ture.

Bor­loo n’ira pas si loin. Of­fi­ciel­le­ment re­ti­ré de la vie po­li­tique de­puis trois ans, presque jour pour jour, il ne veut plus ré­pondre aux règles et codes ha­bi­tuels de la com­mu­ni­ca­tion po­li­tique. Mais il l’a confié à plu­sieurs de ses proches : Fillon pour­ra comp­ter sur lui. Dans les urnes di­manche d’abord. Puis, en cas de vic­toire le 7 mai, au cours du quin­quen­nat si les cir­cons­tances lui per­mettent d’ap­por­ter son concours.

Bor­loo vo­te­ra-t-il Fillon ? Le can­di­dat et ses proches en sont per­sua­dés. Cet acte per­son­nel se­rait pré­cieux tant la voix du fon­da­teur de l’UDI était convoi­tée. Par l’an­cien pre­mier mi­nistre bien sûr, mais avec une ar­deur plus forte en­core par Em­ma­nuel Ma­cron. Tout au long de sa cam­pagne, le can­di­dat d’En marche ! n’a eu de cesse d’igno­rer les ral­lie­ments ve­nus de sa gauche - à com­men­cer par ce­lui de Ma­nuel Valls - et de va­lo­ri­ser les sou­tiens ve­nus de sa droite. L’« al­liance » conclue dé­but mars avec Fran­çois Bay­rou fut évi­dem­ment le mo­ment clé de cette stra­té­gie. Mais Bor­loo étant l’autre grande fi­gure cen­triste do­té d’une image forte et d’une in­fluence réelle au­près de l’élec­to­rat, Ma­cron au­rait évi­dem­ment ai­mé réa­li­ser le dou­blé. En dé­pit des contacts, des ap­proches et des sol­li­ci­ta­tions, l’an­cien mi­nistre de la Co­hé­sion so­ciale est res­té sourd à ces ap­pels.

Jean-Louis Bor­loo a au contraire confir­mé à plu­sieurs re­prises à Fran­çois Fillon qu’il res­te­rait per­son­nel­le­ment loyal et fi­dèle au camp po­li­tique au sein du­quel il a réa­li­sé tous ses grands chan­tiers : la re­nais­sance de Va­len­ciennes, le pro­gramme de ré­no­va­tion ur­baine, le plan de co­hé­sion so­ciale puis le Gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment - cette der­nière mis­sion au sein du gou­ver­ne­ment Fillon.

C’est peu dire que les re­la­tions per­son­nelles entre les deux hommes n’ont pas tou­jours été des plus cha­leu­reuses… No­tam­ment lorsque à l’au­tomne 2010 Ni­co­las Sar­ko­zy hé­si­ta entre le main­tien de Fillon à Ma­ti­gnon ou son rem­pla­ce­ment par Bor­loo. Dans cette cam­pagne, cer­tains, au sein même des Ré­pu­bli­cains ou de l’UDI, ont pré­ten­du — sans tou­jours le vé­ri­fier au­près de l’homme dont le der­nier dé­fi est le pro­jet d’élec­tri­fi­ca­tion de toute l’Afrique - qu’une ligne trop « droi­tière » de Fillon l’em­pê­chait de le sou­te­nir. Cette se­maine, Jean-Louis Bor­loo a fait pas­ser di­rec­te­ment le mes­sage au can­di­dat et à ses équipes : non seule­ment il sou­haite son suc­cès, mais si, au cours de son quin­quen­nat, il a be­soin de son en­ga­ge­ment pour des mis­sions comme il les af­fec­tionne, il ré­pon­dra pré­sent. Et sor­ti­ra de la re­traite po­li­tique à la­quelle il s’as­treint en­core.

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