L’autre pa­ri des Jeux

Le Figaro - - LA UNE - par Yves Th­réard ythreard@le­fi­ga­ro.fr

Notre pays, qui cultive vo­lon­tiers la nos­tal­gie de son rayon­ne­ment pas­sé, a une for­mi­dable oc­ca­sion de se pro­je­ter pour une fois dans l’ave­nir. Cent ans après les Jeux d’été de 1924, Pa­ris va re­trou­ver la flamme olym­pique. Un évé­ne­ment à la me­sure de son pres­tige in­ter­na­tio­nal, de sa ré­pu­ta­tion de Ville Lu­mière, de ses am­bi­tions. L’ob­jec­tif pour la France n’est pas seule­ment de faire briller le dra­peau tri­co­lore dans les stades en mon­dio­vi­sion par une belle ré­colte de mé­dailles. Au pa­ri spor­tif de 2024 s’ajoute un autre pa­ri, éco­no­mique ce­lui-là, tout aus­si dif­fi­cile à re­le­ver. Dans l’his­toire, les pré­cé­dents de villes qui se sont ré­veillées avec la gueule de bois ne manquent pas. Par­mi les plus ré­cents, Mon­tréal en 1976, Athènes en 2004, et même Rio l’an­née der­nière. Après le rêve et la fête vient le temps du cau­che­mar de la facture à ré­gler par les contri­buables et du pro­cès en ir­res­pon­sa­bi­li­té des pou­voirs pu­blics. Les fo­lies olym­piques de la Grèce, au dé­but de ce siècle, ne sont pas tout à fait étran­gères à la crise qu’elle vit au­jourd’hui. La France, dit-on, a un avan­tage : 95% des in­fra­struc­tures né­ces­saires à l’ac­cueil de la com­pé­ti­tion existent dé­jà. Certes, mais on connaît le re­frain pour mieux pro­mou­voir un évé­ne­ment qui sus­cite tou­jours des op­po­si­tions. Les sommes an­non­cées sur la ligne de dé­part sont ra­re­ment celles qui s’af­fichent à l’ar­ri­vée. Le coût des JO de Londres, en 2012, fut dé­pas­sé de 76%, pour at­teindre 15 mil­liards de dol­lars. Les Jeux de Pa­ris sont pro­gram­més à 6,6 mil­liards d’eu­ros, à parts égales pour l’in­ves­tis­se­ment et le fonc­tion­ne­ment. État et col­lec­ti­vi­tés lo­cales met­tront, en prin­cipe, la main à la poche à hau­teur de 1,5 mil­liard. En pé­riode de dé­fi­cits pu­blics chro­niques, c’est rai­son­nable. Sur­tout s’il en reste des traces po­si­tives dans l’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire. Pa­ris et la France doivent sa­vou­rer leur suc­cès. Mais ne pour­ront crier vic­toire qu’une fois toutes les ad­di­tions faites.

La France ne pour­ra crier vic­toire qu’une fois toutes les ad­di­tions faites

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