VERS UNE EM­BAUCHE RE­CORD DE CADRES EN 2018 LES GAULOIS N’ÉTAIENT PAS CEUX QU’ON CROYAIT

Entre 248 000 et 271 000 re­cru­te­ments de cadres sont at­ten­dus en 2018, se­lon l’Apec. Un re­cord. Les pé­nu­ries de main-d’oeuvre s’ac­croissent.

Le Figaro - - LA UNE - MA­NON MALHÈRE @Ma­nonMal­here

NOTRE SUP­PLÉ­MENT

EM­PLOI L’em­ploi des cadres de­vrait res­ter au beau fixe et même battre un nou­veau re­cord en 2018 ! Entre 248 000 et 271 000 em­bauches sont en ef­fet at­ten­dues cette an­née, se fé­li­cite l’As­so­cia­tion pour l’em­ploi des cadres (Apec) qui a pu­blié mer­cre­di ses pré­vi­sions de re­cru­te­ments. Dé­jà en 2017, l’em­ploi dans l’en­ca­dre­ment avait at­teint un ni­veau in­éga­lé, avec 240 100 re­cru­te­ments ex­ternes en­re­gis­trés, ce qui cor­res­pond à 53 800 créa­tions nettes de postes en te­nant compte des dé­mis­sions, li­cen­cie­ments et, dans une moindre me­sure, des dé­parts à la re­traite.

« La crois­sance est au ren­dez­vous, tous les in­di­ca­teurs éco­no­miques sont au vert, ce qui se tra­duit par un cli­mat des af­faires po­si­tif », ex­plique avec op­ti­misme le di­rec­teur gé­né­ral de l’Apec, Jean-Ma­rie Marx. L’As­so­cia­tion table d’ailleurs sur une « crois­sance pé­renne » qui pour­rait ain­si per­mettre aux en­tre­prises de re­cru­ter au­tant en 2019, puis 276 000 cadres en 2020. De quoi confor­ter un peu plus les cadres qui connaissent une si­tua­tion de plein-em­ploi, avec un taux de chô­mage de 3,5 %, loin du taux glo­bal de 9,7 % pré­va­lant en France.

Se­lon les pré­vi­sions de l’Apec qui se base sur une en­quête me­née au­près de 11 000 en­tre­prises, la ma­jo­ri­té des re­cru­te­ments de­vrait se faire dans le sec­teur des ser­vices, qui pour­rait à lui seul em­bau­cher jus­qu’à 196 600 cadres en 2018. Ce qui re­pré­sen­te­rait alors sept em­bauches sur dix sur le mar­ché. L’em­ploi cadre de­vrait éga­le­ment pro­gres­ser dans le sec­teur plus tra­di­tion­nel de l’in­dus­trie, avec une hausse des re­cru­te­ments qui pour­rait at­teindre 12 % comme en 2017. Ain­si que dans le com­merce et la construc­tion. Par mé­tiers, les en­tre­prises de­vraient conti­nuer à re­cru­ter mas­si­ve­ment des cadres exer­çant des fonc­tions in­for­ma­tiques, de re­cherche et du dé­ve­lop­pe­ment ain­si que com­mer­ciales.

Cette ten­dance à la hausse s’ob­serve sur tout le ter­ri­toire fran­çais mais à des rythmes dif­fé­rents. Sans grande sur­prise, la ré­gion Île-deF­rance de­vrait concen­trer à elle seule près d’un re­cru­te­ment sur deux cette an­née. La ré­gion Au­vergne-Rhône-Alpes se po­si­tion­ne­rait en deuxième po­si­tion sui­vie, cette an­née, de l’Oc­ci­ta­nie puis des ré­gions Hauts-de-France et Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur.

Un double dé­fi quan­ti­ta­tif et qua­li­ta­tif

Les dé­bu­tants et les se­niors de­vraient com­men­cer à pro­fi­ter de cette forte de­mande de cadres sur le mar­ché. Mais les en­tre­prises de­vraient conti­nuer à se fo­ca­li­ser sur les pro­fils dont l’ex­pé­rience os­cille entre une et dix an­nées d’ex­pé­rience, se­lon l’Apec.

Si ces ré­sul­tats sont par­ti­cu­liè­re­ment pro­met­teurs pour les pro­chaines an­nées, l’As­so­cia­tion ap­pelle tou­te­fois à la vi­gi­lance. Vic­time de son propre suc­cès, le mar­ché de l’em­ploi des cadres est sous ten­sion : les en­tre­prises ren­contrent de plus en plus de dif­fi­cul­tés à re­cru­ter pour cer­taines ac­ti­vi­tés, sou­ligne l’as­so­cia­tion. Cer­tains ob­ser­va­teurs es­timent même que ces be­soins en main-d’oeuvre non sa­tis­faits pour­raient alors avoir un ef­fet à la baisse sur la crois­sance éco­no­mique, en frei­nant l’ac­ti­vi­té des en­tre­prises. Le mar­ché du tra­vail des cadres fait en fait face à un double dé­fi quan­ti­ta­tif et qua­li­ta­tif. « Tout le monde va de­voir s’adap­ter à com­men­cer par les en­tre­prises, qui vont de­voir an­ti­ci­per leurs be­soins », aver­tit Jean-Ma­rie Marx.

L’in­ves­tis­se­ment dans la for­ma­tion en in­terne ain­si que le dé­ve­lop­pe­ment de l’al­ter­nance font par­tie des so­lu­tions. « Les re­cru­teurs vont éga­le­ment de­voir ac­cep­ter des pro­fils qui ne cor­res­pondent pas obli­ga­toi­re­ment à leurs be­soins », sou­ligne le di­rec­teur gé­né­ral. L’en­jeu s’an­nonce d’au­tant plus com­plexe que les cadres vont de­voir ac­qué­rir de nou­velles com­pé­tences, nu­mé­riques no­tam­ment, pour faire face à la trans­for­ma­tion pro­gres­sive des mé­tiers…

ERIC AUDRAS/ PHOTOALTO

Le sec­teur des ser­vices pour­rait à lui seul em­bau­cher jus­qu’à 196 600 cadres en 2018.

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