« Je ne di­rai pas que mes pré­dé­ces­seurs n’ont rien fait »

Le Figaro - - INTERNATIONAL - N. B.

C’est une dif­fé­rence de ton très nette. Alors que le pré­sident Em­ma­nuel Ma­cron a choi­si une stra­té­gie de confron­ta­tion en trai­tant de « cy­niques » et de « fai­néants » ceux qui s’op­posent à sa po­li­tique, le pre­mier mi­nistre Édouard Phi­lippe a sem­blé plus sou­cieux d’apai­se­ment. « Je ne dis pas, je ne di­rai d’ailleurs ja­mais, que mes pré­dé­ces­seurs n’ont rien fait ou mal fait », a-t-il dé­cla­ré ven­dre­di à Ber­lin. Le chef du gou­ver­ne­ment pré­sen­tait à un par­terre d’en­tre­pre­neurs les ré­formes en­ga­gées en France. « Beau­coup (de mes pré­dé­ces­seurs), quel que soit leur bord po­li­tique d’ailleurs, ont pris des dé­ci­sions in­tel­li­gentes, cou­ra­geuses », a-t-il pour­sui­vi avant de for­mu­ler une cri­tique : « Re­con­nais­sons aus­si que faute de les avoir an­non­cées, faute de les avoir ex­pli­quées, as­su­mées sans doute, dé­fen­dues par­fois, cer­tains ren­dez-vous im­por­tants ont été des ren­dez-vous man­qués. Des ren­dez-vous man­qués qui se tra­duisent au­jourd’hui par des dé­fi­cits. » Et d’énu­mé­rer : dé­fi­cit pu­blic, d’in­ves­tis­se­ment, de com­pé­ti­ti­vi­té, de com­pé­tence ou d’image pour le pays. Le sens de ces pro­pos a été mal in­ter­pré­té, a en­suite pré­ci­sé Ma­ti­gnon. « Il n’y a pas le dé­but du com­men­ce­ment de la moi­tié d’une feuille de ci­ga­rette entre le pré­sident de la Ré­pu­blique et le pre­mier mi­nistre », a pré­ci­sé l’en­tou­rage de ce der­nier. Après la po­lé­mique sur les pro­pos du chef de l’État, le porte-pa­role du gou­ver­ne­ment Ch­ris­tophe Cas­ta­ner avait pré­ci­sé que « ceux qui n’avaient pas eu le cou­rage des ré­formes » étaient bien vi­sés, no­tam­ment Ni­co­las Sar­ko­zy ou Fran­çois Hol­lande.

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