TOU­RAINE RE­CULE SUR L’HÔ­PI­TAL DE JOUR

Le Figaro - - ECONOMIE - MA­RIE-CÉ­CILE RE­NAULT

L’une des der­nières bombes lâ­chées par Ma­ri­sol Tou­raine, avant son dé­part du mi­nis­tère de la San­té, de­vrait être désa­mor­cée in ex­tre­mis. Face à la co­lère des hos­pi­ta­liers, sus­ci­tée par sa dé­ci­sion de mo­di­fier la ta­ri­fi­ca­tion de l’hô­pi­tal de jour, la mi­nistre de la San­té va faire marche ar­rière. «L’ar­ticle sur les ta­rifs a été sus­pen­du et une nou­velle ré­dac­tion est en cours », confirme au Fi­ga­ro Fré­dé­ric Val­le­toux, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France (FHF). En cause ? Un ar­rê­té mi­nis­té­riel, en­tré en vi­gueur le 1er mars, qui «dé­classe» cer­taines pres­ta­tions en am­bu­la­toire (sans nuit pas­sée à l’hô­pi­tal), dé­sor­mais fac­tu­rées comme de simples consul­ta­tions ex­ternes, à des ta­rifs beau­coup plus bas. Ce texte a sou­le­vé un tol­lé tant du cô­té de l’hô­pi­tal pu­blic que des cli­niques pri­vées ou des hô­pi­taux à but non lu­cra­tif. D’une part, parce qu’il est en contra­dic­tion avec la vo­lon­té des pou­voirs pu­blics de dé­ve­lop­per le vi­rage am­bu­la­toire. D’autre part, parce que cette dé­ci­sion au­rait fait perdre quelque 500 mil­lions d’eu­ros par an de re­cettes aux hô­pi­taux, se­lon les cal­culs de la FHF. Cette der­nière re­dou­tait même «une dis­pa­ri­tion pure et simple des hô­pi­taux de jour suite à la mise en oeuvre de ce nou­veau ré­gime ta­ri­faire». Une es­ti­ma­tion que Ma­ri­sol Tou­raine avait qua­li­fiée de « fan­tai­siste » mais sans lui op­po­ser de chiffre. « Ce n’est que le der­nier ava­tar d’une pé­riode qui a man­qué de pi­lo­tage po­li­tique et où les tech­no ont pris le pou­voir», es­time Fré­dé­ric Val­le­toux. L’ob­jec­tif de cette ré­forme, ti­rée d’une pro­po­si­tion de l’ex-dé­pu­té PS Oli­vier Vé­ran et ré­fé­rent san­té d’Em­ma­nuel Ma­cron, était de mieux ré­mu­né­rer les consul­ta­tions ex­ternes plu­ri­dis­ci­pli­naires mais elle s’est fi­na­le­ment re­tour­née contre les hô­pi­taux. «Une dé­ci­sion ad­mi­nis­tra­tive mal­heu­reuse, pas­sée à cô­té de la cible. Je ne me re­con­nais pas du tout dans cette cir­cu­laire», as­sure d’ailleurs Oli­vier Vé­ran, pour qui « il faut ab­so­lu­ment dé­ve­lop­per l’am­bu­la­toire et le­ver les car­cans sur l’hô­pi­tal de jour ». Le mes­sage semble fi­na­le­ment avoir été com­pris !

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