L’opé­ra­teur lance sa propre in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle

Le Figaro - - L'ÉVÉNEMENT - E. B.

La guerre entre les opé­ra­teurs té­lé­coms et les grandes pla­te­formes amé­ri­caines est ou­verte. Orange ouvre un nou­veau front avec le lan­ce­ment de son in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, Djin­go, dé­ve­lop­pée dans le cadre d’un par­te­na­riat avec Deutsche Te­le­kom. En unis­sant leurs forces, les deux opé­ra­teurs veulent of­frir un en­vi­ron­ne­ment at­trac­tif pour at­ti­rer des dé­ve­lop­peurs et des par­te­naires dans leur uni­vers.

Les deux opé­ra­teurs to­ta­lisent près d’un de­mi-mil­liard d’abon­nés dans le monde, en Eu­rope, en Afrique et aux États-Unis (T-Mo­bile est une fi­liale de l’al­le­mand). Djin­go se­ra ac­ces­sible de­puis un smart­phone (comme Si­ri d’Apple ou Google As­sis­tant) ou de­puis une en­ceinte connec­tée, le spea­ker Djin­go, qui res­semble étran­ge­ment à Ama­zon Dot. Pour le mo­ment, Orange n’a com­mu­ni­qué ni le prix, ni la date de lan­ce­ment, ni même le nom of­fi­ciel de son as­sis­tant per­son­nel. En­fin, il se­ra pos­sible d’ac­tion­ner Djin­go en par­lant dans le mi­cro de la pro­chaine gé­né­ra­tion de té­lé­com­mande de Li­ve­box d’Orange. Ain­si, le choix d’un film en VOD se fe­ra en dic­tant le titre et non plus en dé­rou­lant des me­nus com­pli­qués. C’est aus­si un moyen pour Orange de re­ve­nir dans la course à l’offre de conte­nu avec une in­ter­face uti­li­sa­teur sim­pli­fiée.

En ef­fet, avec cette in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, Orange en­tend bien oc­cu­per le ter­rain de la mai­son connec­tée. Pas ques­tion de lais­ser Ama­zon seul aux com­mandes avec son offre mu­si­cale, de strea­ming vi­déo ou de com­mandes à dis­tance. Orange met en

avant ses propres ser­vices, comme Dee­zer dans la mu­sique. L’opé­ra­teur a aus­si an­non­cé le pro­chain lan­ce­ment d’un Bou­ton, com­pa­rable au Dash But­ton d’Ama­zon. Le bou­ton d’Orange per­met­tra certes de com­man­der des pro­duits en ligne, mais aus­si d’ef­fec­tuer des tâches dans la mai­son (ou­vrir des vo­lets connec­tés), ou à un en­fant de si­gna­ler qu’il est bien ren­tré de l’école. Le Bou­ton d’Orange est ca­pable de gé­rer quatre types d’ac­tions, à dé­fi­nir par l’uti­li­sa­teur de­puis l’ap­pli­ca­tion. Pa­ral­lè­le­ment, Orange s’est ap­puyé sur Wat­son, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle d’IBM pour dé­ployer des conseillers vir­tuels dans la banque et sur Nuance pour ses ser­vices de vi­déos à la de­mande.

La fin de la Li­ve­box

Autre in­no­va­tion dé­voi­lée à l’oc­ca­sion de ce cin­quième Show Hel­lo d’Orange ce jeu­di ma­tin : la dis­pa­ri­tion de la Li­ve­box. Du moins dans sa forme ac­tuelle. En 2018, une nou­velle gé­né­ra­tion de box ver­ra le jour et elle se­ra vir­tuelle. L’opé­ra­teur de­vrait équi­per « quelques di­zaines de mil­liers de clients, es­sen­tiel­le­ment pro­fes­sion­nels dès l’an­née pro­chaine », se­lon son PDG. Des Li­ve­box ac­tuelles, il ne res­te­ra qu’un pe­tit boî­tier pour as­su­rer la connexion à la fibre et gé­né­rer un ré­seau Wi-Fi. L’avan­tage de cette box vir­tuelle est sa ca­pa­ci­té d’évo­lu­tion. Les mises à jour sont plus fa­ciles à gé­rer, de nou­velles fonc­tion­na­li­tés peuvent être ajou­tées, sans avoir à chan­ger d’équi­pe­ment et ce­la per­met­tra à l’opé­ra­teur d’ef­fec­tuer de sub­stan­tielles éco­no­mies, puis­qu’il n’au­ra plus un parc d’ap­pa­reils à gé­rer.

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