Les ar­ri­vées en Ita­lie ont com­men­cé à di­mi­nuer

Le Figaro - - INTERNATIONAL - RI­CHARD HEUZÉ ROME

« LA STRA­TÉ­GIE ita­lienne com­mence à por­ter ses fruits. Le code de conduite im­po­sé aux ONG hu­ma­ni­taires (pour les se­cours au large de la Li­bye, NDLR) a ra­len­ti le flot des mi­grants », af­fir­mait mar­di der­nier le pré­sident du Con­seil, Gui­do Gen­ti­lo­ni, en re­ce­vant Ghas­san Sa­la­mé au Pa­lais Chi­gi. Pour l’en­voyé spé­cial de l’ONU pour la Li­bye, « l’Ita­lie se trouve sur la bonne voie ».

En mer, l’ac­cal­mie est bien réelle. Moi­tié moins de mi­grants ont été se­cou­rus en juillet. De­puis le dé­but de l’an­née, 96861mi­grants ont dé­bar­qué en Ita­lie. Soit 3,4 % de moins qu’au cours des sept pre­miers mois de 2016. Ces deux der­nières se­maines, les unes après les autres, les ONG ont si­gné le « code de conduite » im­po­sé aux as­so­cia­tions vou­lant conti­nuer de tra­vailler avec le Ma­ri­time Res­cue Co­or­di­na­tion Centre (MRCC), le PC de com­man­de­ment des gardes-côtes ita­liens qui co­or­donne de­puis Rome l’en­semble des opé­ra­tions de sau­ve­tage ci­viles et mi­li­taires en Mé­di­ter­ra­née cen­trale.

Co­opé­ra­tion mi­li­taire ren­for­cée

Ce « code » im­pose un cer­tain nombre de contraintes : in­ter­dic­tion d’en­trer dans les eaux ter­ri­to­riales li­byennes, d’éteindre les ap­pa­reils si­gna­lant à tout mo­ment sa po­si­tion, de com­mu­ni­quer avec les pas­seurs, obli­ga­tion d’ac­cep­ter à bord des ins­pec­teurs de po­lice ju­di­ciaire. Les ONG doivent en outre s’éloi­gner des côtes li­byennes. L’ami­rau­té de Tri­po­li a en ef­fet éten­du à 97 milles de ses côtes la « zone de pa­trouille et sau­ve­tage », de 12milles jus­qu’à pré­sent. Au­cun na­vire étran­ger ne pour­ra plus sta­tion­ner dans cette zone, « sauf au­to­ri­sa­tion ex­presse de Tri­po­li ».

La co­opé­ra­tion mi­li­taire entre Rome et Tri­po­li s’est ren­for­cée. Le 2 août, le Par­le­ment ita­lien a au­to­ri­sé l’en­voi de cinq na­vires mi­li­taires dans les eaux li­byennes. De­vant l’émo­tion sus­ci­tée en Li­bye, le chef du gou­ver­ne­ment de Tri­po­li Fayez al-Sar­raj a dé­men­ti avoir de­man­dé « l’in­ter­ven­tion » de la ma­rine ita­lienne, as­su­rant que « la sou­ve­rai­ne­té na­tio­nale est une ligne rouge que nul ne doit fran­chir ». Rome s’est em­pres­sé d’in­di­quer qu’au­cune in­ter­ven­tion n’au­rait lieu sans de­mande préa­lable de la Li­bye et que la co­opé­ra­tion en­vi­sa­gée était d’ordre pu­re­ment tech­nique. C’est ain­si que des mé­ca­ni­ciens ita­liens se trouvent ces jours-ci dans le port de Tri­po­li pour re­mettre en état de na­vi­ga­tion le Tre­mi­ti, un pa­trouilleur des gardes-côtes li­byens, blo­qué à quai par l’em­bar­go sur les pièces de re­change en vi­gueur de­puis 2011. For­més par l’Ita­lie, ces gardes-côtes sont en­trés en opé­ra­tion à la fin du prin­temps et mul­ti­plient les in­ter­cep­tions de ca­nots de mi­grants pour les ra­me­ner à terre.

F. BELLINA/AFP

Le Iu­ven­ta af­fré­té par l’ONG al­le­mande Ju­gend Ret­tet, le 4 août dans le port de Tra­pa­ni, en Si­cile. Les ONG doivent main­te­nant res­pec­ter le « code de conduite » des au­to­ri­tés ita­liennes pour pour­suivre leurs opé­ra­tions de sau­ve­tage de mi­grants en mer.

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