Na­tu­rex re­trouve l’ap­pé­tit

Le fa­bri­cant d’in­gré­dients na­tu­rels se ren­force aux États-Unis, son pre­mier mar­ché.

Le Figaro - - ENTREPRISES - ALIETTE DE BROQUA

IN­DUS­TRIE Coup double pour Na­tu­rex qui re­part de l’avant. L’en­tre­prise d’in­gré­dients na­tu­rels pour l’agroa­li­men­taire re­prend l’ac­ti­vi­té in­dus­trielle du ca­li­for­nien Ha­li­bur­ton In­ter­na­tio­nal Foods, qui pré­pare des so­lu­tions na­tu­relles à base de lé­gumes avec une tech­no­lo­gie que Na­tu­rex ne pos­sé­dait pas.

Le Fran­çais a aus­si ra­che­té les 49% qu’elle ne dé­te­nait pas dans Chile Bo­ta­nics, une joint-ven­ture au Chi­li. Na­tu­rex est par ailleurs en­tré en né­go­cia­tion ex­clu­sive pour le ra­chat d’une ac­ti­vi­té de spé­cia­li­tés na­tu­relles à base de fruits et d’un outil in­dus­triel aux États-Unis. Elle in­ves­tit en outre dans ses usines amé­ri­caines de sa fi­liale Ve­ge­tables Juice. aux pro­duits secs. «Les États-Unis se­ront un vec­teur de crois­sance très fort pour Na­tu­rex dans les an­nées à ve­nir », sou­ligne Oli­vier Ri­gaud, le di­rec­teur gé­né­ral.

Forte crois­sance

Na­tu­rex es­père ain­si pro­fi­ter de la de­mande crois­sante de pro­duits na­tu­rels et bio aux États-Unis. Pas ques­tion pour l’en­tre­prise fran­çaise d’af­fron­ter les géants du sec­teur sur des seg­ments à gros vo­lumes. La so­cié­té, qui réa­lise dé­jà 44% de ses ventes, en­tend se fo­ca­li­ser sur des niches à fortes marges grâce à une «offre dif­fé­ren­ciante », comme le jus de concombre mé­lan­gé à d’autres jus et à des com­plé­ments.

Créée en 1992, l’en­tre­prise a réa­li­sé un chiffre d’af­faires de 404 mil­lions d’eu­ros l’an der­nier. Mais la dis­pa­ri­tion de son fon­da­teur, Jacques Di­kans­ky, en 2012, a pro­vo­qué un chan­ge­ment d’ac­tion­naires : la fa­mille belge Lip­pens (Groupe Fi­na­sucre) a re­pris la par­ti­ci­pa­tion de la fa­mille du créa­teur, et le groupe Ca­ra­velle et Bpi­france ont fait leur en­trée dans le ca­pi­tal.

Ce chan­ge­ment est ar­ri­vé après des an­nées de crois­sance ef­fré­née. Il a fal­lu aus­si ra­tio­na­li­ser l’or­ga­ni­sa­tion et les gammes. « Au­jourd’hui, nous avons 7000 ré­fé­rences de pro­duits, la ra­tio­na­li­sa­tion est qua­si­ment ter­mi­née », dit Oli­vier Ri­gaud. Il y en avait 30000 il y a quelques an­nées! Les coûts ont en outre été pas­sés à la paille de fer et les pro­cess in­dus­triels op­ti­mi­sés. Ce­la pèse sur le ni­veau de ventes, stables au pre­mier se­mestre 2017, à 207,5 mil­lions, et sur le ré­sul­tat net, en re­cul de 12,7% à 10,7 mil­lions d’eu­ros. Mais la marge d’Ebit­da opé­ra­tion­nel, la marge pro­gresse de 16 % à 16,6 %.

« Après avoir ache­vé la re­struc­tu­ra­tion, le temps est ve­nu de la dy­na­mi­sa­tion de notre pipe com­mer­cial », lance Oli­vier Ri­gaud. Dix­huit études cli­niques en cours qui de­vraient dé­bou­cher sur de nou­veaux pro­duits d’ici à la fin de l’an­née. Dans la droite ligne de la stra­té­gie d’in­no­va­tion ou­verte, un «par­te­na­riat ma­jeur» de­vrait en outre être an­non­cé bien­tôt et un autre avant la fin de l’an­née.

« Au­jourd’hui, nous avons 7 000 ré­fé­rences de pro­duits, la ra­tio­na­li­sa­tion est qua­si­ment » ter­mi­née OLI­VIER RI­GAUD, DI­REC­TEUR GÉ­NÉ­RAL

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