Jeunes filles et fa­milles « bien sous tous rap­ports » plé­bis­citent l’ap­pli Ba­by Sit­tor

Le Figaro - - SOCIÉTÉ -

LE SITE pro­pose des an­nonces qui font rê­ver les étu­diantes : voyage et sé­jour tous frais payés, plus ré­tri­bu­tion pen­dant quinze jours dans les Ca­na­ries, au Ca­na­da, en Ita­lie contre la garde, quelques heures par jour, des en­fants de la fa­mille. Et même un tour du monde avec un couple de pho­to­graphes et leurs trois en­fants. Plus clas­si­que­ment, la pla­te­forme Ba­by Sit­tor pro­pose aus­si des sé­jours dans la « mai­son de fa­mille » à Saint-Cast-le-Guil­do ou à Ca­hors. Une femme cherche une jeune fille au pair, à Col­mar à par­tir d’oc­tobre « pour m’ai­der avec mes trois en­fants pen­dant l’ab­sence de mon ma­ri mi­li­taire », une autre à Londres. Bap­tiste (9 ans), Louise (6 ans) et Cé­leste (3 ans) at­tendent leur « su­per ba­by sit­tor » à l’île de Ré.

Ba­by Sit­tor, au dé­part, c’est un groupe sur le ré­seau so­cial Fa­ce­book, lan­cé en 2013 par Pau­line de Mon­tes­son, une Lyon­naise, der­nière d’une fa­mille de cinq en­fants. À son ar­ri­vée à Pa­ris, après un BTS de com­mu­ni­ca­tion, elle est sol­li­ci­tée par sa fra­trie, puis par des amis, pour faire des ba­by-sit­tings. « Dé­bor­dée par la de­mande», elle crée un groupe Fa­ce­book pour par­ta­ger les in­for­ma­tions à son en­tou­rage. Puis lance une ap­pli­ca­tion pour smartphone en 2016. Au­jourd’hui, une simple an­nonce pour un ba­by-sit­ting, le soir, dans Pa­ris et quinze jeunes filles pro­posent leurs ser­vices dans l’heure, dans un rayon d’un ki­lo­mètre! Du pain bé­nit pour les pa­rents qui étaient au­tre­fois obli­gés de re­cou­rir à de vagues cou­sines presque ja­mais dis­po­nibles.

Un suc­cès à ren­ta­bi­li­ser

Les prix – par­fois âpre­ment dis­cu­tés sur le ré­seau - va­rient se­lon les villes : 8 eu­ros l’heure en moyenne à Pa­ris, 7 eu­ros l’heure à Bor­deaux et à Tou­louse. Cer­tains pa­rents pro­posent jus­qu’à 10 eu­ros. Pau­line de Mon­tes­son, seule­ment 24 ans, compte dé­sor­mais 90 000 ins­crits sur son ap­pli­ca­tion et 100 000 membres sur Fa­ce­book. Un suc­cès qui re­pose sur la même re­cette que Gens de Confiance (lire ci-des­sus) : le par­rai­nage obli­ga­toire « qui ras­sure tout le monde ». Ba­by Sit­tor a d’ailleurs lar­ge­ment fait la pro­mo­tion de Gens de Confiance sur son site et les a « bien ai­dés » à se lan­cer, re­con­naît l’un des fon­da­teurs. « On leur a ap­por­té 1000 per­sonnes de notre com­mu­nau­té. J’ai plein d’amis en com­mun avec les fon­da­teurs », ex­plique Pau­line de Mon­tes­son. Quelque 14% des ins­crits de Ba­by Sit­tor sont éga­le­ment chez Gens de Confiance et bé­né­fi­cient d’un double lo­go. « Ce­la ren­force en­core un peu plus la confiance », ob­serve-t-elle.

Les pro­fils des pa­rents et ceux des ba­by-sit­ters, le plus sou­vent étu­diantes, sont com­pa­rables sur les deux sites : des gens « bien sous tous rap­ports », is­sus de mi­lieux so­ciaux plu­tôt pri­vi­lé­giés. « Ce­la a com­men­cé comme ça parce que c’est mon mi­lieu d’ori­gine. Le fait d’être sé­lec­tif nous rend at­trayants. Mais nous ac­cep­tons des pro­fils de plus en plus va­riés », af­firme Pau­line de Mon­tes­son. Si la jeune fille a réus­si à le­ver 500000 eu­ros il y a deux ans, qui lui per­mettent de payer une équipe tech­nique et des lo­caux, il lui reste à ren­ta­bi­li­ser ce suc­cès : faire payer une co­ti­sa­tion ou un abon­ne­ment aux pa­rents ? Elle est en pleine ré­flexion.

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