Paul-Hen­ri du Lim­bert, di­rec­teur dé­lé­gué des ré­dac­tions du « Fi­ga­ro »

Le di­rec­teur dé­lé­gué des ré­dac­tions du « Fi­ga­ro » s’est éteint mer­cre­di. Il avait re­joint le quo­ti­dien en 2000.

Le Figaro - - LA UNE - ANNE ROVAN ET MA­RION MOURGUE @An­neRo­van @Ma­rionMourgue

DIS­PA­RI­TION Il était un pi­lier de notre jour­nal, un « ca­deau » pour Le Fi­ga­ro. Paul-Hen­ri du Lim­bert s’est éteint dans la nuit de mar­di à mer­cre­di, em­por­té par une ma­la­die ful­gu­rante à l’âge de 58 ans.

Di­plô­mé d’une maî­trise de lettres et du Centre de for­ma­tion des jour­na­listes - pro­mo­tion 1985 -, il avait re­joint en 2000 Le Fi­ga­ro comme ré­dac­teur en chef pour co­di­ri­ger le Ser­vice po­li­tique avec Jean-Re­né Van der Plaet­sen. Il fut en­suite di­rec­teur ad­joint de la ré­dac­tion en charge des pages Po­li­tique, So­cié­té, Sciences ain­si que Dé­bats et Opi­nion. En 2014, Paul-Hen­ri du Lim­bert était pro­mu di­rec­teur dé­lé­gué des ré­dac­tions, au cô­té du di­rec­teur des ré­dac­tions Alexis Bré­zet.

La car­rière de Paul-Hen­ri du Lim­bert avait dé­bu­té en 1985 au bu­reau pa­ri­sien de l’agence As­so­cia­ted Press (AP). Il fut d’abord chef du ser­vice Étran­ger, en charge de l’Eu­rope de l’Ouest. C’est lui aus­si qui sui­vit pour AP le pro­cès de Klaus Bar­bie à la fin des an­nées 1980, avant de de­ve­nir chef du ser­vice Po­li­tique in­té­rieure de l’agence jus­qu’à son dé­part pour Le Fi­ga­ro.

La po­li­tique in­té­rieure était, avec la lit­té­ra­ture, la pas­sion de PaulHen­ri du Lim­bert. À l’an­nonce de sa dis­pa­ri­tion, de nom­breux di­ri­geants po­li­tiques lui ont d’ailleurs ren­du hom­mage. Dans beau­coup de ces té­moi­gnages, les mêmes mots re­viennent : l’élé­gance, l’hu­mour et le re­cul amu­sé. « PaulHen­ri, c’était l’élé­gance, l’hu­mour et la li­ber­té. Il je­tait un re­gard per­çant et avi­sé sur le théâtre po­li­tique dont il connais­sait par coeur les codes et les per­son­nages », confie Va­lé­rie Pé­cresse. « Por­teur de va­leurs fortes, il as­su­mait d’être un jour­na­liste d’opi­nion en­ga­gé. Pui­sant la pro­fon­deur de ses ana­lyses dans sa pas­sion pour l’his­toire et la lit­té­ra­ture, il dé­fen­dait une cer­taine idée de la France. Se fai­sant ro­man­cier, il nous ré­ga­lait chaque été avec ses feuille­tons vi­sion­naires et sa­vou­reux », se sou­vient la pré­si­dente de la ré­gion Îlede-France. « C’était un homme avec une vraie élé­gance de l’âme, qui sa­vait gar­der une dis­tance et un hu­mour sans ja­mais être cy­nique. Tout ce qu’il por­tait, il le por­tait avec constance et en­thou­siasme, que ce soit ses convic­tions ou les gens. Quand il ai­mait, il ai­mait vrai­ment », rap­pelle Laurent Wau­quiez, le pré­sident de LR. « PaulHen­ri du Lim­bert était un très grand jour­na­liste. J’ai­mais la fi­nesse et la clair­voyance de son ana­lyse po­li­tique », pré­cise Éric Ciot­ti, ques­teur à l’As­sem­blée.

« Un sei­gneur de l’écri­ture »

« Paul-Hen­ri, c’était l’élé­gance, l’hu­mour et la li­ber­té. Il je­tait un re­gard per­çant et avi­sé sur le théâtre po­li­tique dont il connais­sait par coeur les codes et les per­son­nages» VA­LÉ­RIE PÉ­CRESSE, PRÉ­SI­DENTE DE LA RÉ­GION ÎLE-DE-FRANCE

« Sa dis­pa­ri­tion bru­tale est un choc. J’ap­pré­ciais l’homme, ses qua­li­tés hu­maines et le grand pro­fes­sion­nel qu’il était. Il trai­tait tou­jours l’in­for­ma­tion avec le sé­rieux et la ri­gueur im­pla­cable qui le ca­rac­té­ri­sait », in­dique pour sa part Ber­nard Ac­coyer, l’ex-pré­sident de l’As­sem­blée. Jean-Louis Bor­loo re­tien­dra de Paul-Hen­ri du Lim­bert qu’il « était un sei­gneur de l’écri­ture, un dé­li­cat des autres, un tendre avec hu­mour et dis­tance ». « Il était, confie l’ex-mi­nistre, la syn­thèse par­faite du jour­na­lisme, entre proxi­mi­té et dis­tance. J’avais beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour lui. »

À gauche, aus­si, Paul-Hen­ri du Lim­bert était très res­pec­té. « J’ai tou­jours beau­coup ap­pré­cié le dia­logue avec lui, confie Sé­go­lène Royal. Il avait beau­coup de ri­gueur in­tel­lec­tuelle sans au­cun sec­ta­risme. » « Son élé­gance, sa cour­toi­sie, son sens de la for­mule et sa belle plume nous man­que­ront », a ré­agi Ma­nuel Valls qui le « connais­sait de­puis long­temps ». Comme tant d’autres di­ri­geants po­li­tiques, l’ex-pre­mier mi­nistre s’est dit « très triste » à l’an­nonce de sa dis­pa­ri­tion.

SÉ­BAS­TIEN SO­RIA­NO/LE FI­GA­RO

Paul-Hen­ri du Lim­bert avait 58 ans.

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