Le plan fibre de la France à nou­veau sous ten­sion

Les ac­teurs du sec­teur se réunissent pen­dant deux jours à Éper­nay pour leur uni­ver­si­té d’été.

Le Figaro - - TECH - E. B.

TÉ­LÉ­COMS La fibre, tout le monde en veut et le plus tôt pos­sible. Plus de 2,6 mil­lions de Fran­çais y sont abon­nés et 8,9 mil­lions y sont éli­gibles. Mais des dé­cla­ra­tions suc­ces­sives sont ve­nues brouiller les cartes. Au point que les ac­teurs du sec­teur, qui tiennent leur uni­ver­si­té d’été ces 13 et 14 sep­tembre, ont sou­le­vé plu­sieurs in­ter­ro­ga­tions dont une clé : qui fait quoi ? Alors que tout sem­blait clair -la France s’était fixé pour am­bi­tion d’être 100 % fi­brée en 2022-, le pré­sident de la Ré­pu­blique, Emmanuel Ma­cron, a brouillé les cartes en juillet der­nier en an­non­çant vou­loir du haut et du très haut dé­bit pour tous dès 2020. De­puis, il s’agit de faire co­exis­ter ces deux am­bi­tions, en fai­sant en sorte que la deuxième serve la pre­mière. « Sur le ter­ri­toire, 5 à 6 mil­lions de foyers sont en­core pri­vés d’une connexion à In­ter­net haut ou très haut dé­bit. Trois so­lu­tions sont à l’étude et pour­ront être dé­ployées si­mul­ta­né­ment », ex­plique An­toine Da­rodes, di­rec­teur de l’Agence du nu­mé­rique. Par­mi les foyers vi­sés par la vo­lon­té pré­si­den­tielle de leur don­ner l’ac­cès à In­ter­net fixe à haut dé­bit (au moins 30 mé­ga­bits par se­conde), en­vi­ron un mil­lion bé­né­fi­cie­ra de la mon­tée en puis­sance des ré­seaux cuivre (ADSL). Une so­lu­tion qui n’est pas pé­renne. Un ou deux mil­lions auront une so­lu­tion de tran­si­tion qui re­po­se­ra sur les ré­seaux mo­biles, via des box 4G, des offres sa­tel­li­taires ou une re­mise au jour du ré­seau Wi­max dans cer­taines ré­gions. En­fin, 2,5 à 3 mil­lions de ces foyers bé­né­fi­cie­ront di­rec­te­ment offre fibre, s’ins­cri­vant dans les ob­jec­tifs du plan France très haut dé­bit pour 2022. Or, ce plan est ré­gu­liè­re­ment re­mis en cause. Après la Cour des comptes qui s’in­quié­tait de son coût es­ti­mé à 30 mil­liards d’eu­ros (nos édi­tions du 31 jan­vier), c’est SFR qui lan­çait un pa­vé dans la mare en dé­cla­rant vou­loir fibrer 100 % du ter­ri­toire seul. Une fois en­core, les Ré­seaux d’ini­tia­tive pu­blique, concer­nant les zones les moins den­sé­ment peu­plées, sont vi­sés. « Vous nous cha­hu­tez, nous vous cha­hu­tons », a lan­cé mer­cre­di Da­vid El Fas­sy, pré­sident d’Al­ti­tude in­fra­struc­ture, à l’in­ten­tion de l’opé­ra­teur, tout en l’in­vi­tant « à ve­nir dis­cu­ter pour co-in­ves­tir dans les ré­seaux ».

Créa­tions d’em­plois

« C’est à la fois une ques­tion de moyens fi­nan­ciers et de res­sources hu­maines. L’an­née der­nière, SFR a dé­ployé 100 000 prises fibre et Orange 1,7 mil­lion », ajoute An­toine Da­rodes. La fi­liale d’Al­tice a af­fir­mé avoir les moyens de ses am­bi­tions, grâce no­tam­ment à sa par­faite maî­trise des coûts. Ce qui fait craindre qu’il fasse ap­pel à des sous-trai­tants mieux di­sant que les en­tre­prises fran­çaises. Un point gê­nant alors que l’État et les col­lec­ti­vi­tés lo­cales qui vont ver­ser en­vi­ron 10 mil­liards d’eu­ros de sub­ven­tions es­pèrent créer près de 40 000 em­plois grâce aux chan­tiers de la fibre.

Les cartes risquent d’être à nou­veau re­dis­tri­buées. Le Sé­nat a de­man­dé à l’Au­to­ri­té des té­lé­coms (Ar­cep) de rendre un avis sur le plan fibre et sur les nou­veaux en­ga­ge­ments de SFR. L’Ar­cep doit se pro­non­cer fin sep­tembre.

O. THO­MAS/DI­VER­GENCE

Un ou­vrier pose un câble de fibre op­tique à Pa­ris.

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