Ces six mi­nistres can­di­dats condam­nés à la vic­toire en juin pro­chain

Le Figaro - - POLITIQUE - FRAN­ÇOIS-XA­VIER BOURMAUD ET JUDITH WAINTRAUB @fx­bour­maud @jwain­traub

EM­MA­NUEL MA­CRON a pré­ve­nu: les mi­nistres qui se­ront bat­tus aux élec­tions lé­gis­la­tives de­vront dé­mis­sion­ner. Six d’entre eux jouent donc en juin leur ave­nir au gouvernement.

Ch­ris­tophe Cas­ta­ner

Pa­ri à haut risque pour le se­cré­taire d’État aux Re­la­tions avec le Par­le­ment et porte-pa­role du gouvernement. Élu en 2012 dans la 2e cir­cons­crip­tion des Alpes-de-Haute-Pro­vence sous l’éti­quette PS, il y af­fronte cette fois Laurent Wal­ter pour La France in­sou­mise (FI) et Ch­ris­tian Gi­rard pour le FN. Or, à l’élec­tion pré­si­den­tielle, Em­ma­nuel Ma­cron n’est ar­ri­vé qu’en troi­sième po­si­tion, der­rière Jean-Luc Mé­len­chon et Ma­rine Le Pen, sur ces terres mar­quées par des al­ter­nances ré­gu­lières. Bonne nou­velle pour Ch­ris­tophe Cas­ta­ner tou­te­fois, le PS n’a in­ves­ti per­sonne dans sa cir­cons­crip­tion et le can­di­dat de La France in­sou­mise peut souf­frir de la pré­sence d’une concur­rente com­mu­niste, Isa­belle Thi­bault.

Richard Ferrand

C’est le fi­dèle d’entre les fi­dèles. Ral­lié à Em­ma­nuel Ma­cron de­puis le dé­but de son aven­ture, le mi­nistre de la Co­hé­sion des ter­ri­toires se pré­sente à nou­veau dans la 6e cir­cons­crip­tion du Finistère. Il y avait été élu en 2012 sous l’éti­quette PS et voit cette fois son an­cien par­ti in­ves­tir un can­di­dat éco­lo­giste contre lui. Pas trop de risque tou­te­fois pour Richard Ferrand, lar­ge­ment dé­si­gné can­di­dat (à près de 80%) par les mi­li­tants so­cia­listes de sa cir­cons­crip­tion à la fin 2016 alors qu’il sou­te­nait dé­jà de­puis long­temps Em­ma­nuel Ma­cron.

Mou­nir Mah­jou­bi

L’épreuve du feu pour le ben­ja­min du gouvernement qui, à 33 ans, brigue son pre­mier man­dat. Et pas contre n’im­porte qui, puis­qu’il af­fron­te­ra dans la 16e cir­cons­crip­tion de Pa­ris le pre­mier se­cré­taire du PS, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis. Ce duel, qui in­carne le re­nou­veau face à l’ordre an­cien, se­ra l’un des plus scru­tées de ces élec­tions lé­gis­la­tives. D’au­tant que dans ce XIXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, Jean-Luc Mé­len­chon est ar­ri­vé en tête lors de l’élec­tion pré­si­den­tielle avec un peu plus de 30% des voix, juste de­vant Em­ma­nuel Ma­cron. Signe que le PS ne prend pas ce scru­tin à la lé­gère, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis s’est lan­cé dans une cam­pagne de ter­rain. Face à Mou­nir Mah­jou­bi, il joue son ave­nir po­li­tique.

An­nick Gi­rar­din

A prio­ri pas de grand risque de dé­faite pour la mi­nistre des Outre-mer, qui se re­pré­sente à Saint-Pierre-et-Mi­que­lon où elle avait en­re­gis­tré plus de 65% des voix en 2012. Sauf que dans ces pe­tites îles de l’At­lan­tique Nord, Jean-Luc Mé­len­chon a en­re­gis­tré un très fort score à la pré­si­den­tielle, avec 35 % des voix, loin de­vant Em­ma­nuel Ma­cron, à près de 18 %.

Bru­no Le Maire

Élu en 2007 dans la 1re cir­cons­crip­tion de l’Eure, celle de Jean-Louis De­bré, Bru­no Le Maire est lan­cé dans un com­bat dif­fi­cile pour ob­te­nir le re­nou­vel­le­ment de son man­dat. Les Ré­pu­bli­cains ont consi­dé­ré qu’il s’était « ex­clu de lui-même » du par­ti en ac­cep­tant d’être nom­mé mi­nistre de l’Économie. L’in­ves­ti­ture LR-UDI lui a été re­ti­rée pour être ac­cor­dée à Coum­ba Diou­kha­né. Cette quin­qua­gé­naire, ad­jointe au maire d’Évreux, est bien im­plan­tée. La pré­sence d’une ad­ver­saire de droite va sé­rieu­se­ment gê­ner le dé­pu­té sor­tant, qui af­fron­te­ra un Front na­tio­nal puis­sant. Au pre­mier tour, Ma­rine Le Pen est ar­ri­vée en tête dans cette cir­cons­crip­tion plu­tôt ru­rale de Nor­man­die, avec plus de 29% des voix, sui­vie de Fran­çois Fillon, avec 20%, et d’Em­ma­nuel Ma­cron, à seule­ment 19,9 %. Nom­mé au gouvernement, Bru­no Le Maire au­rait pu re­non­cer à ce com­bat qui pour­rait lui coû­ter son mi­nis­tère, mais, d’après son en­tou­rage, «pas un ins­tant il n’y a pen­sé ».

Ma­rielle de Sar­nez

Dans la 11e cir­cons­crip­tion de Pa­ris comme par­tout dans la ca­pi­tale, Em­ma­nuel Ma­cron est ar­ri­vé lar­ge­ment en tête au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle avec 38,8 % des suf­frages, soit 14 points de plus que son score na­tio­nal. Nom­mée pour la pre­mière fois dans un gouvernement, la mi­nistre des Af­faires eu­ro­péennes pour­rait réus­sir à 66 ans un beau dou­blé en ob­te­nant aus­si son pre­mier man­dat de dé­pu­tée grâce à l’in­ves­ti­ture de La Ré­pu­blique en marche. Certes, cette fi­dèle de Fran­çois Bay­rou a face à elle un ad­ver­saire so­cia­liste re­dou­table, en la per­sonne du dé­pu­té fron­deur Pas­cal Cher­ki, mais le maire du VIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, Jean­Pierre Le­coq, qui de­vait se pré­sen­ter sous l’éti­quette les Ré­pu­bli­cains-UDI, a pré­fé­ré al­ler dé­fier Na­tha­lie Kos­cius­koMo­ri­zet dans la 2e cir­cons­crip­tion. L’avo­cat Francis Sz­pi­ner a été in­ves­ti pour le rem­pla­cer au pied le­vé.

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