Les groupes té­lé­coms sont condam­nés à dé­ve­lop­per de nou­veaux mé­tiers pour re­nouer avec la crois­sance

Le Figaro - - L'ÉVÉNEMENT - El­sa Bem­ba­ron ebem­ba­ron@le­fi­ga­ro.fr

Le constat dres­sé par de nom­breux opé­ra­teurs té­lé­coms est sans ap­pel : il n’y a plus de crois­sance dans ce sec­teur. Du moins, dans les mar­chés ma­tures qui sont à la fois très ré­gu­lés et très concur­ren­tiels. Im­pos­sible d’aug­men­ter les ta­rifs même à l’oc­ca­sion du lan­ce­ment d’in­no­va­tions. Ain­si, la fibre est ven­due au prix de l’ADSL, la 4G au même prix que le 3G et l’uti­li­sa­tion des don­nées de­vient qua­si­ment illi­mi­tée. Les té­lé­coms n’ar­rivent pas à en­di­guer une ten­dance de fond : l’éro­sion des prix payés par leurs clients pour uti­li­ser leurs ré­seaux fixe et mo­bile. Le sa­lut est donc ailleurs.

Al­tice, la mai­son mère de SFR a choi­si de je­ter son dé­vo­lu sur les mé­dias et la pu­bli­ci­té vi­déo. Une op­tion si­mi­laire à celle choi­sie par les amé­ri­cains AT&T et Ve­ri­zon. À cette fin, ce der­nier a d’ailleurs choi­si de ra­che­ter Ya­hoo! Dans ce do­maine, les Amé­ri­cains (Al­tice réa­lise près de 45 % de ses re­ve­nus aux ÉtatsU­nis) bé­né­fi­cient d’un avan­tage sur leurs concur­rents eu­ro­péens : ils ont un ac­cès plus large aux don­nées per­son­nelles de leurs clients et peuvent da­van­tage les mo­né­ti­ser, no­tam­ment par le biais de pu­bli­ci­tés de plus en plus ci­blées, y com­pris à la té­lé.

De son cô­té Orange a choi­si de mi­ser sur deux do­maines pour aug­men­ter ses re­ve­nus de un mil­liard entre 2016 et 2020 : les ob­jets connec­tés et les ser­vices fi­nan­ciers. L’opé­ra­teur avait an­non­cé l’an­née der­nière que la fi­nance de­vrait gé­né­rer 400 mil­lions d’eu­ros de re­ve­nus sup­plé­men­taires en quatre ans, mais il est d’ores et dé­jà en avance. En Afrique, 30 mil­lions de consom­ma­teurs uti­lisent les ser­vices d’Orange pour ef­fec­teur des achats, des vi­re­ments ou per­ce­voir leur paie. En de­ve­nant le ban­quier de ses clients afri­cains, Orange avait un double ob­jec­tif : les fi­dé­li­ser, dans un mar­ché do­mi­né par les cartes pré­payées, et aug­men­ter ses re­ve­nus par uti­li­sa­teur os­cil­lant entre 2 et 5 dol­lars dans les 22 pays afri­cains où il est pré­sent.

Pa­ri sur l’ave­nir

Orange monte en puis­sance avec le lan­ce­ment d’Orange Bank en France qui de­vrait être sui­vi d’une im­plan­ta­tion en Es­pagne, puis en Bel­gique. L’opé­ra­teur vise un point d’équi­libre dans « quatre ou cinq ans », c’est donc un vrai pa­ri sur l’ave­nir, avec des échéances à dix ans et plus. Pour as­su­rer son dé­ve­lop­pe­ment, Orange mise sur des ta­rifs at­trac­tifs et sur un coût d’ac­qui­si­tion très faible des clients ban­caires. En outre, l’opé­ra­teur dis­pose d’une mine : les don­nées per­son­nelles de ses abon­nés. Ju­di­cieu­se­ment ana­ly­sées, elles lui per­met­tront d’af­fi­ner ses offres en fonc­tion de l’évo­lu­tion de leurs ha­bi­tudes, voire d’an­ti­ci­per leurs at­tentes. Une pro­messe sou­vent faite par les banques tra­di­tion­nelles mais ja­mais te­nue.

30 mil­lions de clients Orange Mo­ney en Afrique

T. GOUEGNON/REU­TERS

Une Agence Orange Mo­ney à Abid­jan en Côte d’Ivoire.

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