ENTRE MA­CRON ET LES FONC­TION­NAIRES, DÉ­JÀ CINQ SU­JETS DE DIS­CORDE EN QUATRE MOIS…

Le Figaro - - ECONOMIE - Marc Lan­dré mlandre@le­fi­ga­ro.fr

D’au­cuns consi­dèrent Emmanuel Ma­cron comme le fils spi­ri­tuel de Fran­çois Hol­lande. Voire… S’il y a un su­jet sur le­quel le pré­sident de la Ré­pu­blique tranche avec son pré­dé­ces­seur, c’est ce­lui des fonc­tion­naires. Dans ce do­maine, le changement de pa­ra­digme est to­tal, tant Fran­çois Hol­lande gé­rait la fonc­tion pu­blique comme le pre­mier se­cré­taire du PS qu’il fut ja­dis, en re­cher­chant une syn­thèse im­pos­sible qui le ser­vi­rait élec­to­ra­le­ment.

Quel que soit le su­jet, l’ac­tuel chef de l’État prend le contre-pied de son men­tor. De­puis son élection, ce fut le cas sur au moins cinq dos­siers ma­jeurs à forte sen­si­bi­li­té pour les in­té­res­sés. Le point d’in­dice ? Ma­cron a dé­ci­dé de le ge­ler à nou­veau. Cette com­po­sante im­por­tante de la ré­mu­né­ra­tion des agents pu­blics avait été dé­blo­quée en 2016 par le gou­ver­ne­ment Valls, une pre­mière de­puis 2010, via une hausse de 1,2 % en deux fois sur six mois. La jus­ti­fi­ca­tion de l’exé­cu­tif pré­cé­dent était claire : le pou­voir d’achat des fonc­tion­naires avait bais­sé - ce qui est faux - et il était temps, après six an­nées de blo­cage, de le re­va­lo­ri­ser.

Le jour de ca­rence ? Ma­cron va le ré­ta­blir en 2018. Cette dis­po­si­tion, qui vise à li­mi­ter l’ab­sen­téisme des fonc­tion­naires en leur en­le­vant un jour de sa­laire en cas d’ar­rêt ma­la­die (contre 3 pour les sa­la­riés du pri­vé), avait été éta­blie en 2012 par le gou­ver­ne­ment Fillon. Avec suc­cès puisque les ar­rêts de courte du­rée avaient alors chu­té. Mais la me­sure avait été sup­pri­mée par Fran­çois Hol­lande après son élection, au mo­tif qu’elle était « in­juste, in­utile, in­ef­fi­cace et hu­mi­liante », se­lon Ma­ry­lise Le­bran­chu, la mi­nistre de la Fonc­tion pu­blique de l’époque. La vraie rai­son de la sup­pres­sion du jour de ca­rence était autre. Elle ve­nait en fait en contre­par­tie du main­tien du gel du point d’in­dice après la vic­toire du can­di­dat PS en 2012…

Le nombre de fonc­tion­naires ? Ma­cron a pro­mis de sup­pri­mer 120 000 postes en cinq ans quand Fran­çois Hol­lande s’était en­ga­gé à sta­bi­li­ser les ef­fec­tifs. Une pro­messe que l’ex-chef de l’État, en rai­son de la né­ces­si­té de ren­for­cer les moyens hu­mains des forces de l’ordre et de jus­tice après les at­ten­tats de la se­conde moi­tié de son man­dat, n’a au fi­nal pas te­nue…

Un gouffre fi­nan­cier

La com­pen­sa­tion de la hausse de la CSG ? Contrai­re­ment aux sa­la­riés qui bé­né­fi­cie­ront en deux temps, pour va­lo­ri­ser leur travail, d’une baisse de co­ti­sa­tions sa­la­riales d’un mon­tant su­pé­rieur à l’aug­men­ta­tion en jan­vier 2018 de 1,7 point de CSG, les fonc­tion­naires n’auront au­cun gain de pou­voir d’achat. Ils ne per­dront pas d’ar­gent, mais n’en ga­gne­ront pas non plus.

Le re­cen­trage du ser­vice pu­blic sur ses mis­sions es­sen­tielles ? Là en­core, Ma­cron se dis­tingue avec le lan­ce­ment, dans les se­maines qui viennent, d’un « grand fo­rum des ser­vices pu­blics » pour re­voir les mis­sions des agents de l’État. S’y ajoute le re­port pro­bable du ca­len­drier de mise en oeuvre du pro­to­cole PPCR qui re­va­lo­rise les car­rières, et donc les ré­mu­né­ra­tions, des fonc­tion­naires. Un gouffre, ac­cor­dé par Hol­lande en 2015 pour cal­mer la grogne dans le pu­blic, que la Cour des comptes es­time à 4,5 ou 5 mil­liards d’eu­ros par an en 2020…

« Quel que soit le su­jet, l’ac­tuel chef de l’État prend le contre­pied de son pré­de­ces­seur men­tor» et

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