Fis­ca­li­té du ca­pi­tal : une baisse pour do­per la crois­sance

La ré­forme de l’ISF et le pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique doivent dy­na­mi­ser l’éco­no­mie fran­çaise.

Le Figaro - - LA UNE - PAGES 22, 23 ET L’ÉDITORIAL

Alors qu’il pré­sen­tait, mar­di, son plan en fa­veur des quar­tiers en dif­fi­cul­té, Em­ma­nuel Ma­cron a ré­pon­du une nou­velle fois aux cri­tiques sur la de­mi-sup­pres­sion de l’ISF et l’ins­tau­ra­tion d’une flat tax de 30% sur les re­ve­nus du ca­pi­tal. Le chef de l’État fait le pa­ri que ces me­sures pro­fi­te­ront à l’en­semble de l’éco­no­mie.

FIS­CA­LI­TÉ Alors qu’il pré­sen­tait son plan en fa­veur des quar­tiers en dif­fi­cul­té, Em­ma­nuel Ma­cron a ré­pon­du une nou­velle fois, ce mar­di, aux cri­tiques de l’op­po­si­tion (de droite comme de gauche) sur ses me­sures fis­cales, de­mi-sup­pres­sion de l’ISF et flat tax de 30 % sur les re­ve­nus du ca­pi­tal. Des me­sures en fa­veur des « pre­miers de cor­dée », pour re­prendre l’ex­pres­sion du chef de l’État, dont la ma­jo­ri­té, de­puis la pré­sen­ta­tion du pro­jet de bud­get 2018 fin sep­tembre, mar­tèle qu’elles se­ront bonnes pour tous. « Je ne sais pas ce que ce­la veut dire d’avoir une po­li­tique pour les riches », a rap­pe­lé le pré­sident de la Ré­pu­blique.

Certes, les ef­fets di­rects des baisses d’im­pôts se­ront ci­blés sur un nombre res­treint de contri­buables. D’abord aux 350 000 as­su­jet­tis à l’ISF, qui ne paie­ront plus d’im­pôt sur la for­tune que sur leur pa­tri­moine im­mo­bi­lier via le nou­vel IFI (im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière). En­suite aux di­zaines de mil­liers de contri­buables dé­te­nant des ac­tions, donc in­ves­tis­sant dans les en­tre­prises, no­tam­ment fran­çaises, qui pro­fi­te­ront de la mise en place du pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU) de 30 %. Un pro­grès, alors que sous Fran­çois Hol­lande, et jus­qu’au 31 dé­cembre 2017, les di­vi­dendes pou­vaient être taxés jus­qu’à un taux mar­gi­nal de 62 %, rédhi­bi­toire pour l’in­ves­tis­seur.

« Com­bi­né à la mise en place de l’IFI, l’ef­fet at­trac­tif du PFU est très po­si­tif, juge Gaëlle Me­nu-Le­jeune, avo­cate fis­ca­liste chez Fi­dal. En tout état de cause, en termes d’image fis­cale, la France est sus­cep­tible de re­trou­ver une place moins dé­gra­dée. » Une at­trac­ti­vi­té fis­cale qui de­vrait créer 50 000 em­plois et dy­na­mi­ser la crois­sance de 0,5 point de PIB à long terme, se­lon la pro­messe de Ber­cy. Une évo­lu­tion si­gni­fi­ca­tive rap­por­tée au 1,8 % de pro­gres­sion at­ten­due de l’éco­no­mie cette an­née. Et ce, pour un coût mo­dique pour les fi­nances pu­bliques.

Hausse de la CSG

La ré­forme de l’ISF coû­te­ra en ef­fet 3,2 mil­liards d’eu­ros par an à l’État et celle du PFU 1,3 mil­liard en 2018 puis 1,9 mil­liard par an à par­tir de 2019. Un coût com­pen­sé, pour cette deuxième ré­forme, par la hausse de la CSG de 1,7 point sur les re­ve­nus du ca­pi­tal, qui rap­por­te­ra 1,4 mil­liard pour les seuls re­ve­nus fi­nan­ciers vi­sés par le PFU.

Ces ré­formes de la fis­ca­li­té du ca­pi­tal crée­ront tou­te­fois des per­dants. Les Fran­çais qui vou­dront ef­fec­tuer des ver­se­ments de plus de 150 000 eu­ros vers leur as­su­ran­ce­vie paie­ront dé­sor­mais 30 % d’im­pôt au lieu de 23 %. Quant à ceux qui ont in­ves­ti dans l’im­mo­bi­lier, ils su­bi­ront une hausse de 1,7 point de la CSG sur leurs re­ve­nus fon­ciers.

Ni­co­las Sar­ko­zy, Fran­çois Hol­lande et Em­ma­nuel Ma­cron.

SÉ­BAS­TIEN SO­RIA­NO, FRAN­ÇOIS BOU­CHON/ LE FI­GA­RO ; AFP

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