La ré­or­ga­ni­sa­tion d’En­gie passe par un al­lé­ge­ment des ef­fec­tifs

Le groupe éner­gé­tique, qui est en train d’opé­rer un vi­rage stra­té­gique ra­di­cal, sup­pri­me­ra 618 postes en France, en Bel­gique et au Royaume-Uni.

Le Figaro - - ENTREPRISES - FRÉ­DÉ­RIC DE MONICAULT fde­mo­ni­cault@le­fi­ga­ro.fr

ÉNER­GIE Le cli­mat so­cial s’an­nonce ten­du chez En­gie (ex-GDF Suez). Mer­cre­di soir, après une com­mu­ni­ca­tion des syn­di­cats, le groupe éner­gé­tique a of­fi­cia­li­sé la sup­pres­sion de 618 postes en France, en Bel­gique et au Royau­meU­ni. Le groupe a im­mé­dia­te­ment pré­ci­sé que ce pro­jet, qui se concré­ti­se­ra d’ici à fin 2018, « ne condui­ra à au­cun li­cen­cie­ment et re­po­se­ra uni­que­ment sur le prin­cipe du vo­lon­ta­riat ». En­gie a in­di­qué éga­le­ment qu’il crée­ra 114 postes sur la pé­riode.

Il n’em­pêche. Cette dé­ci­sion pro­voque un cer­tain émoi dans une en­tre­prise qui n’est pas ha­bi­tuée à de telles me­sures. De­puis la fu­sion entre GDF et Suez en 2008, au­cun pro­gramme de sup­pres­sions de postes n’a ja­mais tou­ché la nou­velle en­ti­té. Ac­tuel­le­ment, En­gie em­ploie 153 000 per­sonnes dans le monde, dont 70 000 en France, 22 000 en Bel­gique et 20 000 au Royaume-Uni, qui sont les trois pre­miers pays en termes d’ef­fec­tifs.

Plan de dé­parts

Les fonc­tions sup­port – res­sources hu­maines, fi­nance, com­mu­ni­ca­tion, se­cré­ta­riat gé­né­ral… - sont les seules af­fec­tées par ce pro­jet, pré­cise le groupe, qui en­tend ain­si « re­dé­fi­nir la taille de son siège ». Ce­lui-ci, au­jourd’hui ré­par­ti sur trois sites – Pa­ris, Bruxelles et Londres -, ne conser­ve­ra que les deux pre­mières im­plan­ta­tions. Dans l’en­tou­rage du géant éner­gé­tique, on confie que ce plan de dé­parts s’ins­crit plei­ne­ment dans la stra­té­gie de ré­or­ga­ni­sa­tion du groupe en 24 « bu­si­ness-units » - ef­fec­tive de­puis jan­vier 2016 et dé­ci­dée par Isa­belle Ko­cher, qui a pris le re­lais de Gé­rard Mes­tral­let à la tête de l’en­tre­prise en mai 2016. Au­pa­ra­vant, trois éche­lons – le siège, les branches et les en­ti­tés opé­ra­tion­nelles – ser­vaient de ma­trice ; le se­cond, consi­dé­ré comme le ni­veau in­ter­mé­diaire, tend peu à peu à dis­pa­raître.

Les syn­di­cats – qui ont dé­jà en­ta­mé des né­go­cia­tions sur les me­sures d’ac­com­pa­gne­ment - n’ont pas cette même vi­sion d’en­semble dé­ve­lop­pée par l’état-ma­jor du groupe. « Non seule­ment la ré­duc­tion des ef­fec­tifs cor­res­pond à un mou­ve­ment de grande am­pleur mais il faut voir dans quelle me­sure elle ne pré­fi­gure pas d’autres vagues par la suite », sou­ligne un in­ter­lo­cu­teur. In­ter­ro­gée, l’en­tre­prise ré­pond qu’il n’y a au­cune ré­flexion en ce sens et que les sup­pres­sions de postes sont cir­cons­crites à l’an­nonce de cette se­maine.

Trois axes prio­ri­taires

Reste que les in­quié­tudes des syn­di­cats font écho au plan de trans­for­ma­tion ra­di­cale dans la­quelle est en­ga­gé En­gie et qui doit faire la preuve de son ef­fi­ca­ci­té. Dans un contexte de « ré­vo­lu­tion éner­gé­tique », se­lon les termes d’Isa­belle Ko­cher, l’en­tre­prise a ci­blé trois axes d’ex­pan­sion prio­ri­taire : les éner­gies re­nou­ve­lables d’une part, les ser­vices à l’éner­gie d’autre part, en­fin le gaz et ses in­fra­struc­tures. Ce pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment, d’une du­rée de trois ans, ne se­ra plei­ne­ment ef­fi­cient qu’à son échéance, a en­core in­di­qué Isa­belle Ko­cher.

En at­ten­dant, En­gie n’est pas le seul éner­gé­ti­cien en­ga­gé dans un pro­gramme de ré­duc­tion d’ef­fec­tifs. Au dé­but de l’an­née, EDF a lan­cé un plan qui vise à ré­duire ses ef­fec­tifs de France de 5 %, soit la sup­pres­sion d’en­vi­ron 5000 em­plois d’ici à 2019.

SOLAL/SIPA

En­gie (ci-contre, le siège de l’en­tre­prise à la Dé­fense) em­ploie ac­tuel­le­ment 153 000 per­sonnes dans le monde dont 70 000 en France.

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