Car­vou­nas vante une « gauche de­bout »

Le sé­na­teur PS, can­di­dat aux lé­gis­la­tives, es­time tou­te­fois que « la marque PS est dé­mo­né­ti­sée ».

Le Figaro - - POLITIQUE - SO­PHIE HUET @so­huet1

LUC CAR­VOU­NAS, qui veut quit­ter le Sé­nat pour se pré­sen­ter dans la 9e cir­cons­crip­tion du Val-de-Marne, est très sé­vère pour les per­son­na­li­tés PS qui ont choi­si le camp Ma­cron. Consta­tant que le mou­ve­ment La Ré­pu­blique en marche (LREM) « a dé­ci­dé de ne pas faire de coa­li­tion avec le PS », le maire so­cia­liste d’Al­fort­ville, qui avait sou­te­nu la can­di­da­ture de Be­noît Ha­mon, a es­ti­mé ven­dre­di lors du « Talk Le Figaro » : « Je suis très éton­né de cette mi­gra­tion du PS.»

Ci­tant les noms de Ma­nuel Valls et de Jean-Yves Le Drian, cet an­cien proche de l’ex-pre­mier mi­nistre a in­sis­té : « Ils ont dé­ci­dé d’en­trer to­ta­le­ment dans la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle (…) Ce­la veut dire qu’ils sou­tiennent un pre­mier mi­nistre is­su des rangs les Ré­pu­bli­cains, chef d’une ma­jo­ri­té as­sez hé­té­ro­gène qui a vo­té contre toutes les lois du quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande.» In­ter­ro­gé sur l’at­ti­tude des di­ri­geants du PS à l’égard de ceux qui ont quit­té la Rue de Sol­fe­ri­no, il a lâ­ché : « On n’a plus à les ex­clure, ils sont par­tis. Ces per­son­na­li­tés ont le droit de se trom­per, de faire ce qu’elles veulent, d’avoir vou­lu pas­ser à droite.» Luc Car­vou­nas a aus­si rap­pe­lé que d’an­ciens mi­nistres tels Éric Bes­son et JeanMa­rie Boc­quel avaient aus­si, en 2007, chan­gé de camp pour être nom­més au gouvernement.

« Qui a deux mai­sons perd la rai­son »

Le contexte est ce­pen­dant dif­fé­rent puisque le nou­veau chef de l’État veut faire im­plo­ser le cli­vage gauche-droite, au­quel le porte-pa­role na­tio­nal du PS croit fer­me­ment. S’il est élu à l’As­sem­blée le 18 juin, Luc Car­vou­nas a ex­pli­qué qu’il se­rait « un dé­pu­té construc­tif pour ceux qui croient en­core à la gauche et ne sou­haitent pas quit­ter la mai­son. Car qui a deux mai­sons perd la rai­son », a-t-il af­fir­mé, par al­lu­sion à un film du ci­néaste Éric Roh­mer.

Las d’être in­ter­ro­gé sur Valls, qu’il a « ac­com­pa­gné pen­dant neuf ans », pré­cise-t-il, mais « avec le­quel il a une rup­ture po­li­tique pro­fonde », Luc Car­vou­nas fait cam­pagne avec l’éti­quette PS. « Nous al­lons ré­en­chan­ter l’idée du so­cia­lisme (…) car la gauche fran­çaise est de­bout, elle existe dans les ter­ri­toires », a-t-il feint de croire. Au pas­sage, il a re­gret­té que Ma­nuel Valls n’ait pas cher­ché à « in­car­ner » la fa­mille so­cia­liste dans la ba­taille des lé­gis­la­tives, à l’ins­tar de Fran­çois Ba­roin à droite. « La marque so­cia­liste est au­jourd’hui dé­mo­né­ti­sée (…) Valls au­rait dû jouer ce rôle-là », a re­gret­té Luc Car­vou­nas, qui sou­haite que l’ex-pre­mier mi­nistre Ber­nard Ca­ze­neuve prenne la re­lève.

In­ter­ro­gé sur la pos­sible Bé­ré­zi­na du PS aux pro­chaines lé­gis­la­tives, il a bot­té en touche : « Si nous sommes 20, 30, 40 ou 50, on peut se dire que les grandes cas­cades com­mencent par des pe­tites gouttes d’eau ! » Dans sa cam­pagne, Luc Car­vou­nas compte dé­fendre le bi­lan du quin­quen­nat, et at­ta­quer « la po­li­tique de droite » an­non­cée, se­lon lui, par le gouvernement, avec la hausse de la CSG ou la suppression de 120 000 fonc­tion­naires.

F. BOU­CHON/LE FIGARO

LUC CAR­VOU­NAS, ven­dre­di, dans le stu­dio du Figaro.

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