LÉ­GIS­LA­TIVES

Ces élus de droite et de gauche que La Ré­pu­blique en marche pré­serve LR cherche la pa­rade face aux can­di­dats ten­tés par Ma­cron

Le Figaro - - LA UNE - MA­THILDE SIRAUD @Ma­thil­de_Sd

LÉ­GIS­LA­TIVES Em­ma­nuel Ma­cron s’était en­ga­gé, avant qu’il ne soit élu, à pré­sen­ter 577 can­di­dats En marche ! pour les lé­gis­la­tives. Fi­na­le­ment, au terme de trac­ta­tions entre la com­mis­sion na­tio­nale d’in­ves­ti­ture (CNI), le co­mi­té po­li­tique, et le pré­sident de la Ré­pu­blique lui-même, 51 cir­cons­crip­tions ont été ge­lées. L’ob­jec­tif, dans ces ter­ri­toires clés, est de per­mettre à des can­di­dats de droite ou de gauche d’être élus en juin. Des ren­forts qui pour­raient s’avé­rer bien utiles… Le chef de l’État, s’il n’ob­tient pas la ma­jo­ri­té ab­so­lue avec ses seuls can­di­dats La Ré­pu­blique en marche, sait qu’il au­ra be­soin d’eux pour faire pas­ser des textes au Par­le­ment. Avant de leur lais­ser le champ libre, il a d’ailleurs ana­ly­sé la sin­cé­ri­té de ceux qui se re­ven­diquent « ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle ». « Nous avons dé­ci­dé d’un cer­tain nombre de gestes po­li­tiques, compte te­nu des per­son­na­li­tés des can­di­dats ou de leur en­ga­ge­ment pré­coce en fa­veur d’Em­ma­nuel Ma­cron. C’est une dé­marche très as­su­mée, mais on fixe quand même des li­mites pour ne pas don­ner l’im­pres­sion de re­cy­cler », confie avec ma­lice Jean-Paul De­le­voye, le pré­sident de la CNI. « D’autres ont frap­pé à la porte, mais n’ont pas été re­te­nus. Ils étaient trop en­fer­més dans leur par­ti », ajoute-t-il.

Le cas le plus em­blé­ma­tique est sû­re­ment ce­lui de Ma­nuel Valls. L’an­cien pre- mi­nistre, qui se pré­sente à sa suc­ces­sion dans la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Es­sonne, n’au­ra pas de can­di­dat La Ré­pu­blique en marche (LREM) face à lui. C’est Em­ma­nuel Ma­cron lui-même qui a dé­ci­dé de ce trai­te­ment de fa­veur, sans lui ac­cor­der pour au­tant l’in­ves­ti­ture LREM qu’il ré­cla­mait. Plu­sieurs autres an­ciens mi­nistres du quin­quen­nat Hol­lande ont éga­le­ment été épar­gnés par le nou­veau pré­sident: My­riam El Khom­ri dans la dix-hui­tième cir­cons­crip­tion de Pa­ris, Sté­phane Le Foll dans la qua­trième cir­cons­crip­tion de la Sarthe, Ma­ri­sol Tou­raine dans la troi­sième d’Indre-etLoire et George Pau-Lan­ge­vin dans la quin­zième de Pa­ris. « Ils sont per­çus comme loyaux, ré­glo, et construc­tifs. Em­ma­nuel Ma­cron a in­té­rêt à les conser­ver, il sait qu’il pour­ra tra­vailler avec eux », com­mente un ex-conseiller mi­nis­té­riel. Le sé­na­teur Fran­çois Pa­triat lui-même a dé­mier

fen­du le cas de l’an­cienne mi­nistre du Tra­vail, My­riam El Khom­ri. Avec suc­cès. Mais d’autres n’ont pas eu cette chance. « Dans cer­taines cir­cons­crip­tions, des so­cia­listes sor­tants m’as­su­raient qu’ils vou­laient sou­te­nir l’ac­tion du gouvernement et donc ne pas avoir de can­di­dat face à eux. C’est dur, par­fois, de voir que c’est fi­na­le­ment le cas », constate le sé­na­teur proche d’Em­ma­nuel Ma­cron, qui a par­ti­ci­pé aux dis­cus­sions. Alors qu’elle était can­di­date à la pri­maire de la gauche et sou­te­nu en­suite - a mi­ni­ma - le so­cia­liste Be­noît Ha­mon, Syl­via Pi­nel est elle aus­si épar­gnée. « La po­li­tique a ses mys­tères que la rai­son ignore ! », élude Jean-Paul De­le­voye, éga­le­ment très mys­té­rieux. « C’est une cir­cons­crip­tion (la deuxième du Tarn-et­Ga­ronne, NDLR) où le risque Front na­tio­nal est éle­vé et le Par­ti ra­di­cal de gauche que je pré­side est proche des idées d’Em­ma­nuel Ma­cron », ana­lyse Syl­via Pi­nel. Fi­dèle à son ob­jec­tif de re­com­po­si­tion po­li­tique, Em­ma­nuel Ma­cron a bien évi­dem­ment pris ses pré­cau­tions pour res­pec­ter l’équi­libre gauche-droite. En consé­quence, la voie est libre pour Agnès Fir­min Le Bo­do, can­di­date à la suc­ces­sion du chef du gouvernement Edouard Phi­lippe dans la sep­tième cir­cons­crip­tion de Seine-Ma­ri­time, et pour Bru­no Le Maire, de­ve­nu lui aus­si mi­nistre, mais mis en dif­fi­cul­té par la pré­sence d’un can­di­dat LR face à lui (lire ci-des­sous). Béa­trice Des­camps (LR) et son sup­pléant Laurent De­gal­laix (UDI), qui se pré­sentent dans le fief de Jean-Louis Bor­loo (21e, Nord) n’ont pas de concur­rence LREM. Le pré­sident mé­nage ses ar­rières. Car, au to­tal, pas moins d’une ving­taine de cir­cons­crip­tions te­nues par des sor­tants LR n’au­ront pas de concur­rent LREM. Ce cas de fi­gure concerne des proches de Bru­no Le Maire : l’an­cien or­ga­ni­sa­teur de la pri­maire de la droite Thierry So­lère (neu­vième cir­cons­crip­tion des Hauts-de-Seine), Franck Ries­ter (cin­quième de Seine-etMarne), ou en­core Laure de La Rau­dière (troi­sième d’Eure-et-Loir). Le pré­sident a éga­le­ment veillé à pré­ser­ver les suc­ces­seurs des poids lourds des Ré­pu­bli­cains, ap­pe­lés à ne pas se re­pré­sen­ter. No­tam­ment les pro­té­gés du jup­péiste Her­vé Gay­mard (deuxième de Sa­voie), de Xa­vier Ber­trand (deuxième cir­cons­crip­tion de l’Aisne), Ch­ris­tian Es­tro­si (cin­quième des Alpes-Ma­ri­times), Be­noist Ap­pa­ru (qua­trième de la Marne) et Ar­naud Ro­bi­net (pre­mière de la Marne). L’UDI Yves Jé­go, qui est can­di­dat, a aus­si les cou­dées franches dans la troi­sième cir­cons­crip­tion de Seine-et-Marne. Plus sur­pre­nant, celle d’Her­vé Ma­ri­ton (troi­sième de la Drôme) a été pré­ser­vée. « Il avait pris ses dis­tances avec Sens com­mun, il était prêt à par­ti­ci­per au gouvernement et il sou­haite la réus­site du pays », jus­ti­fie Jean-Paul De­le­voye. Il ajoute : «Ce n’est plus une ques­tion de cli­vage droite-gauche mais… d’ave­nir et de pas­sé. »

FRAN­ÇOIS BOU­CHON/LE FIGARO

Ma­ri­sol Tou­raine (PS), 3e cir­cons­crip­tion d’Indre-et-Loire.

JEAN-CH­RIS­TOPHE MARMARA/LE FIGARO

Sté­phane Le Foll (PS), 4e cir­cons­crip­tion de la Sarthe.

SÉ­BAS­TIEN SORIANO/LE FIGARO

My­riam El Khom­ri (PS), 18e cir­cons­crip­tion de Pa­ris.

JEAN-CH­RIS­TOPHE MARMARA/LE FIGARO

Ma­nuel Valls (PS), 1ere cir­cons­crip­tion de l’Es­sonne.

CLOTHILDE LENGLINE/SIPA

Laure de la Rau­dière (LR), 3e cir­cons­crip­tion d’Eure-et-Loir.

F. LAFITE/WOSTOK PRESS/MAXPPP

Thierry So­lère (LR), 9e cir­cons­crip­tion des Hauts-de-Seine.

FRAN­ÇOIS BOU­CHON/LE FIGARO

Franck Ries­ter (LR), 5e cir­cons­crip­tion de Seine-et-Marne.

JEAN-CH­RIS­TOPHE MARMARA/LE FIGARO

Yves Jé­go (UDI), 3e cir­cons­crip­tion de Seine-et-Marne.

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