Les prix baissent et l’in­ves­tis­se­ment re­prend dans les té­lé­coms

L’em­ploi, en constant re­cul, est le maillon faible du sec­teur.

Le Figaro - - ÉCONOMIE ÉCONOMIE - EL­SA BEMBARON @el­sa­bem­ba­ron

MAR­CHÉ Et si les té­lé­coms fran­çais étaient en­trés dans un cycle de crois­sance? Après avoir en­re­gis­tré six an­nées de baisse de leurs re­ve­nus, les quatre opé­ra­teurs les ont sta­bi­li­sés à 35,7 mil­liards d’eu­ros en 2016, re­lève le ré­gu­la­teur du mar­ché (Ar­cep). Et ce, tout en re­nouant avec l’in­ves­tis­se­ment, qui fait un bond à 8,9 mil­liards d’eu­ros en 2016, contre 7,8 mil­liards un an plus tôt. Cette aug­men­ta­tion est en grande par­tie im­pu­table aux ef­forts consen­tis par SFR, qui a mis les bou­chées doubles pour com­bler son re­tard dans la 4G.

Dans le même temps, les opé­ra­teurs ont main­te­nu des prix qui sont par­mi les plus bas d’Eu­rope. Hors dé­penses liées à la consom­ma­tion de conte­nus en ligne (vi­déos à la de­mande, presse…), la fac­ture moyenne men­suelle s’éta­blit à 32,80 eu­ros par mois dans le fixe et 16,10 eu­ros dans le mo­bile. La sta­bi­li­sa­tion de la fac­ture pour les par­ti­cu­liers s’est faite alors que les parcs d’abon­nés migrent mas­si­ve­ment vers des forfaits à très haut dé­bit : la 4G et la fibre. Ce qui pose d’ailleurs la ques­tion de la ca­pa­ci­té des opé­ra­teurs à mo­né­ti­ser ces nou­velles tech­no­lo­gies.

Pas de conso­li­da­tion

« À ce stade, une conso­li­da­tion du mar­ché n’est pas sou­hai­table. Elle se tra­dui­rait par une nou­velle mise entre pa­ren­thèses de l’in­ves­tis­se­ment pen­dant un ou deux ans», ex­plique Sé­bas­tien Soriano, pré­sident de l’Ar­cep. Il es­père que les dé­penses consen­ties dans les conte­nus ne vien­dront pas faus­ser le jeu de la concur­rence, même si, « pour le mo­ment, il n’y a pas de trans­hu­mance mas­sive des abon­nés vers les opé­ra­teurs qui pro­posent des ex­clu­si­vi­tés », note Sé­bas­tien Soriano. Le ré­gu­la­teur a à coeur de pré­ser­ver les in­ves­tis­se­ments dans les ré­seaux, alors que la route est en­core longue pour par­ve­nir au ni­veau de la plu­part de nos voi­sins. La France se classe au 24e rang sur les 28 pays de l’Union eu­ro­péenne pour la connec­ti­vi­té à la 4G et au 26e pour le très haut dé­bit fixe! Pour grim­per à la 15e place, « un ob­jec­tif mo­deste, il fau­drait que 8 mil­lions de per­sonnes sup­plé­men­taires bé­né­fi­cient d’une cou­ver­ture en 4G et que 10 mil­lions de lo­ge­ments soient rac­cor­dables», sou­ligne Sé­bas­tien Soriano. Les opé­ra­teurs ont en­core du pain sur la planche.

Autre ombre au ta­bleau, le nombre d’em­plois di­rects dans le sec­teur est en baisse constante de­puis deux dé­cen­nies, avec 115231 sa­la­riés. Les be­soins en main-d’oeuvre pour l’ins­tal­la­tion de la fibre pour­raient per­mettre d’in­flé­chir la tendance, alors que les re­struc­tu­ra­tions chez les opé­ra­teurs sont qua­si­ment ache­vées.

À ce stade, une conso­li­da­tion du mar­ché n’est pas » sou­hai­table SÉ­BAS­TIEN SORIANO, PRÉ­SIDENT DE L’AR­CEP

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