Une ma­jo­ri­té et un par­ti qui res­tent à conso­li­der

Le Figaro - - L'ÉVÉNEMENT - JOANNE SAADE ET CHLOÉ TIXIER @Joan­ne­saade08, @Ch­loeTixier

COUACS en sé­rie, amateurisme des no­vices raillé par l’op­po­si­tion, am­biance chao­tique à l’As­sem­blée na­tio­nale… Les dé­buts de la ma­jo­ri­té n’ont pas été de tout re­pos. À ce­la, il faut ajou­ter les ab­sences de Ri­chard Fer­rand, poin­tées par l’op­po­si­tion, sur les bancs de l’Hé­mi­cycle au mo­ment où les dé­pu­tés LREM avaient pour­tant be­soin d’un ca­pi­taine pour gui­der le na­vire. Le pa­tron du groupe à l’As­sem­blée est tou­te­fois mon­té au cré­neau, à la fin de la ses­sion par­le­men­taire, pour in­ci­ter ses troupes à al­ler vo­ter l’ul­time loi pour la mo­ra­li­sa­tion.

Mal­gré les ca­fouillages en sé­rie, six lois ont été vo­tées de­puis le dé­but de la lé­gis­la­ture, dont la fa­meuse loi pour la mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique, pro­mise par Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle. Un bi­lan qui fait ou­blier les pre­miers pas bal­bu­tiants des dé­pu­tés. « Notre ma­jo­ri­té a dé­jà per­mis au pays d’avan­cer. Cette ma­jo­ri­té éclôt. Elle prend ses marques », s’est jus­ti­fié Hugues Ren­son, un des vice-pré­si­dents de l’As­sem­blée, dans une tri­bune au Monde.

Après trois mois sur les bancs de l’Hé­mi­cycle, les dé­pu­tés com­mencent à prendre leurs marques. Ils vont pou­voir pro­fi­ter de la trêve es­ti­vale pour conso­li­der leurs ac­quis. « Cer­tains ont des dif­fi­cul­tés mais ils vont pas­ser l’été à ré­vi­ser », a ex­pli­qué Chris­tophe Cas­ta­ner. Et leur nou­velle bible est toute trou­vée : le Ma­nuel de sur­vie de l’As­sem­blée de JeanJacques Ur­voas, an­cien garde des Sceaux so­cia­liste, dis­tri­bué à tous les élus de la ma­jo­ri­té. Le mes­sage est clair : mus­cler ses connais­sances sur le Pa­lais Bour­bon pour évi­ter les mal­adresses. « Pour l’ins­tant, on est dans une phase ré­vo­lu­tion­naire mais à la fin de l’an­née nous se­rons dans une phase po­li­tique », glisse un nou­veau dé­pu­té.

Pre­mier signe de cette prise de conscience : les élus mul­ti­plient les prises de pa­role sur les pla­teaux té­lé de­puis la fin de la ses­sion par­le­men­taire. Une ma­nière de faire acte de pé­da­go­gie sur des su­jets par­fois sen­sibles.

“Pour l’ins­tant on est dans une phase ré­vo­lu­tion­naire ” UN DÉ­PU­TÉ LREM

Ce se­ra éga­le­ment la mis­sion du par­ti LREM. Créé de toutes pièces il y a un an, il s’ap­pa­rente dé­sor­mais à une co­quille vide. Ca­the­rine Bar­ba­roux, pré­si­dente par in­té­rim, est aux abon­nés ab­sents. Elle est épau­lée par une di­rec­tion col­lé­giale qui doit faire face aux cri­tiques de nom­breux mi­li­tants. Réunis en col­lec­tifs, ils dé­noncent le manque de dé­mo­cra­tie in­terne dans les sta­tuts pré­vus par le par­ti et sou­mis au vote des ad­hé­rents. Un re­cours en jus­tice a même été dé­po­sé. Si le par­ti compte 400 000 ad­hé­rents, on est bien loin de ce dont rê­vait Em­ma­nuel Ma­cron : des cen­taines de co­mi­tés mo­bi­li­sés pour ani­mer des dé­bats sur les ré­formes clés et un par­ti se don­nant corps et âme pour sou­te­nir les par­le­men­taires. La nou­velle di­rec­tion, dé­si­gnée à l’au­tomne, au­ra une mis­sion : mettre le par­ti en ordre de marche.

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