La Banque de France ac­cé­lère la re­struc­tu­ra­tion de son ré­seau

Elle s’ap­prête à fer­mer des caisses et à sup­pri­mer 200 postes. Les syn­di­cats s’in­quiètent.

Le Figaro - - ENTREPRISES - DA­NIÈLE GUI­NOT @da­nie­le­gui­not

FI­NANCE La Banque de France ac­cé­lère sa mo­der­ni­sa­tion. Et ce­la in­quiète les syn­di­cats. Comme pré­vu dans le cadre de son plan de trans­for­ma­tion 2012-2020, elle s’ap­prête à fer­mer treize nou­velles caisses en deux ans. Ces caisses, pré­sentes dans des agences de la banque cen­trale, sont char­gées du tri des billets. Mais leur tâche est dé­sor­mais de plus en plus au­to­ma­ti­sée. En pa­ral­lèle, six agences spé­cia­li­sées dans les en­tre­prises (ap­pe­lées an­tennes éco­no­miques à la Banque de France) fer­me­ront éga­le­ment leurs portes. Pour au­tant, la Banque de France conser­ve­ra « une cou­ver­ture du ter­ri­toire très dense, avec au moins une suc­cur­sale par dé­par­te­ment (105 suc­cur­sales et 88 an­tennes de proxi­mi­té et bu­reaux d’ac­cueil), pré­cise-t-on à la banque cen­trale. Les ser­vices aux par­ti­cu­liers, aux en­tre­prises et, plus gé­né­ra­le­ment, aux dé­ci­deurs éco­no­miques lo­caux sont tous main­te­nus et mo­der­ni­sés. »

La re­struc­tu­ra­tion du ré­seau pas­se­ra par la sup­pres­sion de 200 postes, sans li­cen­cie­ments. La Banque de France, qui em­ploie 11690 per­sonnes, compte no­tam­ment sur les dé­parts en re­traite (très nom­breux en rai­son de la py­ra­mide des âges). Elle pro­po­se­ra éga­le­ment des re­clas­se­ments in­ternes et un plan de sau­ve­garde de l’em­ploi (PSE) se­ra mis en place. En pa­ral­lèle, la banque cen­trale re­cru­te­ra 1 000 per­sonnes.

« Sur­charge de tra­vail »

Ce qui est consi­dé­ré comme le « qua­trième plan so­cial en quinze ans » est contes­té par les syn­di­cats, qui ont or­ga­ni­sé une grève d’une heure mar­di ma­tin (sui­vie à 60% se­lon les syn­di­cats et à 13% se­lon la di­rec­tion). «Nous ne sommes pas op­po­sés aux ré­formes in­dis­pen­sables, mais nous dé­non­çons l’ac­cé­lé­ra­tion de leur mise en oeuvre sans concer­ta­tion syn­di­cale», ex­plique Lau­rence Dhaus­sy, se­cré­taire gé­né­rale de la CFE-CGC. Les cadres se disent par­ti­cu­liè­re­ment ex­po­sés. « En plus de la ges­tion quo­ti­dienne des ac­ti­vi­tés avec des baisses d’ef­fec­tifs, des nou­veaux ou­tils et des nou­velles or­ga­ni­sa­tions, ils doivent por­ter une trans­for­ma­tion per­ma­nente et ra­pide, qui se tra­duit par une sur­charge de tra­vail pour les sa­la­riés et des burn-out», avance la res­pon­sable syn­di­cale.

Les sa­la­riés, qui bé­né­fi­cient d’un sta­tut par­ti­cu­lier, pro­tec­teur, savent que la di­gi­ta­li­sa­tion en cours de la banque (un res­pon­sable du di­gi­tal a été nom­mé il y a six mois) im­pli­que­ra de nou­veaux chan­ge­ments et sup­pres­sions de postes. Le plan pré­voit, en ef­fet, que les ef­fec­tifs tom­be­ront à 9800 en 2020, contre 16 500 fin 2002.

D’autres me­sures pour­raient suivre. Un rap­port très ré­cent de l’As­sem­blée na­tio­nale prône « la pour­suite de la ré­forme de la Banque de France», et «une vé­ri­table ré­flexion sur l’ave­nir du ré­seau, au-de­là de 2020, doit être lan­cée dans les plus brefs dé­lais ». Les syn­di­cats at­tendent aus­si avec in­quié­tude le pro­chain rap­port sur le su­jet de la Cour des comptes.

Les mis­sions de la Banque de France ont évo­lué de­puis le pas­sage à l’eu­ro. Elle est dé­sor­mais char­gée de mettre en oeuvre la po­li­tique mo­né­taire dé­ci­dée à Franc­fort par la BCE.

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