Un droit de re­gard de l’UE sur les in­ves­tis­se­ments chi­nois

Le Figaro - - INTERNATIONAL - J. J. M.

La France, l’Al­le­magne et l’Ita­lie se ré­jouissent de la pro­po­si­tion de Jean-Claude Jun­cker d’ins­tau­rer un « droit de re­gard » eu­ro­péen sur les in­ves­tis­se­ments étran­gers - chi­nois no­tam­ment - dans les sec­teurs sen­sibles comme les tran­sports, l’éner­gie, les hautes tech­no­lo­gies et la dé­fense. Si une en­tre­prise pu­blique étran­gère veut s’of­frir cer­tains de ces ac­tifs stra­té­giques, « ce­la ne peut se faire que dans la trans­pa­rence, à tra­vers un exa­men ap­pro­fon­di », a as­su­ré le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne en dé­cli­nant son pro­gramme pour 2018. L’UE se­rait ain­si in­ves­tie d’un droit de re­gard, le ve­to res­tant aux États eux-mêmes si c’est pos­sible en droit na­tio­nal. Emmanuel Ma­cron, lui aus­si sou­cieux de pro­té­ger les in­té­rêts eu­ro­péens face à l’of­fen­sive des géants té­lé­gui­dés de Pé­kin, en est l’avo­cat le plus ar­dent. Son pro­gramme pré­si­den­tiel va plus loin. Il pré­voit ex­pli­ci­te­ment « un mé­ca­nisme de contrôle des in­ves­tis­se­ments étran­gers en Eu­rope ». D’autres pays à court de fi­nan­ce­ment comme l’Es­pagne, la Grèce et la Hon­grie sont plus ré­ti­cents à une su­per­vi­sion bruxel­loise. Tout comme les avo­cats du libre-échange, tels les Pays-Bas, le Da­ne­mark ou tra­di­tion­nel­le­ment le Royaume-Uni. La Com­mis­sion doit dé­tailler son pro­jet dès ce jeu­di. Jean-Claude Jun­cker a éga­le­ment mar­qué sa vo­lon­té d’ac­cé­lé­rer la si­gna­ture d’ac­cords com­mer­ciaux avec le reste du monde. « L’UE doit oc­cu­per tout l’es­pace li­bé­ré par le pro­tec­tion­nisme de Do­nald Trump », dit-on dans son en­tou­rage. Après le Ja­pon, le Mexique et le Mer­co­sur, Bruxelles en­tend ou­vrir la né­go­cia­tion avec l’Aus­tra­lie et la Nou­velle-Zé­lande.

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