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Le fleuve ma­jes­tueux de Tho­mas Wolfe

Le Figaro - - LITTERAIRE -

« La se­mence née de notre des­truc­tion fleu­ri­ra dans le dé­sert, la plante qui nous gué­rit pousse sur un roc de mon­tagne et, si notre exis­tence est han­tée par un traî­ne­sa­vates de Géor­gie, c’est qu’un coupe-jar­ret de Londres a trou­vé le moyen d’échap­per à la po­tence. Chaque mo­ment est le fruit de qua­rante mille an­nées. Les jours, ron­gés par les mi­nutes, comme des mouches, vrom­bissent vers la mort, et chaque mo­ment est une fe­nêtre ou­verte sur tous les temps. » C’est le troi­sième pa­ra­graphe de Look Ho­me­ward, An­gel, le pre­mier ro­man de Tho­mas Wolfe, pa­ru en 1929. Les édi­tions Bar­tillat re­pu­blient le texte foi­son­nant et au­to­bio­gra­phique du feu fol­let des lettres amé­ri­caines dis­pa­ru en 1938 à l’âge de trente-huit ans. Deux ro­mans de son vi­vant et deux post­humes achè­ve­ront de le pro­pul­ser au som­met de la lit­té­ra­ture amé­ri­caine. Ce jo­li vo­lume contient en bo­nus la pré­face in­édite et ins­truc­tive de ce­lui qui fut son dé­cou­vreur chez Scrib­ner’s, Max­well Per­kins, l’homme qui avait dé­jà « sor­ti » Fitz­ge­rald et He­ming­way. À tra­vers l’his­toire d’Eu­gene Gant et de la pe­tite ville su­diste d’Al­ta­mont, c’est l’au­teur qui sur­git « énorme nuage noir, char­gé d’élec­tri­ci­té, fé­cond, im­pé­rieux, doué d’une vio­lence d’ou­ra­gan, que rien ne pour­rait re­te­nir long­temps ». Après l’avoir lu, im­pos­sible de confondre ce Tom Wolfe-là avec l’au­teur du Bû­cher des va­ni­tés. B. C.

LOOK HO­ME­WARD, AN­GEL De Tho­mas Wolfe, tra­duit de l’an­glais (États-Unis) par Pierre Sin­ger, Bar­tillat, 585 p., 22 €.

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