Les com­merces dis­pa­raissent de la Grande-rue

Sous l’ef­fet d’une li­qui­da­tion ju­di­caire, le bar a bais­sé le ri­deau. La rue se vide de ses com­merces alors que, dans le même temps, le mar­ché ré­tré­cit.

Le Journal de Gien - - La Une -

■ En­core un com­merce qui ferme dans la Grande rue de Châtillon­sur­Loire. « L’été in­dien », le bar te­nu de­puis le 8 avril 2013 par Claude Ro­blin, a bais­sé le ri­deau dé­fi­ni­ti­ve­ment jeu­di 10 mai. Le pro­prié­taire, faute d’avoir ven­du son éta­blis­se­ment, es­pé­rait prendre sa re­traite en juillet après un der­nier ba­roud d’hon­neur à l’oc­ca­sion de la fête de la mu­sique en juin pro­chain. Le tri­bu­nal de com­merce en a dé­ci­dé au­tre­ment et or­don­né la clô­ture le jour même du ju­ge­ment.

La bou­lan­ge­rie re­doute l’ef­fet do­mi­no

« L’été in­dien » au­ra mar­qué la scène châ­tillon­naise de part l’am­biance par­fois to­ni­truante qui y ré­gnait dans la bonne hu­meur de chaque cô­té du comp­toir. De nom­breux concerts s’y sont dé­rou­lés, une longue liste éclec­tique de groupes mu­si­caux, mais aus­si des soi­rées à thème, lec­tures et ani­ma­tions di­verses. De temps à autre, le bruit de mo­tos de grosses cy­lin­drées amé­ri­caines fai­sait vi­brer les vi­trines alen­tour. La rue risque do­ré­na­vant d’être bien si­len­cieuse ; l’an­née pas­sée a vu la fer­me­ture de deux com­merces em­blé­ma­tiques : la char­cu­te­rie puis la li­brai­rie­pa­pè­ te­rie­presse.

La bou­lan­ge­rie voi­sine de « L’été in­dien » re­doute l’ef­fet do­mi­no. Des com­mer­çants ambulants du mar­ché du jeu­di s’y res­tau­raient le mi­di, cha­cun ap­por­tant sa pi­tance ; mais il est vrai aus­si que le mar­ché s’étiole, se ré­tré­cit, dis­pa­raît len­te­ment. Les pro­chains grands tra­vaux au pro­gramme sur la com­mune sont le re­mo­de­lage de la Grande rue et de la place Sainte­Anne.

Pas sûr qu’après ré­no­va­tion les com­merces re­viennent ; pour­tant, en pé­riode es­ti­vale, les tou­ristes sont de plus en plus nom­breux à vi­si­ter la ville. Le pa­tron de « L’été in­dien », membre de l’Arts­cène, pro­met qu’il sor­ti­ra de son exil en cam­pagne pro­fonde pour of­fi­cier à la bu­vette du Strange fes­ti­val.

Ri­deau bais­sé et en­seigne en­le­vée, reste l’ombre du chat Fé­lix sur la porte.

Sur sept com­merces d’af­fi­lée, seule la bou­lan­ge­rie reste ou­verte.

Claude Ro­blin (à droite) lors du der­nier concert en avril.

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