Thales noue une al­liance dans le spa­tial aux États-Unis

L’ac­cord avec Spa­ce­Flight pré­voit le dé­ploie­ment d’une constel­la­tion de 60 sa­tel­lites d’ob­ser­va­tion de la Terre.

Le Figaro - - ENTREPRISES - VÉ­RO­NIQUE GUILLERMARD @vguiller­mard

SPA­TIAL Le groupe de dé­fense et hautes technologies Thales et son ho­mo­logue l’ita­lien Leo­nar­do ont an­non­cé, ven­dre­di 15 sep­tembre, une al­liance ma­jeure avec un ac­teur du « new space » amé­ri­cain, dans l’ob­ser­va­tion de la Terre. Leurs deux fi­liales com­munes, le fa­bri­cant de sa­tel­lites Thales Ale­nia Space (TAS) et la so­cié­té de ser­vices Te­les­pa­zio, prennent en­semble une par­ti­ci­pa­tion mi­no­ri­taire, d’une va­leur de quelques di­zaines de mil­lions d’eu­ros, au ca­pi­tal de Spa­ce­Flight In­dus­tries (SFI), une start-up née en 1999, dont le but est de « dé­mo­cra­ti­ser » les images de la pla­nète prises de­puis l’es­pace.

En en­trant au ca­pi­tal de SFI, TAS et Te­les­pa­zio ap­portent leur cré­di­bi­li­té et leur force de frappe in­dus­trielle et com­mer­ciale au pro­jet Bla­ckS­ky, ima­gi­né en 2014 par Jason An­drews, PDG de SFI. Il s’agit d’une fu­ture constel­la­tion de 60 mi­cro­sa­tel­lites, de la classe des 5075 tonnes, tour­nant au­tour de la Terre en or­bite basse (entre 400 et 700 km d’al­ti­tude) et ca­pables d’of­frir une vi­sion en qua­si conti­nu de lieux pré­cis du globe ter­restre, grâce à « un taux de re­vi­site » éle­vé.

Images sur In­ter­net

« C’est une ca­rac­té­ris­tique as­sez unique de la constel­la­tion : les sa­tel­lites, do­tés d’une ré­so­lu­tion d’un mètre, se­ront ca­pables de re­pas­ser au­des­sus d’un même lieu avec une pé­rio­di­ci­té in­fé­rieure à une heure », ex­plique-t-on chez TAS. Les images col­lec­tées ali­men­te­ront la pla­te­forme Bla­ckS­ky, ac­ces­sible sur In­ter­net. Elles se­ront ados­sées à des ou­tils d’ana­lyses et à des banques de don­nées (big da­ta), ain­si qu’aux ré­seaux so­ciaux. Les droits d’uti­li­sa­tion et d’ac­cès à cette « mar­ket­place » d’images spatiales se­ront mo­du­lés en fonc­tion des clients, que sont les gou­ver­ne­ments, agences, ar­mées, en­tre­prises mon­dia­li­sées et par­ti­cu­liers. Ces der­niers pour­ront en ob­te­nir pour 90 eu­ros. Te­les­pa­zio pi­lo­te­ra la com­mer­cia­li­sa­tion des images, tan­dis que TAS fa­bri­que­ra les sa­tel­lites dans le cadre d’une joint-ven­ture avec SFI. La pro­duc­tion doit com­men­cer cou­rant 2018 dans une nou­velle usine, qui de­vrait s’ins­tal­ler à Seat­tle, siège de SFI, et haut lieu du « new space » avec le QG de Blue Ori­gins, la so­cié­té spa­tiale de Jeff Be­zos, le pa­tron d’Ama­zon. Spé­cia­liste des constel­la­tions - Glo­bal Star (48 sa­tel­lites four­nis), O3B (20) et Iri­dium (81) -, TAS ap­porte son ex­pé­rience dans la fa­bri­ca­tion en série de sa­tel­lites, ses pro­cess in­dus­triels et sa mé­tho­do­lo­gie « ac­quis de­puis des an­nées et en nous ins­pi­rant des mé­thodes uti­li­sées dans l’aé­ro­nau­tique et l’au­to­mo­bile », pré­cise TAS. Mais c’est la pre­mière fois que la so­cié­té fran­co-ita­lienne construi­ra des sa­tel­lites aus­si pe­tits. Les pre­miers d’entre eux doivent être dé­ployés en or­bite, entre 2019 et 2020.

L’ac­cord re­pré­sente pour TAS « une pre­mière étape dans sa stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment sur le mar­ché de l’ob­ser­va­tion de la Terre et de trans­for­ma­tion de la so­cié­té vis-à-vis du new space ». Les be­soins se dé­mul­ti­plient en ma­tière de sur­veillance et d’ob­ser­va­tion de la pla­nète. Un mar­ché où les pe­tits sa­tel­lites au­ront un rôle à jouer. Pour Thales, il s’agit aus­si de ne pas se lais­ser dis­tan­cer sur le seg­ment très ac­tif des mi­ni­sa­tel­lites (es­ti­mé à 30 mil­liards de dol­lars sur dix ans par Eu­ro­con­sult) après la per­cée réa­li­sée par Air­bus qui est de­ve­nu le par­te­naire in­dus­triel clef du pro­jet OneWeb. Il vise à ap­por­ter l’In­ter­net sur toute la pla­nète, via une flotte de près de 1 000 mi­ni­sa­tel­lites (lire nos édi­tions du 19 mai).■

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