Les tar­dives re­trou­vailles des ra­di­caux

Le PRG et le Par­ti ra­di­cal va­loi­sien se re­trouvent ce week-end à Mont­pel­lier pour amor­cer une fu­sion.

Le Figaro - - POLITIQUE - MA­RION MOURGUE @Ma­rionMourgue ET MATHILDE SIRAUD @ma­thil­de_sd

PAR­TI Voilà qua­rante-cinq ans que les ra­di­caux fai­saient siège à part… Mais le Par­ti ra­di­cal de gauche et le Par­ti ra­di­cal va­loi­sien sont en passe de se re­trou­ver du­ra­ble­ment. Les deux for­ma­tions se réuni­ront ce week-end à Mont­pel­lier (Hé­rault) pour leurs pre­mières uni­ver­si­tés d’été com­munes, avec l’idée d’of­frir « une nou­velle offre po­li­tique ou­verte aux pro­gres­sistes », in­dique le PRG, et « de bâ­tir une force po­li­tique nou­velle », com­plète Laurent Hé­nart, pré­sident du Par­ti ra­di­cal va­loi­sien. 6 000 per­sonnes sont ain­si at­ten­dues sur place.

Si la mau­vaise si­tua­tion fi­nan­cière du PRG semble avoir fa­ci­li­té ce rap­pro­che­ment his­to­rique, il s’ex­plique aus­si par la re­com­po­si­tion du pay­sage po­li­tique. Après plu­sieurs ten­ta­tives in­fruc­tueuses (lire en­ca­dré ci-contre), « l’élection d’Emmanuel Ma­cron a fait sau­ter les lignes de dé­mar­ca­tion de la gauche et la droite », pré­cise Yves Jé­go, dé­pu­té va­loi­sien de Seine-et-Marne, « c’est le mo­ment de nous ras­sem­bler. Nous avons une fe­nêtre de tir et une op­por­tu­ni­té in­croyable ».

Dé­sor­mais, on s’ache­mine vers un seul et même par­ti, dont le con­grès de réuni­fi­ca­tion est pré­vu les 9 et 10 dé­cembre à Pa­ris, si les fian­çailles sont ac­cep­tées par les mi­li­tants des deux par­tis. Plu­sieurs noms ont été dé­po­sés pour le fu­tur par­ti : Les Pro­gres­sistes, Force so­ciale et li­bé­rale ou en­core La Ré­pu­blique ra­di­cale qui pour le mo­ment tient la corde.

Si les dif­fé­rences sub­sistent entre les deux par­tis ra­di­caux, l’un ayant choi­si de faire al­liance jusque-là avec le PS, l’autre d’être une des com­po­santes de l’UDI, la co­lonne ver­té­brale idéo­lo­gique com­mune de­vrait fa­ci­li­ter les re­trou­vailles : at­ta­che­ment à l’Eu­rope, à la li­ber­té d’en­tre­prendre, à la Ré­pu­blique, à la laï­ci­té, etc. « On a sou­te­nu des ma­jo­ri­tés dif­fé­rentes, mais ce qui nous dif­fé­ren­cie est moins fort que ce qui peut nous ras­sem­bler », in­siste Yves Jé­go. « C’est l’an­ti-En marche ! : on se ras­semble sur un socle d’idées plu­tôt qu’au­tour d’un homme », vante Guillaume La­croix, vice-pré­sident du PRG.

« Ras­sem­bler les pro­gres­sistes »

À Mont­pel­lier, trois groupes de travail sur le pro­jet, les sta­tuts, les ter­ri­toires ré­flé­chi­ront jus­te­ment à apla­nir les dif­fé­rences. « Nous sommes d’ac­cord sur 95 % de nos pro­jets pré­si­den­tiels res­pec­tifs », sou­ligne Syl­via Pi­nel, pré­si­dente du PRG et dé­pu­tée de Tarn-et-Garonne. Mais sur des su­jets so­cié­taux comme la PMA, des di­ver­gences sub­sistent. La fu­ture for­ma­tion se po­si­tion­ne­ra « au centre » de l’échi­quier po­li­tique « avec la vo­lon­té de ras­sem­bler tous les pro­gres­sistes et d’adop­ter une at­ti­tude po­si­tive vis-à-vis du gou­ver­ne­ment», in­dique Laurent Hé­nart. « Les ra­di­caux par­tagent les grandes op­tions d’Emmanuel Ma­cron : la li­ber­té d’en­tre­prendre, la mo­der­ni­sa­tion de l’éco­no­mie, la sim­pli­fi­ca­tion des normes et l’al­lé­ge­ment des charges pour li­bé­rer les pe­tites et moyennes en­tre­prises ». De son cô­té, le PRG fait état de sa vo­lon­té d’« ap­por­ter un sou­tien in­dé­pen­dant et vi­gi­lant au pré­sident de la Ré­pu­blique ».

Une au­baine pour le chef de l’État, puisque les ra­di­caux en­tendent for­mer un groupe com­mun au Sé­nat d’abord, à l’As­sem­blée na­tio­nale en­suite. « L’oc­ca­sion de tour­ner une page du bi­par­tisme et d’exis­ter en notre nom propre au Pa­lais Bour­bon », se ré­jouit le dé­pu­té Oli­vier Fa­lor­ni. Ce scé­na­rio pour­rait avoir des consé­quences pour l’ave­nir par­le­men­taire des Construc­tifs et de l’UDI. Pour exis­ter et se faire en­tendre, les ra­di­caux de­vront néan­moins ré­pondre à la ques­tion de l’in­car­na­tion. Au­jourd’hui, ils ont tou­jours deux pré­si­dents. « Une pé­riode de po­lis­sage », eu­phé­mise-t-on des deux cô­tés pour mettre en place les re­trou­vailles. Avant d’abor­der les ques­tions qui fâchent.

XA­VIER LEOTY-CH­RIS­TOPHE ARCHAMBAULT/AFP

Laurent Hé­nart, pré­sident du Par­ti ra­di­cal, et Syl­via Pi­nel, pré­si­dente du PRG.

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