Le PMU cherche un se­cond souffle en mi­sant sur l’in­no­va­tion

L’opé­ra­teur de pa­ris hip­piques a vu ses bé­né­fices re­cu­ler lé­gè­re­ment en 2016 car l’ac­ti­vi­té a été dif­fi­cile.

Le Figaro - - ENTREPRISES - JEAN-YVES GUÉ­RIN @jy­gue­rin

JEUX Les pa­ris hip­piques vont-ils sor­tir de la spi­rale in­fer­nale qui voit l’ac­ti­vi­té re­cu­ler chaque an­née ? « Il y a des si­gnaux po­si­tifs, affirme le PDG du PMU, Xa­vier Hürs­tel. Au pre­mier tri­mestre, les en­jeux ont aug­men­té de 0,6 %. » Heu­reu­se­ment car ce­la vient après un exer­cice dif­fi­cile. Certes, les bé­né­fices sont res­tés à un ni­veau éle­vé (796 mil­lions d’eu­ros). Mais ils ont en­core re­cu­lé.

De­puis 2011, le PMU a vu son ré­sul­tat net bais­ser de 80 mil­lions d’eu­ros. Même re­cul de l’ac­ti­vi­té (9,7 mil­liards d’eu­ros) qui a en­core bais­sé de 0,6 % en 2016. En quelques an­nées, le PMU a per­du plus d’un mil­liard d’eu­ros d’en­jeux. Dans ce contexte, l’an­nu­la­tion par les pou­voirs pu­blics de l’ex­pé­ri­men­ta­tion par la FDJ de l’ex­ploi­ta­tion de pa­ris spor­tifs pen­dant les matchs a été bien­ve­nue. Ce­la ris­quait de por­ter un nou­veau coup au pa­ri hip­pique.

Pour re­par­tir de l’avant, le PMU mise sur l’in­no­va­tion. Il y a quelques mois, il a lan­cé les pa­ris par SMS. La se­maine pro­chaine, il va pro­po­ser un nou­veau type de pa­ri hip­pique pour les tur­fistes aver­tis, le « simple Jack­pot ». Et, au­jourd’hui, il offre la pos­si­bi­li­té à ses pa­rieurs spor­tifs de re­ti­rer leur mise pen­dant leur match en bon d’achat avec la for­mule « Cash Out ». « Nous pour­sui­vons aus­si la trans­for­ma­tion de notre ré­seau, ex­plique Xa­vier Hürs­tel. Fin 2016, 52 % des 13 200 points PMU sont aux nou­veaux stan­dards avec des bornes au­to­ma­tiques de prises de pa­ris. Notre ob­jec­tif est d’en ré­no­ver les trois quarts. »

Reste que sus­ci­ter de la pas­sion pour les courses n’a rien d’évident. « L’in­té­rêt pour cette dis­ci­pline spor­tive est équi­valent à celle du ten­nis de table », re­con­naît Sa­muel Loi­seau, di­rec­teur mar­ke­ting du PMU. Du coup, l’opé­ra­teur his­to­rique de pa­ris pousse aus­si ses pions dans d’autres di­rec­tions.

Cap sur l’in­ter­na­tio­nal

D’abord, il dé­ve­loppe son ac­ti­vi­té de pa­ris spor­tifs et po­ker. En 2016, les pa­ris spor­tifs ont connu une forte crois­sance (+ 19,7%) à 283 mil­lions d’eu­ros. Mais ces ac­ti­vi­tés sont peu ren­tables pour le PMU. « Le pa­ri spor­tif est à l’équi­libre et le po­ker nous a rap­por­té un mil­lion d’eu­ros », glisse Xa­vier Hürs­tel. Beau­coup plus pro­fi­table, la com­mer­cia­li­sa­tion à l’étran­ger de pa­ris sur les courses fran­çaises qui ont gé­né­ré un ré­sul­tat net de 73 mil­lions d’eu­ros en 2016. Le PMU compte ac­cé­lé­rer dans ce do­maine en ven­dant no­tam­ment ce ser­vice en Aus­tra­lie pro­chai­ne­ment.

Mais ces ini­tia­tives n’em­pêchent pas l’opé­ra­teur de se mettre à la diète. Entre 2016 et 2018, il veut réa­li­ser 20 mil­lions d’éco­no­mies. Ain­si, il a ar­rê­té de spon­so­ri­ser la LNR (Ligue na­tio­nale de rug­by) et a fer­mé deux di­rec­tions ré­gio­nales sur cinq. Une po­tion amère grâce à la­quelle Xa­vier Hürs­tel es­père at­teindre son ob­jec­tif: sta­bi­li­ser l’ac­ti­vi­té et le ni­veau des bé­né­fices.

796 mil­lions d’eu­ros de ré­sul­tat net du PMU en 2016. En 2011, il était de 876 mil­lions

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.