Les 4 Fan­tas­tiques du snow­board

Em­me­nés par le tan­dem Shaun White-Ch­loe Kim, les États-Unis ont réa­li­sé un car­ton plein dans la dis­ci­pline avec quatre titres.

Le Figaro - - SPORT - CÉ­DRIC CALLIER ccal­lier@le­fi­ga­ro.fr EN­VOYÉ SPÉ­CIAL À PYEONG­CHANG

JEUX OLYM­PIQUES Le foot­bal­leur Ga­ry Li­ne­ker n’a ja­mais dit que le snow­board était un sport très simple où des ath­lètes ef­fec­tuaient des fi­gures spec­ta­cu­laires et qu’à l’ar­ri­vée un(e) re­pré­sen­tant(e) des États-Unis s’im­po­sait. Mais il au­rait pu au vu des ré­sul­tats des Jeux olym­piques à Pyeong­chang. En ef­fet, la Ban­nière étoi­lée a lit­té­ra­le­ment fait main basse sur les quatre pre­miers titres dis­tri­bués en snow­board, en y met­tant à chaque fois la ma­nière.

Que dire en ef­fet du fa­bu­leux troi­sième titre olym­pique dé­cro­ché mer­cre­di par Shaun White, la fa­meuse « To­mate Vo­lante », qui a su re­pous­ser la me­nace d’une concur­rence ai­gui­sée au terme d’une fi­nale à sus­pense ? Tout se joua lors du der­nier pas­sage de l’Amé­ri­cain. Le dos au mur après l’ex­cel­lente pres­ta­tion du Ja­po­nais Ayu­mu Hi­ra­no, cré­di­té de 95,25 points, White ne s’est pas dés­uni pour si­gner un re­ten­tis­sant 97,75 et faire ain­si ou­blier son ra­té de Sot­chi il y a quatre ans, lors­qu’il avait échoué au pied du po­dium. « Je me suis re­trou­vé dans la même si­tua­tion que là-bas, avec un sen­ti­ment de dé­jà-vu, com­men­tait-il, l’émo­tion in­tense de sa vic­toire à peine re­tom­bée. Je me te­nais en haut du de­mi-cy­lindre, avec un “run” à po­ser pour de­ve­nir cham­pion olym­pique. Je sa­vais non seule­ment que je n’avais pas le droit à l’er­reur, mais qu’il fal­lait en plus que je réa­lise une per­for­mance par­faite. Je n’avais pas réus­si à le faire à Sot­chi mais là, j’ai réus­si. »

Après 2006 et 2010, Shaun White ajoute donc une nou­velle page à sa lé­gende à Pyeong­chang. Ce qui lui te­nait à coeur: «Ce­la a tou­jours été mon ob­jec­tif de faire par­tie des plus grands de l’his­toire du sport.» Consi­dé­ré comme un pion­nier de sa dis­ci­pline, l’Amé­ri­cain a sans doute bou­clé la boucle à 31 ans. Sur­tout si, comme il se le mur­mure avec in­sis­tance dans son en­tou­rage, White dé­cide de se lan­cer dans un nou­veau dé­fi olym­pique avec l’in­tro­ni­sa­tion du ska­te­board – son autre vio­lon d’Ingres – lors des Jeux olym­piques de To­kyo 2020. Mais il peut par­tir l’es­prit tran­quille car la re­lève est dé­jà là. No­tam­ment au half-pipe fé­mi­nin avec la pre­mière consécration olym­pique ob­te­nue par Ch­loe Kim. Née en Ca­li­for­nie de pa­rents sud-co­réens, cette jeune femme de 17 ans est dé­jà la star de sa dis­ci­pline. Une fu­ture Shaun White, sans au­cun doute.

Sou­rire en­sor­ce­lant, cha­risme du même ni­veau, mul­ti­cul­tu­relle – elle parle aus­si le fran­çais en rai­son d’un long sé­jour à Ge­nève du­rant sa jeu­nesse chez une tante –, d’un na­tu­rel confon­dant sur la Toile, Kim a dé­jà tout com­pris. Même si elle ne s’at­ten­dait pas à un suc­cès si sou­dain: « Sur les ré­seaux so­ciaux, ces der­niers jours, ce­la a été in­croyable. J’ai res­sen­ti une cer­taine pres­sion liée à ce­la et, par mo­ments, ce­la m’a un peu dé­pas­sée. Mais en même temps, c’est très ex­ci­tant et j’ai en­vie d’en pro­fi­ter plei­ne­ment. » Dix-sept ans, c’est l’âge éga­le­ment de Red­mond Ge­rard, qui avait ou­vert le fes­ti­val du snow­board amé­ri­cain de Pyeong­chang en rem­por­tant di­manche l’épreuve du slo­pe­style. Mais contrai­re­ment à Kim, lui ne s’at­ten­dait pas à se re­trou­ver sous les pro­jec­teurs si vite…

«Je me di­sais que j’al­lais peut-être prendre une bonne 4e place, ou quelque chose comme ça, confiait-il ain­si après son sacre. Je dis tou­jours que j’adore la 4e place. C’est ma place. Pas trop de mé­dias, tu as été pas mal, le po­dium n’était pas loin… Mais fi­na­le­ment, la pre­mière place, c’est en­core mieux.» Né le 29 juin 2000, il est éga­le­ment de­ve­nu le pre­mier spor­tif « d’hi­ver » né au XXIe siècle à de­ve­nir cham­pion olym­pique, avant que Ch­loe Kim ne l’imite. En­fin, pour que le ta­bleau soit com­plet, il convient de ne pas ou­blier Ja­mie An­der­son, qui, à 27 ans, fait le trait d’union entre la gé­né­ra­tion White et celle de Kim. Reine du slo­pe­style de­puis plu­sieurs an­nées, l’Amé­ri­caine avait su se jouer, lun­di, des condi­tions dif­fi­ciles pour conser­ver le titre ac­quis à Sot­chi en 2014. Quatre épreuves, quatre mé­dailles d’or: les États-Unis ne sont pas pour rien le pays qui a in­ven­té les X Games d’hi­ver.

3e titre olym­pique pour Shaun White après ceux de 2006 et 2010

Sur­nom­mé la « To­mate Vo­lante », Shaun White a rem­por­té, mer­cre­di à Pyeong­chang, son troi­sième titre olym­pique, après ceux de 2006 à Tu­rin et de 2010 à Van­cou­ver.

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