Les Ré­pu­bli­cains cherchent la pa­rade face aux

Le Figaro - - POLITIQUE - JEAN-BAP­TISTE GARAT @fi­ga­rat

ME­NER des lé­gis­la­tives après une dé­faite à la pré­si­den­tielle n’a ja­mais été simple. Le faire sous la pres­sion d’Em­ma­nuel Ma­cron, alors que des forces cen­tri­fuges me­nacent les Ré­pu­bli­cains, ajoute à la dif­fi­cul­té. Pour mo­ti­ver les troupes, Fran­çois Ba­roin et Va­lé­rie Pé­cresse or­ga­nisent un mee­ting au Parc flo­ral de Pa­ris ce sa­me­di avec les can­di­dats fran­ci­liens. Voi­là pour l’affiche.

Dans la soute, les cadres di­ri­geants du par­ti se sont éver­tués toute la se­maine à col­ma­ter les brèches ou­vertes par les élus qui ont re­joint le gouvernement comme par ceux qui ont ap­pe­lé à ré­pondre fa­vo­ra­ble­ment « à la main ten­due » par le pré­sident de la Ré­pu­blique. Se mon­trer ferme avec ceux que cer­tains ap­pellent les « traîtres » est « un mes­sage que nous de­vons en­voyer à ceux qui pour­raient être ten­tés à l’ave­nir comme à nos élec­teurs dé­bous­so­lés par tout ce cham­bar­de­ment », es­time un membre du bu­reau po­li­tique.

Ferme, mais jus­qu’à quel point ? «Nous dis­tin­guons ceux qui se sont ex­clus d’eux­mêmes du mou­ve­ment en en­trant au gouvernement et les autres, ex­plique le se­cré­taire gé­né­ral de LR Ber­nard Ac­coyer. Les pre­miers sont sor­tis de la fa­mille de leur propre gré. » Si l’idée d’une ex­clu­sion for­melle a été écar­tée - « on n’al­lait pas pas­ser des se­maines en réunions et en réunions d’ap­pel pour pro­non­cer des ex­clu­sions qui vont de soi », sou­pire Ch­ris­tian Ja­cob - une at­ten­tion par­ti­cu­lière est por­tée sur les cir­cons­crip­tions ou an­ciennes cir­cons­crip­tions de ceux qui ont ral­lié Em­ma­nuel Ma­cron.

Vé­ri­fier les ga­ran­ties

Le cas de Bru­no Le Maire ne s’est dé­noué que ven­dre­di en dé­but d’après-mi­di. Le nou­veau mi­nistre de l’Économie est can­di­dat à un troi­sième man­dat dans la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Eure. Mer­cre­di, il a bas­cu­lé sous l’éti­quette ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle et n’a donc au­cun concur­rent La Ré­pu­blique en marche face à lui. In­ac­cep­table pour les di­ri­geants de LR qui ont donc in­ves­ti Coum­ba Diou­kha­né, ad­jointe au maire d’Évreux.

En Seine-Ma­ri­time, Edouard Phi­lippe, lui, passe le re­lais à son ad­jointe à la mai­rie Agnès Fir­min-Le Bo­do ; elle aus­si ne se voit op­po­ser au­cun can­di­dat LREM. Dans le Nord, Gé­rald Dar­ma­nin n’est pas can­di­dat non plus ; il a quit­té l’As­sem­blée en 2016 pour se consa­crer à la ville de Tour­coing, lais­sant le siège à son sup­pléant Vincent Le­doux, qui est can­di­dat cette an­née. La si­tua­tion est plus claire du point de vue de LR, puisque dans cette cir­cons­crip­tion un can­di­dat ma­cro­niste est pré­sent.

Au siège na­tio­nal, on a pris soin de bien vé­ri­fier que les deux can­di­dats in­ves­tis offrent toutes les ga­ran­ties pour le len­de­main des élec­tions. « Ils se­ront can­di­dats LR-UDI, sous nos cou­leurs et se sont en­ga­gés à sié­ger au sein du groupe LR après l’élec­tion, ex­plique-t-on Rue de Vau­gi­rard. Ce sont des dé­cla­ra­tions so­len­nelles, sur l’hon­neur. »

Ces mêmes exi­gences sont at­ten­dues des can­di­dats qui ont si­gné l’ap­pel de la main ten­due par Em­ma­nuel Ma­cron ou qui tiennent des po­si­tions ju­gées am­bi­guës. A for­tio­ri s’ils n’ont pas de can­di­dat En marche ! face à eux, comme Thierry So­lère dans les Hauts-de-Seine. « On m’a

de­man­dé de cer­ti­fier que mes do­cu­ments de cam­pagne com­pre­naient bien la men­tion Ma­jo­ri­té pour la France LR-UDI, de faire une dé­cla­ra­tion sur l’hon­neur con­cer­nant mon ins­crip­tion en pré­fec­ture », s’amuse-t-il. « J’ai dit clai­re­ment que je fe­rai cam­pagne sous l’éti­quette LRUDI. Est-ce que j’ai vrai­ment be­soin de men­tion­ner mes états de ser­vice ? », ajoute l’an­cien or­ga­ni­sa­teur de la pri­maire de la droite et du centre. Pour faire bonne me­sure, le dé­pu­té sor­tant a dé­mis­sion­né ven­dre­di de ses fonc­tions de pré­sident du groupe LR au conseil ré­gio­nal d’Ile-de­France. Of­fi­ciel­le­ment pour se consa­crer à sa cam­pagne « avec le sou­tien de Va­lé­rie Pé­cresse ». Mais dans les cou­loirs du conseil ré­gio­nal, des col­lègues évoquent son po­si­tion­ne­ment vis-à-vis de Ma­cron. « Tout ce­la est d’une hy­po­cri­sie sans nom », s’étrangle un élu ré­gio­nal ami, en sou­li­gnant que par­mi ceux qui de­man­daient la dé­mis­sion de So­lère « on re­trouve des élus du Par­ti chré­tien-dé­mo­crate qui pré­sente des can­di­dats contre les nôtres aux lé­gis­la­tives ».

Le ni­veau de contrôle et l’éven­tail des re­pré­sailles bran­di per­met­tront-ils d’écar­ter les mau­vaises surprises au len­de­main des lé­gis­la­tives ? Cer­tains Ré­pu­bli­cains en doutent. « Je ne suis pas sûr que le mes­sage en­voyé, no­tam­ment aux élec­teurs, soit suf­fi­sam­ment clair, ex­plique Éric Ciot­ti. Ceux qui se fe­ront élire sous les cou­leurs LR-UDI pour re­joindre en­suite Ma­cron tra­hi­ront à la fois notre confiance et celle des élec­teurs. » Et le dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times met en garde contre le suc­cès que pour­raient ren­con­trer des can­di­da­tures dis­si­dentes. Thierry So­lère af­fronte ain­si Ma­rie-Laure Go­din et son sup­pléant, Pierre-Ch­ris­tophe Ba­guet, maire LR de Bou­logne-Billan­court. À Pa­ris, le maire LR du VIe ar­ron­dis­se­ment Jean-Pierre Le­coq est, lui, en­tré en guerre contre Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet. « Les élec­teurs ont le choix », ex­plique Ciot­ti.

Va­lé­rie Pé­cresse et Fran­çois Ba­roin ten­te­ront de mo

bi­li­ser les mi­li­tants LR, sa­me­di, au Parc flo­ral de Pa­ris.

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