Quand faut-il avoir re­cours à un ar­chi­tecte?

Le Figaro - - MARCHÉS - CA­RO­LINE MAZODIER

IM­MO­BI­LIER Si vous sou­hai­tez faire cons­truire, ré­no­ver ou agran­dir une mai­son, vous de­vez vous adres­ser à un ar­chi­tecte dès que le seuil de 150 m2 de sur­face de plan­cher est fran­chi. Faire ap­pel à ce pro­fes­sion­nel, c’est aus­si la ga­ran­tie que le pro­jet se­ra adap­té à vos be­soins, à votre bud­get et à l’en­vi­ron­ne­ment du bien.

1 Dans quel cas l’ar­chi­tecte est-il obli­ga­toire ?

De­puis le 1er mars 2017, les par­ti­cu­liers ont l’obli­ga­tion de s’adres­ser à un ar­chi­tecte pour faire cons­truire ou mo­di­fier des bâ­ti­ments non agri­coles dont la sur­face de plan­cher ex­cède 150 m2 (pour les bâ­ti­ments agri­coles, le seuil est de 800 m2). Avant, ce seuil était de 170 m2. La me­sure s’ap­plique aus­si aux tra­vaux d’ex­ten­sion s’ils conduisent la sur­face de plan­cher ou l’em­prise au sol à dé­pas­ser 150 m2. Par sur­face de plan­cher, on en­tend les sur­faces closes et cou­vertes après dé­duc­tion no­tam­ment de l’épais­seur des murs et des sur­faces d’une hau­teur in­fé­rieure ou égale à 1,80 m. Quant à l’em­prise au sol, il s’agit de la pro­jec­tion de l’ombre au sol du lo­ge­ment quand le so­leil est à la ver­ti­cale. At­ten­tion, une per­sonne mo­rale, par exemple une so­cié­té ci­vile im­mo­bi­lière, doit sys­té­ma­ti­que­ment pas­ser par un ar­chi­tecte pour tout pro­jet sou­mis à un per­mis de cons­truire, quelle que soit sa sur­face! Et si vous construi­sez dans un site clas­sé ou si vous ré­no­vez un bâ­ti­ment his­to­rique, l’avis de l’ar­chi­tecte des bâ­ti­ments de France (ABF) est obli­ga­toire. Vous pou­vez, bien sûr, dé­ci­der de faire ap­pel à un ar­chi­tecte en des­sous de ce seuil lé­gal. En re­tour, l’au­to­ri­té qui dé­livre le per­mis de cons­truire (le maire ou, plus ra­re­ment, le pré­fet) peut ré­duire le dé­lai d’ins­truc­tion, compte te­nu de la faible im­por­tance de votre pro­jet. Sans tou­te­fois y être obli­gée.

2 Comment trou­ver un pro­fes­sion­nel de qua­li­té ?

Pour toute construc­tion su­pé­rieure à 150 m2, vous de­vez faire ap­pel à un ar­chi­tecte di­plô­mé d’État (DE) ou di­plô­mé par le gou­ver­ne­ment (DPLG, qui était le titre dé­li­vré avant 2007), ins­crit à l’ordre des ar­chi­tectes. Pour choi­sir un pro­fes­sion­nel, hor­mis le bou­cheà-oreille, vous pou­vez consul­ter le site ar­chi­tectes-pour-tous.fr, créé par l’ordre. Se­lon votre be­soin (construc­tion neuve ou ré­no­va­tion) et la lo­ca­li­sa­tion du pro­jet, il vous pro­pose des listes de pro­fes­sion­nels et d’agences d’ar­chi­tec­ture proches de chez vous avec des vi­suels de leurs réa­li­sa­tions. Il est aus­si pos­sible d’ob­te­nir gra­tui­te­ment des conseils au­près du Con­seil d’ar­chi­tec­ture, d’ur­ba­nisme et de l’en­vi­ron­ne­ment de votre dé­par­te­ment (fn­caue.as­so.fr) ou des Mai­sons de l’ar­chi­tec­ture, dans la plu­part des ré­gions (ma­le­re­seau.org).

3 Quel bud­get faut-il pré­voir ?

Les ho­no­raires d’ar­chi­tecte sont libres et s’éta­blissent prin­ci­pa­le­ment au for­fait, ou au pour­cen­tage du coût des tra­vaux. La ré­mu­né­ra­tion au for­fait est sou­vent uti­li­sée pour une sur­face de construc­tion in­fé­rieure à 150 m2 et pour les bud­gets ser­rés. Mais des ta­rifs au mètre car­ré peuvent éga­le­ment être pra­ti­qués pour les pe­tites sur­faces. La ré­mu­né­ra­tion au pour­cen­tage du mon­tant des tra­vaux est la for­mule re­te­nue dans les autres cas. En gé­né­ral, c’est le coût glo­bal qui sert d’as­siette, mais une mo­du­la­tion du taux par tranche est pos­sible. Par exemple : 15 % d’ho­no­raires de 30 000 à 100 000 € HT, 13 % de 100 000 à 150 000 € HT, 10 % de 150000 à 250 000 € HT, 7% au­de­là de 250 000 € HT. En­fin, les ar­chi­tectes ap­pliquent des ho­no­raires à la va­ca­tion pour les mis­sions courtes, comme du con­seil ou de l’ex­per­tise. Dans tous les cas, la conven­tion que vous si­gnez avec l’ar­chi­tecte doit men­tion­ner son mode de ré­mu­né­ra­tion et ses ho­no­raires. Pour ce­la, sa­chez que ses ta­rifs dé­pendent de sa re­nom­mée, de sa ré­gion d’exer­cice, du coût fi­nan­cier de l’opé­ra­tion, de l’éten­due et de la dif­fi­cul­té de la mis­sion que vous lui confiez. Il est dif­fi­cile de connaître le coût fi­nal de la construc­tion tant que les en­tre­prises consul­tées n’ont pas en­core four­ni leurs de­vis. Il est donc conseillé de pré­voir une clause spé­ci­fiant que la ré­mu­né­ra­tion de l’ar­chi­tecte ini­tia­le­ment pré­vue se­ra di­mi­nuée si le coût to­tal de l’ou­vrage dé­passe une marge dite « de to­lé­rance » (10 %, par exemple, entre le prix es­ti­mé et le prix réel). Dans tous les cas, gar­dez à l’es­prit que le coût d’un ar­chi­tecte est en par­tie com­pen­sé par les éco­no­mies qu’il vous per­met de réa­li­ser : baisse des ta­rifs de construc­tion grâce à la mise en concur­rence de plu­sieurs en­tre­prises, éco­no­mies d’éner­gie dues à la concep­tion de so­lu­tions tech­niques per­for­mantes… Sans comp­ter le gain de temps !

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