Lae­ti­tia Dosch, tout feu, tout flamme

NOS FI­GURES DE LA REN­TRÉE L’ac­trice joue­ra « Un al­bum » au Rond-Point et le rôle-titre de « Jeune Femme », en salle le 1er no­vembre.

Le Figaro - - ET VOUS - NATHALIE SI­MON nsi­mon@le­fi­ga­ro.fr

Che­ve­lure rousse flam­boyante, ongles de pieds bleus, pen­den­tif à l’oreille droite, Lae­ti­tia Dosch re­tire ses écou­teurs, pose son por­table et vous re­garde avec de grands yeux. Tout à trac, la tren­te­naire claque la bise, ra­conte qu’elle a in­ter­viewé Sa­bine Azé­ma pour Peindre ou faire l’amour, des frères Lar­rieu et évoque Un al­bum, le spec­tacle qu’elle re­prend au RondPoint (à par­tir du 11 oc­tobre) dans le­quel elle campe en vir­tuose plu­sieurs di­zaines de per­son­nages. « Chaque ac­trice a sa ma­nière de tra­vailler », lance-t-elle.

Avec Pau­line, la Jeune femme de Léo­nor Ser­raille qu’elle in­carne au ci­né­ma (sor­tie le 1er no­vembre, Ca­mé­ra d’or à Cannes), Lae­ti­tia Dosch a en com­mun une éner­gie conta­gieuse et une fan­tai­sie de bon aloi. Pau­line dé­barque à Pa­ris avec son chat. Tape l’in­cruste chez son ex. Cherche un travail. « C’était le bon rôle au bon mo­ment, ré­sume l’ac­trice. Je suis par­tie du scé­na­rio, de la gram­maire du per­son­nage. J’écris des lettres comme si je connais­sais Pau­line, à sa mère par exemple, sur sa fa­çon de voir Pa­ris, qu’elle dé­couvre pour la pre­mière fois. Pen­dant un mois et de­mi ou deux, je cherche les émo­tions, le bon équi­libre. »

Rien ne pré­des­ti­nait cette Pa­ri­sienne fan de Me­ryl Streep à se re­trou­ver sous le feu des pro­jec­teurs. Grand-père or­ni­tho­logue, père plom­bier de­ve­nu ren­tier et une mère qui tra­vaille dans les as­su­rances. En­fant, Lae­ti­tia Dosch songe à de­ve­nir vé­té­ri­naire, puis tra­duc­trice d’an­glais. « Ado­les­cente, je n’ai pas par­lé pen­dant deux ou trois ans. Je li­sais beau­coup de ro­mans des soeurs Brontë et de Tho­mas Har­dy. »

L’ate­lier théâtre du ly­cée lui rend sa voix. Elle passe du pri­vé au pu­blic, se re­belle, par­ti­cipe à des concours d’imi­ta­tion d’ani­maux, au grand dam des en­sei­gnants. Lors de ses études de lit­té­ra­ture an­glaise à Nan­terre, elle tombe amou­reuse d’un ac­teur et dé­cide de « faire le même mé­tier » que lui. École Pé­ri­mo­ny, puis classe libre du Cours Florent avec Mi­chel Fau comme pro­fes­seur.

Deux prix d’in­ter­pré­ta­tion

Elle « at­ter­rit » en­suite à la Ma­nu­fac­ture, la haute école des arts de la scène à Lau­sanne. Une di­rec­trice de théâtre l’en­cou­rage à mon­ter ses pièces. «C’est trou­blant de dire qu’on dé­pend du dé­sir des autres», confie Lae­ti­tia, qui n’at­tend pas d’être sol­li­ci­tée. La ren­contre avec Jus­tine Triet est dé­ci­sive. Elles tournent un court-mé­trage, Vi­laine Fille, Mau­vais Gar­çon (2011), qui vaut à l’ac­trice deux prix d’in­ter­pré­ta­tion, puis La Ba­taille de Sol­fe­ri­no (2012). Elle en­chaîne avec di­vers films, dont Mon roi de Maï­wenn, et danse avec Mar­co Ber­ret­ti­ni et la cho­ré­graphe Ma­ria Ri­bot. Pour l’heure, elle se­ra dans le pro­chain film de Na­dav La­pid et pré­pare un spec­tacle. Ori­gi­nal, à son image.

JMISSONI ; ENIFOTO - STOCK.ADOBE.COM

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