Phi­lippe Gi­nes­tet, pro­prié­taire de Gi­fi, pro­pose de sau­ver Ta­ti

L’en­tre­pre­neur pro­pose d’in­ves­tir 80 mil­lions dans la re­lance, après un dé­pôt de bi­lan la se­maine pro­chaine.

Le Figaro - - ENTREPRISES - ANNE-SO­PHIE CATHALA @As­ca­tha­la

HA­BILLE­MENT Lueur d’es­poir pour Ta­ti. En grande dif­fi­cul­té, l’en­seigne de prêt-à-por­ter à prix cas­sés (120 ma­ga­sins et 1 440 em­plois) est sous man­dat ad hoc de­puis fé­vrier. Son pro­prié­taire, le groupe fa­mi­lial Eram (Eram, Gé­mo, Bo­cage, TBS), a même lan­cé une re­cherche de re­pre­neurs. In­quiets pour leur ave­nir, les sa­la­riés ont lan­cé mer­cre­di une pé­ti­tion après avoir été re­çus par My­riam El Khom­ri, mi­nistre du Tra­vail, qui suit de près le dos­sier.

Se­lon nos in­for­ma­tions, un seul can­di­dat pro­pose de re­prendre l’en­seigne dis­count au cé­lèbre mo­tif vi­chy rose. Il s’agit de Phi­lippe Gi­nes­tet, le fon­da­teur et prin­ci­pal ac­tion­naire de Gi­fi, l’en­seigne dis­count d’équi­pe­ment de la mai­son (meubles, dé­co­ra­tion…). Pre­mière en­seigne de dis­count en France, Gi­fi réa­lise 1,2 mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires, avec 530 ma­ga­sins et 5 200 sa­la­riés. Via son hol­ding per­son­nel GPG, il est prêt à re­prendre 100 des 120 ma­ga­sins, dont le na­vire ami­ral his­to­rique pa­ri­sien de Bar­bès, et 1 200 des 1 440 sa­la­riés, dont une bonne par­tie de ceux du siège et des en­tre­pôts. De plus, il pro­met d’in­ves­tir 80 mil­lions d’eu­ros dans la re­lance de Ta­ti et es­père rendre la so­cié­té ren­table d’ici à deux ans. Au­cun rap­pro­che­ment avec Gi­fi n’est pré­vu.

La re­prise de­vrait pas­ser par un dé­pôt de bi­lan dès la se­maine pro­chaine au tri­bu­nal de com­merce de Bo­bi­gny. « Elle se fe­rait après une pro­cé­dure col­lec­tive ac­cé­lé­rée, as­sure un proche de dos­sier. La loi pré­voit un “pré­pack ces­sion” ou ces­sion pré­éta­blie, qui per­met de réa­li­ser une telle pro­cé­dure en un mois et de­mi. »

D’ici là, le tri­bu­nal de com­merce de­vra sans doute exa­mi­ner une autre offre de re­prise, qui ne concerne pas l’en­seigne Ta­ti, mais seule­ment une par­tie de ses ma­ga­sins. Elle éma­ne­rait d’un con­sor­tium com­po­sé no­tam­ment des en­seignes Foir’Fouille, Cen­tra­kor et Sto­ko­ma­ni. Ces der­niers n’au­raient pas vo­ca­tion à re­prendre l’en­seigne ni les sa­la­riés du siège et des en­tre­pôts; ils cherchent à se par­ta­ger une grande par­tie des ma­ga­sins pour y ap­po­ser leur en­seigne. Ce­lui de Bar­bès ne se­rait pas concer­né. Le mon­tant de l’offre de re­prise des baux com­mer­ciaux pour­rait per­mettre à Eram de ré­col­ter plus d’ar­gent, mais c’est le tri­bu­nal de com­merce qui dé­ci­de­ra.

Stra­té­gie of­fen­sive

Seul à per­mettre la sur­vie de l’en­seigne, Phi­lippe Gi­nes­tet as­soi­rait sa po­si­tion de géant du dis­count. Il mène une stra­té­gie of­fen­sive alors que de nou­veaux concur­rents à très bas prix as­saillent la France. En plus de l’ir­lan­dais Pri­mark, qui vend sur­tout de la mode, mais aus­si des pro­duits pour la mai­son, les néer­lan­dais He­ma et Ac­tion mul­ti­plient les ou­ver­tures. Gour­mand, Gi­fi est en­tré en 2016 au ca­pi­tal du belge Tra­fic et compte at­teindre 1 000 ma­ga­sins et 10 000 col­la­bo­ra­teurs à l’ho­ri­zon 2027.

Même en cas de re­prise par GPG, une par­tie des em­plois d’Eram (1,57 mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires, 10 000 sa­la­riés) res­tent me­na­cés. Le groupe sou­haite aus­si cé­der ses fi­liales Gi­ga Store, De­grif’Ma­nia et Fa­bio Luc­ci (20 ma­ga­sins et 260 sa­la­riés à elles trois). Après s’être amé­lio­rés jus­qu’en 2013, les comptes d’Ago­ra (qui re­groupe les quatre en­seignes) ont vi­ré au rouge. Entre 2014 et 2015, la perte nette est pas­sée de 26 à 37 mil­lions d’eu­ros, et le chiffre d’af­faires, de 365 à 356 mil­lions d’eu­ros.

Le ma­ga­sin Ta­ti du centre com­mer­cial Belle Épine, dans le Val-de-Marne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.