Alexis Tsi­pras dis­tri­bue des ca­deaux aux Grecs les plus dé­mu­nis avant Noël

Le pre­mier mi­nistre a an­non­cé 1,4 mil­liard d’eu­ros d’aides so­ciales.

Le Figaro - - ÉCONOMIE - ALEXIA KEFALAS @alexiaKe­fa­las ATHÈNES

EU­ROPE Se­rait-ce Noël avant l’heure ? Cer­tains dé­pu­tés s’in­ter­ro­geaient mar­di à la Vou­li - le Par­le­ment grec - après l’an­nonce d’Alexis Tsi­pras lors d’une in­ter­ven­tion té­lé­vi­sée sur­prise d’une sé­rie de me­sures de sou­tien so­cial d’un mon­tant de 1,4 mil­liard d’eu­ros. Cette somme pro­vient, se­lon le pre­mier mi­nistre grec, des per­for­mances bud­gé­taires de 2017, puisque le pays a lar­ge­ment dé­pas­sé l’ob­jec­tif d’ex­cé­dent de 1,75 % du PIB im­po­sé par les créan­ciers pu­blics du pays. Cette somme doit donc être re­dis­tri­buée aux couches po­pu­laires », a dé­cla­ré Alexis Tsi­pras avant de dé­tailler la ré­par­ti­tion : 720 mil­lions se­ront des­ti­nés à sou­te­nir les mé­nages dont les re­ve­nus an­nuels ne dé­passent pas 18 000 eu­ros, ce qui concerne 3,4 mil­lions de per­sonnes. Une ligne de 315 mil­lions se­ra af­fec­tée au rem­bour­se­ment de dé­penses de san­té im­po­sées aux pe­tits re­trai­tés. En­fin, DEI, la com­pa­gnie pu­blique d’élec­tri­ci­té sur­en­det­tée, re­ce­vra pour sa part 360 mil­lions pour sub­ven­tion­ner les ta­rifs fa­vo­rables ac­cor­dés aux plus vul­né­rables.

Il n’en fal­lait pas plus à l’op­po­si­tion conser­va­trice de Nou­velle Dé­mo­cra­tie pour crier à l’en­tour­loupe po­li­tique. « Tsi­pras est un ma­gi­cien. Seul un pres­ti­di­gi­ta­teur peut nous dire que le pays a dé­cro­ché un sur­plus bud­gé­taire, alors qu’il n’y a pas de crois­sance ! On n’a ja­mais vu de tel men­teur ! », s’étrangle Ado­nis Geor­gia­dis, vice-pré­sident de Nou­velle Dé­mo­cra­tie. Le par­ti d’op­po­si­tion, comme la plu­part des par­tis, adop­te­ra le pro­jet de loi, mais reste scep­tique quant à la fa­çon dont le gou­ver­ne­ment fait ses comptes. « En réa­li­té, il n’y a que 720 mil­lions d’eu­ros qui sont réel­le­ment dis­tri­bués pour 3,4 mil­lions de per­sonnes et pas de contri­buables », avance An­dréas Dri­mio­tis, ana­lyste po­li­tique. « Ce­la re­vient à 212 eu­ros par foyer ver­sé qu’une seule fois. Quand on sait que les plus dé­mu­nis sont sur­tout des per­sonnes sur­en­det­tées, ce ne sont donc pas les 212 eu­ros qui vont les sau­ver. Il y a là clai­re­ment une ma­noeuvre po­li­tique du pre­mier mi­nistre qui a, sans doute, en­vie de dé­clen­cher des élec­tions lé­gis­la­tives an­ti­ci­pées ».

Cal­culs élec­to­raux ou pas, cette opé­ra­tion n’est pas une pre­mière. Alexis Tsi­pras avait dé­jà pro­cé­dé à l’oc­troi de me­sures so­ciales en dé­cembre 2016, en of­frant 617 mil­lions d’eu­ros aux re­trai­tés. Ces me­sures at­testent « des prio­ri­tés po­li­tiques et so­ciales » du gou­ver­ne­ment, le seul is­su de la gauche ra­di­cale dans l’UE, a dé­fen­du le pre­mier mi­nistre, dis­tan­cé dans les son­dages par l’op­po­si­tion de droite.

Cette an­nonce in­ter­vient dans un contexte éco­no­mique plus fa­vo­rable, alors que le pays, sous tu­telle de ses créan­ciers in­ter­na­tio­naux de­puis 2010, se pré­pare à re­trou­ver son au­to­no­mie fi­nan­cière. Le re­tour sur les mar­chés est pré­vu en août 2018. Après une hausse du PIB de 1,6 % cette an­née, la crois­sance de­vrait ac­cé­lé­rer à 2,5 %, se­lon les pré­vi­sions de la Com­mis­sion eu­ro­péenne pu­bliées la se­maine der­nière.

La plu­part des par­tis res­tent scep­tiques quant à la fa­çon dont le gou­ver­ne­ment fait ses comptes

XIN­HUA/NEWSCOM/ ABACA

Alexis Tsi­pras, lors d’une confé­rence té­lé­vi­sée, lun­di à Athènes.

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