Ir­ma : Ma­cron s’af­fiche en pre­mière ligne

Pour le chef de l’État, la ges­tion de la ca­tas­trophe se joue aus­si sur le ter­rain de la com­mu­ni­ca­tion.

Le Figaro - - LA UNE - FRAN­ÇOIS-XA­VIER BOURMAUD @fx­bour­maud

EXÉ­CU­TIF Entre deux po­lé­miques, il faut choi­sir la moindre. Épar­gné par les cri­tiques après le main­tien de son voyage en Grèce alors qu’Ir­ma dé­fer­lait sur SaintMar­tin et Saint-Bar­thé­le­my, Emmanuel Ma­cron af­fronte dé­sor­mais celles sur la « mise en scène un peu in­dé­cente » de son dé­pla­ce­ment dans les deux îles si­nis­trées, se­lon les mots d’un élu fron­tiste. In­évi­table.

Dé­bar­qué en bras de che­mise de son avion pré­si­den­tiel à l’aé­ro­port de Pointe-à-Pitre en Gua­de­loupe, équi­pé d’un gi­let de sau­ve­tage pour son trans­port en hé­li­co­ptère mi­li­taire jus­qu’à SaintMar­tin, es­cor­té dans les rues de Grand Case au contact des ha­bi­tants déses­pé­rés… Emmanuel Ma­cron a of­fert tout au long de son dé­pla­ce­ment une ga­le­rie d’images pour té­moi­gner de son im­pli­ca­tion dans la ges­tion de la crise. Jus­qu’à pas­ser une nuit sur l’île en fai­sant sa­voir qu’il avait dor­mi sur un lit de camp et uti­li­sé un seau d’eau pour se la­ver. « Je vais faire comme les ha­bi­tants ici puisque

“Je vais faire comme les ha­bi­tants ici puisque je se­rai avec eux ce soir (mar­di) ” EMMANUEL MA­CRON

je se­rai avec eux ce soir (mar­di). Il n’y a pas le choix. Mais moi je re­par­ti­rai de­main. Et eux, ils le font de­puis plu­sieurs jours et en­core plu­sieurs jours », a ex­pli­qué le pré­sident de la Ré­pu­blique. Le­quel s’est ré­ser­vé des dé­cla­ra­tions à chaque étape de son voyage, cha­cune étant soi­gneu­se­ment re­trans­mise par les équipes de l’Ély­sée sur In­ter­net.

Un sys­tème qui lui a per­mis de concur­ren­cer, mar­di, les images des pre­mières ma­ni­fes­ta­tions contre sa ré­forme du mar­ché du travail sur les chaînes d’in­for­ma­tion en conti­nu. Au mo­ment où le cor­tège pa­ri­sien s’élan­çait, le chef de l’État s’af­fi­chait à l’an­tenne dans l’aé­ro­port de Grand Case au mi­lieu des si­nis­trés en train d’es­sayer de les ré­con­for­ter. Le choc des images donc avec, d’un cô­té, Emmanuel Ma­cron en pleine sé­quence com­pas­sion et, de l’autre, les ma­ni­fes­tants en­traî­nés dans la rue par les « fai­néants ».

Dans le même temps, le pré­sident de la Ré­pu­blique s’est éga­le­ment li­vré à plu­sieurs an­nonces, une sur chaque île. Mer­cre­di à Saint-Bar­thé­le­my, il as­sure qu’un mé­ca­nisme d’aide fi­nan­cière d’ur­gence se­ra mis en place d’ici lun­di « pour les gens qui ont tout per­du ». La veille à Saint-Mar­tin, il s’était dé­cla­ré fa­vo­rable à une com­mis­sion d’en­quête par­le­men­taire sur la ges­tion de la crise par son gou­ver­ne­ment, « mais au bon mo­ment ». His­toire d’es­sayer aus­si de dé­gon­fler la po­lé­mique en mé­tro­pole sur le manque d’an­ti­ci­pa­tion de son gou­ver­ne­ment face à une ca­tas­trophe an­non­cée.

C’est d’ailleurs flan­qué de ses mi­nistres de la San­té, Agnès Bu­zyn, et de l’Édu­ca­tion, Jean-Mi­chel Blan­quer, qu’Emmanuel Ma­cron a dé­bar­qué sur les îles si­nis­trées. Tous deux se sont éga­le­ment re­layés pour faire des points d’étapes ré­gu­liers sur la ges­tion des bles­sés, d’une part, sur la ré­ou­ver­ture des écoles, d’autre part. Une hy­per­pré­sence pour faire taire les cri­tiques et sur­tout évi­ter de se re­trou­ver em­brin­gué dans une crise comme celle de la ca­ni­cule en 2003 dont l’exé­cu­tif était sor­ti for­te­ment af­fai­bli.

CH­RIS­TOPHE ENA/POOL/BESTIMAGE

Le chef de l’État a ren­con­tré des si­nis­trés de l’ou­ra­gan Ir­ma, mar­di à Saint-Mar­tin.

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