LA STAR DES AP­PLI­CA­TIONS N’EN FI­NIT PAS DE CHUTER EN BOURSE

L’ap­pli­ca­tion so­ciale peine à ac­croître son au­dience et à convaincre sur le plan pu­bli­ci­taire.

Le Figaro - - ECONOMIE - LU­CIE RONFAUT @Lu­cieRon­faut

IN­TER­NET Evan Spie­gel n’avait qu’un hot-dog qui danse pour se conso­ler. Le PDG de Snap a pré­sen­té jeu­di soir les ré­sul­tats de son en­tre­prise pour le deuxième tri­mestre 2017. Certes, près de 173 mil­lions de per­sonnes se connectent à son ap­pli­ca­tion Snapchat au moins une fois par jour, mais c’est à peine 4 % de plus qu’au tri­mestre pré­cé­dent. Le chiffre d’af­faires de 181 mil­lions de dol­lars est en hausse de 153 % par rap­port à l’an­née der­nière, mais les pertes ont presque qua­dru­plé, à 443 mil­lions de dol­lars. Cinq mois après son in­tro­duc­tion en Bourse, l’ac­tion Snap, qui va­lait 17 dol­lars, n’en va­lait plus que 12 en séance ven­dre­di après-mi­di, soit son plus bas ni­veau his­to­rique.

Pour sa deuxième pu­bli­ca­tion ré­gle­men­tée, Evan Spie­gel a vou­lu ras­su­rer les in­ves­tis­seurs. « La meilleure ma­nière de faire gros­sir nos ac­ti­vi­tés est de construire des pro­duits qui in­citent notre com­mu­nau­té à créer des snaps, qu’elle par­tage ses créa­tions avec ses amis », a ex­pli­qué le jeune en­tre­pre­neur aux ana­lystes fi­nan­ciers. Le PDG s’est éga­le­ment fé­li­ci­té de la po­pu­la­ri­té du « hot-dog qui danse », une ani­ma­tion lan­cée en juin sur l’ap­pli­ca­tion qui s’est avé­rée très po­pu­laire chez les in­ter­nautes. Un en­thou­siasme pas vrai­ment par­ta­gé par les mar­chés.

Le pre­mier in­di­ca­teur qui in­quiète est l’évo­lu­tion de l’au­dience de Snapchat. L’ap­pli est très pri­sée des très jeunes mais elle s’est fait rat­tra­per par Fa­ce­book. Du haut de ses deux mil­liards d’uti­li­sa­teurs ac­tifs par mois, le pre­mier ré­seau so­cial mon­dial s’est em­ployé à co­pier avec mé­thode les fonc­tion­na­li­tés les plus po­pu­laires de Snapchat. C’est no­tam­ment le cas des Sto­ries, un for­mat qui per­met de créer des col­lec­tions de pho­tos et de vi­déos dis­po­nibles 24 heures.

En avril, cette fonc­tion­na­li­té, in­té­grée à Ins­ta­gram, fi­liale de Fa­ce­book, a of­fi­ciel­le­ment dé­pas­sé l’au­dience de Snapchat. Plus de 250 mil­lions d’uti­li­sa­teurs d’Ins­ta­gram re­gardent ou pu­blient des Sto­ries chaque jour. Les an­non­ceurs peuvent par ailleurs y af­fi­cher des pu­bli­ci­tés, ce qui a en­core di­mi­nué l’at­trac­ti­vi­té de Snapchat.

Dés­équi­libre des re­ve­nus

Sur le plan pu­bli­ci­taire, les re­ve­nus de Snapchat aug­mentent mais ils souffrent d’un dés­équi­libre. À 81% les re­cettes sont réa­li­sées en Amé­rique du Nord, alors que les Amé­ri­cains ne re­pré­sentent que 43 % de ses uti­li­sa­teurs dans le monde. L’ap­pli­ca­tion a donc du mal à mo­né­ti­ser son au­dience en de­hors des États-Unis. Or Snap- chat est une ap­pli­ca­tion très gour­mande en don­nées mo­bile, ce qui en­trave son suc­cès dans des pays ayant une faible connec­ti­vi­té, et aux codes peu clairs pour les nou­veaux uti­li­sa­teurs. « Nous pen­sons nos pro­duits pour les jeunes parce qu’ils s’in­té­ressent da­van­tage aux nou­velles tech­no­lo­gies », jus­ti­fiait Evan Spie­gel lors de la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats pour le pre­mier tri­mestre 2017. « J’ai dé­jà es­sayé d’ap­prendre à ma grand-mère à uti­li­ser les emails, mais fran­che­ment elle pré­fère par­ler au té­lé­phone. »

Snap mise aus­si sur de nou­veaux pro­duits pour re­cru­ter des uti­li­sa­teurs, mais sans grand suc­cès. Dé­but juin, l’en­tre­prise d’Evan Spie­gel a no­tam­ment lan­cé la com­mer­cia­li­sa­tion de lu­nettes de so­leil connec­tées, les Spec­tacles, pour fil­mer des vi­déos et les en­voyer en snap. Des mon­tures à 130 dol­lars qui ont bien de la peine à trou­ver leur pu­blic. Snap a ven­du pour 5,4 mil­lions de dol­lars de ses lu­nettes au deuxième tri­mestre 2017, soit un peu de plus de 40 000 uni­tés, en baisse de 32% par rap­port aux trois pre­miers mois de l’an­née.

Snap a aus­si ache­té en juin der­nier la start-up fran­çaise Zenly, pour 250 mil­lions de dol­lars. Cette ac­qui­si­tion a per­mis le lan­ce­ment de la Snap Map : les uti­li­sa­teurs de Snapchat peuvent dé­sor­mais se géo­lo­ca­li­ser et re­trou­ver leurs amis sur une carte. Pas cer­tain que ce­la suf­fise à sti­mu­ler les ventes.

JAAP ARRIENS/NURPHOTO

L’ap­pli­ca­tion Snapchat est très pri­sée des jeunes mais elle s’est fait rat­tra­per par Fa­ce­book. Avec ses deux mil­liards d’uti­li­sa­teurs ac­tifs par mois, le pre­mier ré­seau so­cial mon­dial s’est em­ployé à co­pier avec mé­thode les fonc­tion­na­li­tés les plus po­pu­laires de Snapchat.

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