La­bo­nal compte se re­lan­cer grâce au « made in France »

La baisse des com­mandes de la grande dis­tri­bu­tion a conduit l’en­tre­prise au re­dres­se­ment ju­di­ciaire.

Le Figaro - - ENTREPRISES - A.-S. C.

TEX­TILE La­bo­nal, « fa­bri­cant de chaus­settes de qua­li­té de­puis 1924 », doit se ti­rer d’un mau­vais pas. Mais l’en­tre­prise compte pour­suivre l’aven­ture, as­sure son PDG, Do­mi­nique Mal­fait. Son en­tre­prise, qui pro­duit toutes ses chaus­settes à Dam­ba­chla-Ville, dans le Bas-Rhin, a été pla­cée en re­dres­se­ment ju­di­ciaire le 21 mars par le tri­bu­nal de grande ins­tance de Col­mar, avec six mois d’ob­ser­va­tion. Ses comptes ont vi­ré au rouge ces deux der­niers exer­cices. Son chiffre d’af­faires a fon­du, en quatre ans, de 9 à 7 mil­lions d’eu­ros. La cause ? Une baisse des com­mandes de la grande dis­tri­bu­tion pour la­quelle il fa­brique aus­si en marque dis­tri­bu­teur et un ré­cent dé­ré­fé­ren­ce­ment chez Car­re­four.

Pour­tant, La­bo­nal vise 7,4 mil­lions cette an­née, puis 8 mil­lions en 2018, avant de mon­ter, si tout va bien, à 10 mil­lions d’ici à cinq ans. Son PDG table sur une sor­tie de re­dres­se­ment d’ici à la fin d’an­née, grâce au suc­cès de ses pro­duits «made in France » grif­fés La­bo­nal. Leurs ventes ne cessent en ef­fet de grim­per chez 1 500 dé­taillants, aux Ga­le­ries La­fayette et dans six ma­ga­sins en propre, à l’en­seigne La­bo­nal, qui a aus­si son site d’ecom­merce. Cette pro­duc­tion re­pré­sente 65% du chiffre d’af­faires, contre 35 % pour les com­mandes d’hy­pers et de su­per­mar­chés. C’est la di­mi­nu­tion de ces der­nières qui a af­fai­bli La­bo­nal.

Pré­ser­ver les marges

Avant de se ré­orien­ter stra­té­gi­que­ment sur le «made in France » et sur sa marque, le groupe a long­temps dé­pen­du de la grande dis­tri­bu­tion, qui a as­su­ré jus­qu’à 80 % de son chiffre d’af­faires. Ces vo­lumes aug­men­tant, et la grande dis­tri­bu­tion de­man­dant des prix tou­jours plus bas, La­bo­nal n’a pu se conten­ter de pro­duire en Al­sace. Pour pré­ser­ver ses marges, l’en­tre­prise a in­ves­ti, il y a une di­zaine d’an­nées, avec des par­te­naires, dans un site en Tu­ni­sie. La baisse des com­mandes des grandes sur­faces gre­vant ses ventes de 300 000 à 400 000 eu­ros par an, l’en­tre­prise a ces­sé de faire ap­pel à cette usine et est en pro­cès avec ses as­so­ciés. Se­lon Do­mi­nique Mal­fait, « la pro­cé­dure col­lec­tive en cours sur La­bo­nal per­met­tra aus­si de ré­gler au mieux ce li­tige ».

Ce n’est pas la pre­mière fois qu’il es­saie de sau­ver La­bo­nal. Quand il a créé sa so­cié­té, il y a dix-huit ans, il est par­ti de rien, fi­nan­çant seul le sau­ve­tage d’une usine al­sa­cienne, ra­che­tée au Groupe Kin­dy, qui avait ar­rê­té d’ex­ploi­ter la vieille marque La­bo­nal. La dé­fer­lante des chaus­settes chi­noises, après la fin des quo­tas tex­tiles, jouait alors contre la chaus­sette tri­co­lore.

Quand il se­ra sor­ti de re­dres­se­ment ju­di­ciaire, le pa­tron de La­bo­nal cher­che­ra à ral­lier des in­ves­tis­seurs à une aug­men­ta­tion de ca­pi­tal. Il sou­haite le­ver 2 mil­lions d’eu­ros afin de pour­suivre son dé­ploie­ment, en ou­vrant d’autres ma­ga­sins, mais aus­si en com­men­çant à ex­por­ter ses chaus­settes : « D’abord en Eu­rope, dans des pays proches, telle l’Al­le­magne, puis en Asie, où la de­mande pour des pro­duits “made in France” est très forte», sou­ligne le di­ri­geant. Il est dé­ci­dé à pré­ser­ver sa fa­bri­ca­tion fran­çaise et les 100 em­plois de La­bo­nal.

LA­BO­NAL

En quatre ans, le chiffre d’af­faires de La­bo­nal a fon­du de 9 à 7 mil­lions d’eu­ros.

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