Phi­lips se po­si­tionne en géant de la san­té

Le groupe néer­lan­dais a aban­don­né toutes ses ac­ti­vi­tés autres que le mé­di­cal et le bien-être.

Le Figaro - - ECONOMIE - AR­MELLE BOHINEUST£@ar­me­lel­la ET SOLINE ROY @so_s­roy

PHI­LIPS EN CHIFFRES EXER­CICE 2016 24,5 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires 1,5 mil­lion d’eu­ros de ré­sul­tat net 10 000 sa­la­riés

SAN­TÉ Adieu té­lé­vi­seurs, casques hi-fi, am­poules à éco­no­mies d’éner­gie… Bon­jour brosses à dents com­mu­ni­cantes, fri­teuses dié­té­tiques et écho­graphes ul­tra­por­tables. À 125 ans, Phi­lips re­nonce à sa place de géant de l’élec­tro­nique pour se consa­crer ex­clu­si­ve­ment à « la san­té et au bien-être ».

À l’is­sue du grand mé­nage lan­cé il y a six ans par Frans van Hou­ten, PDG de la mul­ti­na­tio­nale néer­lan­daise, Phi­lips ne garde de ses té­lé­vi­seurs, accessoires au­dio et lec­teurs DVD que les re­de­vances en­cais­sées pour l’usage de sa marque qui de­meurent sur ces pro­duits. En fé­vrier 2016, le groupe a aus­si in­tro­duit en Bourse 47 % de sa fi­liale d’éclai­rage, Phi­lips Ligh­ting. Il s’agit de lui don­ner plus d’au­to­no­mie pour me­ner les chan­ge­ments im­por­tants de tech­no­lo­gies dans les am­poules et af­fron­ter la concur­rence chi­noise.

Au­jourd’hui, Phi­lips a « choi­si de mettre la to­ta­li­té de ses oeufs dans le pa­nier de la san­té », ré­sume Da­vid Cor­cos, di­rec­teur gé­né­ral de Phi­lips France. Avec un ob­jec­tif pré­cis : of­frir ses ser­vices à 3 mil­liards de pa­tients par an d’ici à 2025. Cette ré­vo­lu­tion s’ins­crit en droite ligne dans l’his­toire du groupe né d’une am­poule à fi­la­ment en 1891. « Nous sommes en­trés dans la san­té dès les an­nées 1920. Nous avons in­tro­duit les rayons X qui, comme les am­poules, re­le­vaient de la tech­no­lo­gie du vide que nous maî­tri­sions », ex­plique le di­ri­geant de la branche fran­çaise.

Phi­lips a une vi­sion très large de la san­té. Ce­la va de la fri­teuse consom­mant très peu d’huile à l’ima­ge­rie par ré­so­nance ma­gné­tique (IRM), en pas­sant par les épi­la­teurs et les ex­trac­teurs de jus. Un spectre très éten­du car la vente de ra­soirs, qui res­tent dans le groupe, aide à fi­nan­cer la re­cherche dans l’ima­ge­rie mé­di­cale de pointe, ad­met Da­vid Cor­cos.

Mais Phi­lips en­tend sur­tout être au pre­mier rang pour « op­ti­mi­ser le par­cours des pa­tients entre l’hô­pi­tal et leur do­mi­cile ». Il ins­talle ses ac­ti­vi­tés dans « un conti­nuum de la san­té » al­lant « d’un mode de vie plus sain » au « dé­ve­lop­pe­ment des soins à do­mi­cile », en pas­sant par « la pré­ven­tion, le diag­nos­tic et le trai­te­ment ».

Entre le vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion, le dé­ve­lop­pe­ment des ma­la­dies chro­niques et les pro­blèmes de la dé­mo­gra­phie mé­di­cale en France, « il y a un dés­équi­libre fon­da­men­tal entre l’offre et la de­mande en ma­tière de san­té. Nous voyons ce­la comme une op­por­tu­ni­té », ex­plique Da­vid Cor­cos.

Phi­lips, qui a réa­li­sé en 2016 un chiffre d’af­faires de 24,5 mil­liards d’eu­ros (17,4 mil­liards hors ac­ti­vi­tés éclai­rage), consacre 8 % de ses ventes à la re­cherche et au dé­ve­lop­pe­ment. Il pri­vi­lé­gie quatre do­maines clés : la car­dio­lo­gie, l’on­co­lo­gie, la res­pi­ra­tion et la « pa­ren­ta­li­té ».

Ob­jets connec­tés

Il pa­rie à la fois sur l’ima­ge­rie mé­di­cale, où il est un lea­der mon­dial, aux cô­tés de Sie­mens et Ge­ne­ral Elec­tric, et sur les ob­jets connec­tés de san­té, « un en­jeu fort pour l’hô­pi­tal », qu’il dé­ve­loppe à par­tir de sa pra­tique du mo­ni­to­ring. Il a trois prio­ri­tés : amé­lio­rer le diag­nos­tic, mieux trai­ter grâce à la thé­ra­pie gui­dée par ima­ge­rie mi­ni-in­va­sive et fa­vo­ri­ser le re­tour à do­mi­cile

« Les ou­tils existent. L’en­jeu, ce sont les usages et les or­ga­ni­sa­tions des per­sonnes qui sui­vront ces don­nées. Il faut in­ven­ter de nou­veaux mo­dèles », affirme Da­vid Cor­cos. Pour y par­ve­nir et ai­der les éta­blis­se­ments de san­té à op­ti­mi­ser leurs per­for­mances et leur stra­té­gie, le groupe a lan­cé Phi­lips Con­seil. Cette équipe, qui compte près de 200 ex­perts, a per­mis à un hô­pi­tal du Qa­tar de se trans­for­mer pour ac­cueillir des en­fants. Aux États-Unis, elle a ai­dé un hô­pi­tal à or­ga­ni­ser son centre de chi­mio­thé­ra­pie. En France, son cin­quième mar­ché der­rière les ÉtatsU­nis, la Chine, l’Al­le­magne et le Ja­pon, Phi­lips Con­seil est pré­sent et opé­ra­tion­nel de­puis jan­vier.

TOPHER COX

Phi­lips a une vi­sion très large de la san­té : ce­la va des ex­trac­teurs de jus à l’ima­ge­rie par ré­so­nance ma­gné­tique (ici, un scan­ner IQon Spec­tral).

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