OM : la vic­toire en Ligue Eu­ro­pa ou la crise

Après deux dé­faites consé­cu­tives, le club pho­céen n’a dé­jà plus le droit à l’er­reur contre les Turcs de Ko­nya­spor.

Le Figaro - - SPORT - AURÉLIEN BILLOT @AB_S­port24

FOOT­BALL « OM cham­pions pro­ject. » Le plan de re­prise de Frank McCourt se vou­lait am­bi­tieux. Avec son slo­gan clin­quant, le mil­liar­daire amé­ri­cain avait re­don­né espoir au peuple olym­pien, désa­bu­sé par le manque d’in­ves­tis­se­ments et de ré­sul­tats de l’ère Mar­ga­ri­ta LouisD­rey­fus. Mais un peu moins d’un an après ses dé­buts, le pro­jet de l’an­cien pro­prié­taire des Dod­gers de Los An­geles (ba­se­ball) sus­cite sur­tout doutes et mo­que­ries.

En af­fi­chant leur in­ten­tion de ve­nir ti­tiller le tout-puis­sant PSG, de dé­pen­ser 200 mil­lions d’eu­ros sur le mar­ché des trans­ferts et, même, de rem­por­ter la Ligue des cham­pions, McCourt, mais aus­si Jacques-Henri Ey­raud, pré­sident néo­phyte dans le monde du foot­ball, ont don­né le bâ­ton pour se faire battre.

Comme un boo­me­rang, le duo voit ses ef­fets d’an­nonce lui re­ve­nir en pleine face alors que le nou­vel OM tra­verse sa pre­mière vé­ri­table zone de tur­bu­lences. Ce n’est pas en­core la crise, mais on n’en est pas loin : après un dé­mar­rage plu­tôt conforme aux at­tentes (7 points sur 9 en L1 et une qua­li­fi­ca­tion pour la phase de groupes de la Ligue Eu­ro­pa via les tours pré­li­mi­naires), l’équipe de Ru­di Gar­cia vient d’en­chaî­ner deux vio­lentes sor­ties de route, contre Mo­na­co (6-1) et Rennes (1-3), ré­veillant la co­lère de ses exi­geants sup­por­teurs. « M. le pré­sident, fi­ni les pro­messes men­son­gères et leurs ex­pli­ca­tions dou­teuses. Place aux ré­sul­tats concrets », pou­vait-on lire di­manche dans les tra­vées d’un Vé­lo­drome qui a éga­le­ment ré­cla­mé la tête de Gar­cia.

Pre­mière re­crue de l’« OM cham­pions Pro­ject », l’an­cien en­traî­neur de la Ro­ma cris­tal­lise au­jourd’hui une grande par­tie des cri­tiques. Ses choix tac­tiques in­ter­pellent. Tout comme son bi­lan face aux ca­dors du cham­pion­nat. De­puis sa prise de fonc­tions, en oc­tobre der­nier, l’OM a re­çu trois « claques » de l’ASM (4-0, 1-4 et donc 6-1) et une du PSG (1-5). On dit aus­si que ses re­la­tions avec An­do­ni Zu­bi­zar­re­ta, le di­rec­teur spor­tif, ne sont pas au beau fixe après un mer­ca­to loin d’avoir com­blé toutes les at­tentes, no­tam­ment dans la quête d’un at­ta­quant de stan­ding (échecs des dos­siers Gi­roud, Bac­ca et Jo­ve­tic, ar­ri­vée tar­dive de Mi­tro­glou). « J’ai autre chose à faire que d’écou­ter les com­men­taires des uns et des autres, a ba­layé Gar­cia mer­cre­di, à la veille de la ré­cep­tion des mo­destes turcs de Ko­nya­spor en ou­ver­ture de la phase de groupes de Ligue Eu­ro­pa (21 h 05, sur beIN Sports et W9). Quand on perd, on a tou­jours tort dans ses choix. Il faut l’ac­cep­ter, c’est la règle du jeu. Pour avoir rai­son, il faut ga­gner les matchs. Il n’y a rien d’autre à faire. »

«Il faut gar­der la tête froide, ne pas tout re­mettre en cause. Si on n’a pas per­du pen­dant six mois (avant de som­brer en Prin­ci­pau­té, l’OM res­tait sur une sé­rie de 18 matchs sans dé­faite à che­val sur deux saisons) c’est qu’il y a de la qua­li­té dans cette équipe », a éga­le­ment plai­dé l’en­traî­neur, dont le poste ne se­rait pas me­na­cé dans l’im­mé­diat.

«Ça urge de ga­gner », a tou­te­fois ad­mis Gar­cia, qui de­vra une nou­velle fois com­po­ser avec des ab­sents de marque (Man­dan­da et Ab­den­nour, bles­sés). Un mal ré­cur­rent en ce dé­but de sai­son. « Quand on au­ra ré­cu­pé­ré tout le monde, on se­ra plus com­plet, a-t-il as­su­ré. En at­ten­dant, il faut ser­rer les dents, mon­trer du ca­rac­tère et se mettre en mode guer­rier. » Sous peine d’ag­gra­ver la frac­ture avec les sup­por­teurs, qui ont an­non­cé un mou­ve­ment de grève pour la ren­contre de jeu­di. Consé­quence di­recte de la mau­vaise passe ac­tuelle, le Vé­lo­drome de­vrait d’ailleurs son­ner creux (en­vi­ron 10 000 per­sonnes pour une ca­pa­ci­té de 67 000). « Le Vé­lo­drome est fan­tas­tique, il doit res­ter un atout », a re­gret­té Gar­cia. Avant d’ap­pe­ler de nou­veau ses hommes à faire preuve de per­son­na­li­té : « A Mar­seille, on a be­soin de joueurs qui n’ont pas ré­tré­ci au la­vage quand ils entrent dans le Vé­lo­drome. On a be­soin de joueurs qui en ont, comme on dit. » Il en va dé­jà de la cré­di­bi­li­té de l’« OM cham­pions pro­ject ».

“A Mar­seille, on a be­soin de joueurs qui n’ont pas ré­tré­ci au la­vage quand ils entrent dans le Vé­lo­drome. On a be­soin de joueurs qui en ont, comme on dit ” RU­DI GAR­CIA

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