Reb­sa­men: «La po­li­tique in­té­rieure est in­juste so­cia­le­ment»

Le Figaro - - POLITIQUE - CHARLES SA­PIN @csa­pin

EN AVRIL der­nier, le maire PS de Di­jon, Fran­çois Reb­sa­men, avait ten­du une main à Em­ma­nuel Ma­cron, ca­pable se­lon lui «de ras­sem­bler les pro­gres­sistes de tous bords ». Sur le pla­teau du «Talk Le Fi­ga­ro », l’an­cien mi­nistre du Tra­vail ferme le poing. « La po­li­tique in­té­rieure est in­juste so­cia­le­ment et in­juste fis­ca­le­ment. Je ne com­prends pas que l’on puisse sup­pri­mer l’ISF, que l’on donne un chèque de 1,5 mil­lion d’eu­ros à cent per­sonnes par­mi les plus for­tu­nées de France et qu’on de­mande des ef­forts aux re­trai­tés. Ça ne cor­res­pond pas à l’image que je me fai­sais d’Em­ma­nuel Ma­cron. »

Pré­sident de Di­jon mé­tro­pole, l’édile se fait le porte-voix de « maires de tous bords, en co­lère». Rap­pe­lant l’ef­fort de­man­dé aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales lors du quin­quen­nat pré­cé­dent de l’ordre de 10 mil­liards d’eu­ros, Fran­çois Reb­sa­men ne com­prend pas pour­quoi «les com­munes fe­raient des ef­forts sup­plé­men­taires, alors que l’État ne les fait pas lui-même ».

« Stéphane Le Foll fe­rait très bien l’af­faire »

Em­ma­nuel Ma­cron a de­man­dé en juillet 13 mil­liards d’eu­ros d’éco­no­mies aux col­lec­ti­vi­tés sur la du­rée du quin­quen­nat. « Un acharnement, in­com­pré­hen­sible au mo­ment où la crois­sance re­vient», ton­net-il, à l’ap­proche du congrès des maires de France. Contre la po­li­tique du gou­ver­ne­ment et pour pré­pa­rer l’«échéance im­por­tante des mu­ni­ci­pales où la sur­vie du PS peut se jouer », Fran­çois Reb­sa­men ap­pelle son par­ti à « ti­rer les le­çons du pas­sé, faire un exa­men ex­haus­tif du bi­lan de Fran­çois Hol­lande et des évo­lu­tions de la so­cié­té. Sans peur et sans ta­bou. »

Un chan­tier qui de­vrait être au coeur du congrès so­cia­liste au mois de mars pro­chain. Une nou­velle di­rec­tion du PS y se­ra dé­si­gnée. Le maire de Di­jon pousse son ami Stéphane Le Foll à prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés : «Il faut quel­qu’un qui ait de l’ex­pé­rience. Il fe­rait très bien l’af­faire. Nous sommes dans une pé­riode tran­si­toire, de re­cons­truc­tion, où il pour­rait ras­sem­bler. »

Té­moins des am­bi­tions de la jeune garde, qui es­père elle aus­si prendre les rênes de la Rue de Sol­fe­ri­no, Fran­çois Reb­sa­men tem­père : « Il faut quel­qu’un qui puisse por­ter cette gé­né­ra­tion. Les faire émer­ger pour le pro­chain congrès, pas ce­lui-là, ce­lui d’après, trans­mettre le flam­beau.» Pas sûr que les in­té­res­sés l’en­tendent de cette oreille.

SÉ­BAS­TIEN SO­RIA­NO/LE FI­GA­RO

FRAN­ÇOIS REB­SA­MEN, hier, dans le stu­dio du Fi­ga­ro.

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