Af­faire Maë­lys : l’étau se res­serre au­tour de Nor­dahl L.

Sur un film ti­ré de la vi­déo­sur­veillance d’une sta­tion de la­vage, on le voit bri­quer sa voi­ture au len­de­main de la dis­pa­ri­tion.

Le Figaro - - SOCIÉTÉ - AN­GÉ­LIQUE NÉGRONI ane­gro­ni@le­fi­ga­ro.fr

JUS­TICE Il se dit in­no­cent se­lon ses propres dé­cla­ra­tions et il reste le sus­pect nu­mé­ro un aux yeux des en­quê­teurs. Mais pour les dé­te­nus de la pri­son de Varces, il est cou­pable. Écroué de­puis le 3 sep­tembre der­nier dans cet éta­blis­se­ment pé­ni­ten­tiaire de l’Isère, Nor­dahl L., cet an­cien mi­li­taire de 34 ans soup­çon­né d’avoir en­le­vé et sé­ques­tré Maë­lys, cette fillette de 9 ans, lors d’un ma­riage à Pont-deBeau­voi­sin (Isère) fin août, a en ef­fet re­çu de mul­tiples me­naces de mort en cel­lule. Or­di­naires dans ce genre d’af­faire où il est ques­tion d’en­fant, elles ont contraint l’ad­mi­nis­tra­tion à ré­agir. Celle-ci a dé­ci­dé le trans­fert de Nor­dahl L. qui, pla­cé à l’iso­le­ment, a re­joint jeu­di dans le même dé­par­te­ment, le centre pé­ni­ten­tiaire de Saint-Quentin-Fal­la­vier. Cette struc­ture plus mo­derne et plus grande per­met de mieux le pro­té­ger.

Sur le fond, l’en­quête dé­signe plus que ja­mais ce der­nier comme le sus­pect nu­mé­ro un. Des images entre les mains des en­quê­teurs ac­cen­tuent le ma­laise pro­vo­qué par ses pre­mières dé­cla­ra­tions. Alors que dès le len­de­main de la fête du ma­riage, il avait ad­mis avoir net­toyé sa voi­ture dans la­quelle la fillette était mon­tée un ins­tant lors de la soi­rée, se­lon lui, une vi­déo cor­ro­bore ses dé­cla­ra­tions. Is­sus de la ca­mé­ra de vi­déo­sur­veillance d’une sta­tion de la­vage au­to, ces cli­chés ont de­puis été vi­sion­nés par les gen­darmes qui les ont ré­cu­pé­rés.

Chro­no­lo­gie des faits

Ce 27 août vers 17 heures, on y voit alors Nor­dahl L. bri­quer son Audi A3 avec un soin tout par­ti­cu­lier. Il s’at­tarde et s’acharne même dans le coffre mais aus­si au ni­veau de la por­tière pas­sa­ger. Sur­tout, il uti­lise un pro­duit par­ti­cu­liè­re­ment abra­sif des­ti­né en gé­né­ral au net- toyage des jantes. En tant qu’an­cien maître-chien, sa­vait-il que ce puis­sant dé­ter­gent neu­tra­li­se­rait le flair des chiens lan­cés à la re­cherche de la fillette ?

Pour Me Fa­bien Ra­jon, l’avo­cat des pa­rents de Maë­lys, ce film est ac­ca­blant. Il conforte leur convic­tion se­lon la­quelle cet homme de 34 ans est for­cé­ment im­pli­qué dans l’af­faire. « À mi­ni­ma comme té­moin », ajoute le conseil en ex­hor­tant le sus­pect à par­ler « pour faire jaillir la vé­ri­té ». Pour l’avo­cat, tous les élé­ments qui s’ac­cu­mulent dans le dos­sier au fil des se­maines af­fai­blissent un peu plus à chaque fois la ver­sion de Nor­dahl L. La té­lé­pho­nie ex­ploi­tée par les gen­darmes sus­cite no­tam­ment des in­ter­ro­ga­tions. Il ap­pa­raît qu’un des deux por­tables de l’an­cien mi­li­taire avait ac­ti­vé une borne en de­hors de la salle des fêtes au mo­ment où ce­lui-ci avait dit s’y trou­ver. S’at­te­lant à un mi­nu­tieux tra­vail re­la­tif à la chro­no­lo­gie des faits, les en­quê­teurs vont aus­si ex­ploi­ter d’autres vi­déos no­tam­ment celles prises du­rant le ma­riage.

Sur le ter­rain, les re­cherches se pour­suivent pour re­trou­ver trace de l’en­fant. Plu­sieurs équipes se sont der­niè­re­ment re­layées pour fouiller les eaux du lac d’Ai­gue­be­lette en Sa­voie, proche de l’en­droit de la dis­pa­ri­tion de la fillette et du do­mi­cile du prin­ci­pal sus­pect. Deux so­nars ve­nus de Stras­bourg et de Suisse ont aus­si été uti­li­sés pour son­der les eaux pro­fondes de cette pièce d’eau. Mais au terme d’un tra­vail mi­nu­tieux, les re­cherches se sont ré­vé­lées in­fruc­tueuses. Un autre lac, le lac de Ro­ma­gnieu si­tué à quelques en­ca­blures du pre­mier, mo­bi­li­sait tou­jours en fin de se­maine les plon­geurs.

Deux so­nars ve­nus de Stras­bourg et de Suisse ont été uti­li­sés pour son­der les eaux du lac d’Ai­gue­be­lette, en Sa­voie.

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