Yvon Gat­taz re­çoit le DBA Ho­no­ris Cau­sa des mains de Serge Das­sault

Le Figaro - - LE CARNET DU JOUR - CA­ROLE BELLEMARE @Bel­le­ma­reCa­role

«Tu au­rais fait un ex­cellent pré­sident de la Ré­pu­blique!» Ce com­pli­ment lan­cé par Serge Das­sault à Yvon Gat­taz, mar­di, sous les ors de l’hô­tel Das­sault, di­sait tout de l’ad­mi­ra­tion et de la com­pli­ci­té qui unissent ces deux fi­gures du monde des af­faires. La jeu­nesse ne se me­sure pas aux an­nées. S’il était be­soin de le vé­ri­fier, il fal­lait être de la cé­ré­mo­nie, où le pré­sident du Groupe in­dus­triel Mar­cel Das­sault re­met­tait à son ami de qua­rante ans les in­signes de doc­teur ho­no­ris cau­sa de la Pa­ris School of Bu­si­ness. La plus haute dis­tinc­tion aca­dé­mique de l’école di­ri­gée par Ar­mand De­rhy, ac­cueillant ain­si l’an­cien pa­tron des pa­trons, fon­da­teur de Ra­diall et de l’as­so­cia­tion Jeu­nesse et En­tre­prises, « dans le cercle res­treint des per­son­na­li­tés d’ex­cep­tion dont la pas­sion, le dé­voue­ment et l’ac­tion au pro­fit de l’en­tre­prise sont tout sim­ple­ment exem­plaires ».

Sa fa­mille, dont Pierre Gat­taz, le pré­sident du Me­def, était en pre­mière ligne par­mi les per­son­na­li­tés, an­ciens mi­nistres, aca­dé­mi­ciens, pa­trons et émi­nents re­pré­sen­tants du groupe du Rond-Point, Laurent et Thier­ry Das­sault, Charles Edel­stenne, le di­rec­teur gé­né­ral… As­sem­blée éclec­tique où l’on re­mar­quait Hé­lène Car­rère d’En­causse, Fran­çois d’Or­ci­val, Luc Fer­ry, Mi­chel Pé­be­reau, Jean-Claude Tri­chet, JeanDa­niel Le­vitt, Eli­za­beth Du­cot­tet, Ré­mi et Charles Ro­bi­net-Duf­fo, le père Pas­calAn­dré Du­mont ou le grand rab­bin Haïm Kor­sia.

Chantre de l’en­tre­prise

C’est par un dis­cours cha­leu­reux que le pré­sident Serge Das­sault a égrai­né les faits d’armes du chantre de l’en­tre­prise. Cen­trale, la créa­tion avec son frère de Ra­diall, le CNPF et, à 69 ans, l’en­ga­ge­ment tou­jours plus fort pour les PME, les ETI et l’em­ploi des jeunes, à tra­vers ses as­so­cia­tions Ethic, AJE, As­mep… «Quinze pa­ter­ni­tés lé­gi­times », re­ven­dique l’au­teur aus­si d’une dou­zaine d’ou­vrages, qui fut le pre­mier créa­teur d’en­tre­prises à en­trer sous la Cou­pole. En 1990, l’inoxy­dable de­ve­nait « im­mor­tel » à l’Aca­dé­mie des sciences mo­rales et po­li­tiques, re­ce­vant son épée des mains d’Alain Pey­re­fitte.

Grand-croix de La Lé­gion d’hon­neur et du Mé­rite, «com­blé mais res­té tou­jours ef­fi­cace et dis­cret ». Le pré­sident Das­sault est res­té im­pres­sion­né par l’ac­ti­visme de l’an­cien pa­tron du CNPF sous l’ère Mit­ter­rand. « Tu as dû te battre contre les 35 heures, les na­tio­na­li­sa­tions, l’im­pôt sur les grandes for­tunes, la mon­tée des co­ti­sa­tions so­ciales… »

« L’em­ploi, l’em­ploi, l’em­ploi »

Une fois dé­co­ré, Yvon Gat­taz, mil­lé­sime 1925 aus­si, «qui ne fut pas très bon pour le vin mais eut plus d’in­dul­gence pour les nou­veau­nés ! », s’est li­vré à un dis­cours brillant.

Grave aus­si, quand il s’est agi d’em­ploi, thème de son in­ter­ven­tion. « L’em­ploi, l’em­ploi, l’em­ploi », c’est pour lui une triple prio­ri­té. D’ailleurs, le der­nier son­dage BVA l’a pla­cé en tête, de­vant l’im­mi­gra­tion, l’Eu­rope et le ter­ro­risme. « Una­ni­mi­té po­li­tique, eth­nique, re­li­gieuse, so­ciale et éco­no­mique », l’em­ploi, fac­teur de sur­vie, c’est aus­si pour lui « par­tiel­le­ment le re­mède contre la pau­vre­té, la dé­lin­quance, la ma­la­die et, de plus, c’est aus­si la sa­tis­fac­tion de soi, l’ho­no­ra­bi­li­té, la confiance, l’épa­nouis­se­ment ». « Une pa­na­cée. » Et de re­gret­ter que ce mot « peu ho­no­rable », soit si peu em­ployé dans les dis­cours po­li­tiques, Se­lon Jeu­nesse et En­tre­prises, la France dis­pose de 11,250 mil­lions de jeunes de 15 à 29 ans, dont 1,147 mil­lion de chômeurs dé­cla­rés. Cre­do de l’as­so­cia­tion : «La mul­ti­pli­ca­tion des em­plois pas­se­ra par la mul­ti­pli­ca­tion des em­ployeurs… » En­core faut-il «que ces nou­velles en­tre­prises gran­dissent ».

Pour Yvon Gat­taz, « Start, c’est bien ; up, c’est mieux ». Il faut aus­si pa­rer à «la peur de l’em­bauche». Et de stig­ma­ti­ser les syn­di­cats po­li­ti­sés : «Le dia­logue so­cial, que l’on dit ta­ri, est tout à fait in­tense, mais à la base dans l’en­tre­prise. »

Quant aux em­plois ai­dés, ils ne sont pas une so­lu­tion. « Tout sa­laire mé­rite travail. » Yvon Gat­taz re­grette aus­si « cette chasse à l’em­ploi dra­ma­ti­que­ment gé­né­ra­li­sée à tra­vers le monde » au nom de la pro­duc­ti­vi­té. En conclu­sion, pour lui, l’ave­nir pour les jeunes passe par une for­ma­tion adap­tée et la guerre aux frei­neurs d’em­plois. Et de sug­gé­rer, pour fi­nir, au pré­sident de la Ré­pu­blique de faire de « l’em­ploi, l’em­ploi, l’em­ploi» notre nou­velle de­vise na­tio­nale…

SERGE DULUL

Yvon Gat­taz (à gauche) a re­çu à l’Hô­tel Das­sault les in­signes de doc­teur ho­no­ris cau­sa de la Pa­ris School of Bu­si­ness, di­ri­gée par Ar­mand De­rhy (à droite), des mains du pré­sident du groupe Das­sault et PDG du Fi­ga­ro.

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