Les doubles ins­crip­tions sur les listes, un pro­blème qui se­ra ré­glé fin 2017

Le Figaro - - POLITIQUE - P. G.

LE SIGNE d’une élec­tion pré­si­den­tielle sous haute ten­sion plu­tôt qu’un phé­no­mène hors norme met­tant en dan­ger la vé­ri­té du scru­tin. Les pro­fes­sion­nels du Code élec­to­ral sont plus se­reins que les ré­seaux so­ciaux au su­jet des «500000 doubles ins­crip­tions sur les listes élec­to­rales fran­çaises ». Un chiffre qui date de 2014 et re­coupe une réa­li­té plus large que les doubles ins­crip­tions, au point que l’In­see pré­fère par­ler de 500 000 « di­ver­gences ».

L’Ins­ti­tut na­tio­nal de la sta­tis­tique agrège éga­le­ment les ou­blis de ra­dia­tion en cas de dé­cès ain­si que les ins­crip­tions d’of­fice des jeunes ma­jeurs au su­jet des­quels les mai­ries n’ont pas pris le temps de vé­ri­fier s’ils étaient tou­jours do­mi­ci­liés dans la com­mune. La pro­por­tion exacte des doubles ins­crip­tions est in­con­nue et ne se­ra don­née qu’à la fin de 2017, quand l’In­see, man­da­té pour mettre de l’ordre, cen­tra­li­se­ra les 46,5 mil­lions de vo­tants sur une liste élec­to­rale unique, au­jourd’hui écla­tée entre 36 000 com­munes. Pas tou­jours ri­gou­reuses, ces der­nières ma­nient pas moins de 2000 lo­gi­ciels in­com­pa­tibles.

En vé­ri­té, la Ré­pu­blique du suf­frage uni­ver­sel gère pla­ci­de­ment ces aléas clas­siques, avec un im­pé­ra­tif che­villé au corps: ce­lui de la te­nue du scru­tin élec­to­ral. « Ce ne sont pas les quelques ir­ré­gu­la­ri­tés ici ou là qui vont faus­ser la ré­gu­la­ri­té d’un vote na­tio­nal ou re­mettre en cause le sort du scru­tin», note ce spé­cia­liste des élec­tions. « D’ailleurs, on n’an­nule ja­mais un vote mais des suf­frages. Ce n’est pas pa­reil. » Un prag­ma­tisme im­po­sé par ce sys­tème an­té­di­lu­vien, re­mon­tant au Code élec­to­ral de 1964, tan­dis que l’In­see n’a com­men­cé à dres­ser ses propres listes que dans les an­nées 1970. L’ins­ti­tut de sta­tis­tique dé­pen­dait alors, pour les mises à jour des in­for­ma­tions, de ce que les dif­fé­rentes ad­mi­nis­tra­tions vou­laient bien ou pas - lui trans­mettre.

« Une lo­gis­tique in­fer­nale »

Les doubles ins­crip­tions s’ex­pliquent sou­vent par le simple dé­ca­lage entre la nou­velle ins­crip­tion et la ra­dia­tion de l’an­cienne. «Des mil­liers de cour­riers se ba­ladent entre le 1er jan­vier et le 31 mars pour de­man­der les ra­dia­tions ou en­voyer les cartes élec­to­rales, ex­plique le spé­cia­liste. C’est une lo­gis­tique in­fer­nale qui exige qu’à la fin quel­qu’un prenne un crayon et une règle pour bar­rer les noms. Vo­ter deux fois est un dé­lit la deuxième fois. Mais comment prou­ver une telle chro­no­lo­gie ? »

En 2002, élec­tion élec­trique parce que le can­di­dat de l’ex­trême droite s’est re­trou­vé au se­cond tour, l’écart de voix entre Jean-Ma­rie Le Pen et Lio­nel Jos­pin était de 190 000. Le Con­seil consti­tu­tion­nel n’a an­nu­lé au­cun des 10 mil­lions de suf­frages. « Même en ima­gi­nant que les contes­ta­tions se­raient toutes re­ce­vables, ce­la n’in­flue­rait pas un scru­tin na­tio­nal. Sauf pour les can­di­dats au­tour de 5%», conclut le spé­cia­liste.

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