Caen qui rit, Li­moges qui pleure

Le Figaro - - L'ÉVÉNEMENT -

Entre Caen, qui baisse les im­pôts, et Li­moges, qui les aug­mente, la si­tua­tion fi­nan­cière et fis­cale ré­vé­lée par l’étude du Fo­rum pour la ges­tion des villes va­rie for­te­ment d’une ville à l’autre.

Li­moges, le coût du pas­sé Par­mi les grandes villes, c’est peut-être la plus mal en point fi­nan­ciè­re­ment. La faute à l’hé­ri­tage de la man­da­ture so­cia­liste pré­cé­dente, ex­plique la nou­velle ma­jo­ri­té en place de­puis 2014. Si les im­pôts des par­ti­cu­liers n’ont pas bou­gé l’an­née der­nière, ils ont bon­di de 5,6 % cette an­née (taux de l’ag­glo­mé­ra­tion com­pris). « Nous es­sayons de pé­na­li­ser la po­pu­la­tion le moins pos­sible, se jus­ti­fie le maire (LR) Émile-Ro­ger Lom­ber­tie. Mais nous de­vons fi­nan­cer un nou­veau stade dé­me­su­ré et cri­blé de dé­fauts de struc­ture - com­man­dé par l’équipe pré­cé­dente - de même qu’une mé­dia­thèque et un gym­nase de 2 000 places dont les coûts de fonc­tion­ne­ment n’avaient pas été pris en compte... » Outre la hausse d’im­pôt, la mai­rie a aug­men­té les ta­rifs de cer­tains ser­vices mu­ni­ci­paux et ra­tio­na­li­sé les dé­penses. Le parc au­to­mo­bile a ain­si été ré­duit de 20 %, cer­taines voi­tures rou­lant moins de 400 km par an…

Tou­louse, en dif­fi­cul­té mal­gré son dy­na­misme

La mé­tro­pole la plus dy­na­mique après l’ag­glo­mé­ra­tion pa­ri­sienne a toutes les peines du monde à bou­cler son bud­get. Non pas que la ville est mal gé­rée. C’est plu­tôt qu’il lui faut ac­cueillir « chaque an­née 15 000 ha­bi­tants de plus et une di­zaine de mil­liers d’em­plois, ex­plique Sa­cha Briand, vice-pré­sident de Tou­louse mé­tro­pole en charge des fi­nances. Le développement dé­mo­gra­phique et éco­no­mique gé­nère des be­soins d’in­ves­tis­se­ment très im­por­tants ». Un seul exemple : la construc­tion de la troi­sième ligne de mé­tro en­glou­ti­ra 3,8 mil­liards d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment d’ici à 2030. L’équa­tion se com­plique d’au­tant plus que la do­ta­tion de l’État a fon­du de 40 mil­lions d’eu­ros en trois ans pour se ré­duire à presque zé­ro. Par consé­quent, la taxe d’ha­bi­ta­tion a été aug­men­tée de 3,2 % l’an­née der­nière. Cette an­née, c’est au tour de la contri­bu­tion fon­cière des en­tre­prises d’être re­haus­sée de 2 %.

Caen baisse les im­pôts C’est l’ex­cep­tion qui confirme la règle. La grande ville nor­mande est la seule, par­mi ses pairs, à bais­ser les im­pôts de­puis deux ans. « C’était un en­ga­ge­ment pris pen­dant la cam­pagne afin de re­ve­nir à une fis­ca­li­té plus rai­son­nable », ex­plique le maire Joël Bru­neau (LR). La stra­té­gie est simple : bais­ser les taux de 1 % par an, tous les ans et quoi qu’il ad­vienne. Si l’État, comme l’a an­non­cé Em­ma­nuel Ma­cron lors de la cam­pagne, ré­duit en­core les do­ta­tions aux col­lec­ti­vi­tés, le maire af­firme qu’il main­tien­dra cette tra­jec­toire, quitte à re­non­cer à des ser­vices pu­blics. G. G.

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