Ney­mar, une pre­mière oc­ca­sion ra­tée

Le Figaro - - SPORT - BAP­TISTE DES­PREZ @Bat­des­prez EN­VOYÉ SPÉ­CIAL À MA­DRID

Le foot­ball peut se mon­trer aus­si beau que cruel en l’es­pace de quelques se­condes. Ney­mar et le PSG en ont fait l’amère ex­pé­rience à Ma­drid. En sor­tant le ché­quier avec le Bré­si­lien (et Mbap­pé) l’été der­nier, le club pa­ri­sien ver­sion qa­ta­rie vou­lait s’af­fran­chir de ces consi­dé­ra­tions, ba­layer les re­lents de «re­mon­ta­da » et pas­ser un cap en Ligue des cham­pions.

L’an­cien crack du Bar­ça est ve­nu pour ça, ré­pète à qui veut l’en­tendre qu’il veut ré­gner sur la pla­nète foot. À mi­par­cours, c’est ra­té. S’il compte y par­ve­nir cette sai­son, le ren­dez-vous est tout trou­vé: le 6 mars pro­chain au Parc des Princes pour le 8e de fi­nale re­tour. Si l’homme scru­té par toutes les té­lé­vi­sions du monde, mer­cre­di, à Ber­na­beu, n’a pas ra­té son match, il ne s’est pas mon­tré dé­ci­sif et c’est clai­re­ment ce qu’on lui de­mande - et aus­si ce qu’il ré­clame. Ce qui tend à es­pé­rer une ré­ac­tion dans trois se­maines? Dans le cas contraire, il pour­ra re­mi­ser au pla­card ses am­bi­tions per­son­nelles. Tout du moins en 2018.

En guise de co­mi­té d’ac­cueil, Ney­mar sa­vait à quoi s’at­tendre. Et il n’a pas été dé­çu. Dès son en­trée sur la pe­louse pour l’échauf­fe­ment avec ses par­te­naires, le Bré­si­lien a re­çu une pre­mière salve de sif­flets. Puis une deuxième lors de l’an­nonce du onze pa­ri­sien, quelques mi­nutes avant le dé­but de la ren­contre, fai­sant le match dans la ca­té­go­rie des «hommes à abattre» avec Da­ni Alves, lui aus­si tan­cé. Lo­gique, tant les sup­por­ters de la Mai­son Blanche en gardent d’in­di­gestes sou­ve­nirs après les mau­vais coups joués lors des dif­fé­rents Cla­si­cos (3 buts et 3 passes dé­ci­sives en 8 ren­contres).

En plus du trai­te­ment «cha­leu­reux» du pu­blic ma­dri­lène, l’an­cien Bar­ce­lo­nais a ra­pi­de­ment été mis dans le bain, à l’image de la pre­mière charge de Kroos qui l’a clouée au sol (2e). Pour le plus grand plai­sir d’un San­tia­go-Ber­na­beu aux anges. C’est aus­si pour cet ac­cueil, ce trai­te­ment spé­cial et la crainte qu’il ins­pire à ses ad­ver­saires qu’il a dé­bar­qué au PSG. Les hommes de Zi­dane n’ont fait que lui rap­pe­ler tout au long du match. Plus d’un joueur au­rait cra­qué, cé­dé sous la pres­sion, mais Ney­mar en a vu d’autres et rien n’a sem­blé al­té­rer sa confiance.

Lors du pre­mier acte, le Pa­ri­sien a fait éta­lage de toute sa classe en étant dans qua­si­ment tous les bons coups d’une équipe pa­ri­sienne clai­re­ment tour­née vers le cô­té gauche. Al­ter­nant le bon comme après son nu­mé­ro de ma­gi­cien à pas­ser en re­vue la dé­fense me­rengue (30e), sa re­mise in­di­recte sur le but de Ra­biot (0-1, 33e) ou sa dé­via­tion pour Ca­va­ni (38e). Mais aus­si le moins bon avec une ten­dance à tom­ber fa­ci­le­ment ou à cé­der à l’aga­ce­ment comme en té­moigne son car­to­ne­jaune après une se­melle sur Na­cho (15 ).

Manque de lu­ci­di­té dans le der­nier geste

Pas as­sez ras­sa­sié, le joueur le plus cher du monde re­pre­nait la 2e mi-temps pied au plan­cher en of­frant une somp­tueuse balle de but pour Mbap­pé qui bu­tait sur Na­vas (49e). Ra­geant. Le KO sem­blait proche et le Real de «ZZ» de moins en moins en jambes pour dé­fendre en nombre sur l’en­ne­mi pu­blic nu­mé­ro un à l’image d’un Mo­dric ti­rant la langue.

Face au siège pa­ri­sien, in­suf­flé par la tête de gon­dole du pro­jet qa­ta­ri, l’air de­ve­nait ir­res­pi­rable pour des Ma­dri­lènes en manque de se­cond souffle. Mais la bande de Va­rane ne lâ­chait rien. Et le Bré­si­lien, à peine trans­pi­rant comme s’il ve­nait de fi­nir son échauf­fe­ment, conti­nuait de faire des mi­sères à l’image de son raid so­li­taire sur 40 mètres, mal conclu par Alves (72e). Sans suc­cès.

A force, Pa­ris al­lait re­gret­ter ce manque de lu­ci­di­té dans le der­nier geste… La sen­tence ar­ri­vait par Ro­nal­do, sur un but chanceux (2-1, 83e), puis par Mar­ce­lo (3-1, 86e). Signe que la chance, le cou­rage et l’ab­né­ga­tion dont ont fait preuve les hommes de Zi­dane au­ront suf­fi à faire plier Ney­mar et ses par­te­naires lors d’un cruel dé­noue­ment. Le 6 mars pro­chain, il en fau­dra beau­coup plus pour croire à la qua­li­fi­ca­tion et ren­ver­ser le double cham­pion d’Eu­rope en titre. C’est aus­si à ça qu’on voit les joueurs im­menses. Ney­mar le sait mieux que per­sonne.

REUTERS/PAUL HANNA

Ney­mar a al­ter­né le bon et le moins bon, mer­cre­di, sur la pe­louse de San­tia­goBer­na­beu .

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