Mieux que rien…

Le Figaro - - LA UNE - par Ar­naud de La Grange ade­la­grange@le­fi­ga­ro.fr

On le sait, Do­nald Trump ne goûte guère les do­cu­ments af­fi­chant plus d’une autre si­gna­ture à cô­té de la sienne. Un deal, ce­la se scelle à deux. Il n’aime pas les «clubs», hors ceux de ses golfs. Du cli­mat aux ac­cords de libre-échange, le 45e pré­sident amé­ri­cain s’est dé­jà at­ta­qué à plus d’un texte liant trop l’Amé­rique. Alors, quand il s’agit d’un pacte avec la fourbe Perse, il voit rouge… On convien­dra avec Trump que les bonnes in­ten­tions in­ter­na­tio­nales sont pa­vées de mau­vais ac­cords. Et que le mul­ti­la­té­ra­lisme par­fois dis­sout les vo­lon­tés. Mais, mal­gré ses dé­fauts, il reste sou­vent la meilleure fa­çon de s’en­tendre entre na­tions. Il en est ain­si de l’ac­cord sur le nu­cléaire ira­nien. Im­par­fait, mais es­sen­tiel. Le je­ter à la cor­beille se­rait une grave er­reur. Ce­la pro­vo­que­rait l’in­verse de l’ef­fet es­comp­té, en je­tant Té­hé­ran dans une nou­velle fuite en avant ato­mique. Et en bri­sant au pas­sage une uni­té in­ter­na­tio­nale du­re­ment ac­quise. Rai­son­né par ses gé­né­raux, comme lors­qu’il tem­pê­tait sur l’Otan, Trump n’a pas fran­chi la ligne rouge. Il s’at­taque à l’ac­cord, le fra­gi­lise, mais ne le tue pas. Pas en­core en tout cas. Tout le monde d’ailleurs s’ac­corde à dire que les Ira­niens jouent à peu près le jeu. Ce­la ne les blan­chit pas d’autres me­nées plus sombres. Irak, Sy­rie, Yé­men, par­tout les gar­diens de la ré­vo­lu­tion sont à la ma­noeuvre. Et Té­hé­ran se joue aus­si des in­jonc­tions de l’ONU à la re­te­nue ba­lis­tique. « Le ser­pent a beau chan­ger de peau, il reste le ser­pent», di­rait Trump, s’il était fé­ru de sa­gesse per­sane… Avec l’Iran, l’an­gé­lisme se­rait aus­si né­faste que l’hos­ti­li­té com­pul­sive. La po­li­tique étran­gère ne doit igno­rer ni les cartes ni l’His­toire. L’Iran est un grand pays qui ne peut être in­dé­fi­ni­ment re­pous­sé dans les marges. Em­ma­nuel Ma­cron a ain­si plai­dé pour un ré­équi­li­brage de nos re­la­tions au Moyen-Orient. En ho­no­rant nos vieilles al­liances avec les mo­nar­chies pé­tro­lières tout en par­lant à l’Iran. C’est cette ligne que doivent te­nir la France et l’Eu­rope, face aux ha­sar­deuses ad­mo­nes­ta­tions du pré­sident amé­ri­cain. ■

Trump fra­gi­lise l’ac­cord avec l’Iran mais ne le tue pas

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