Les bu­reaux de poste condam­nés à dis­pa­raître ?

Com­mune après com­mune, La Poste ferme ses bu­reaux, rem­pla­cés par des agences pos­tales amé­na­gées dans les mai­ries ou les com­merces. Rai­son évo­quée : la baisse d’ac­ti­vi­té postale.

Le Journal de Gien - - La Une - FRAN­ÇOIS BASLEY ET FRAN­ÇOISE MILLOT

Après Poilly­lez­Gien, Ar­gent­sur­Sauldre et bien d’autres, c’est la com­mune de Châ­tillon­sur­Loire (notre pho­to) qui risque de perdre son bu­reau de poste au pro­fit d’une agence postale. Une si­tua­tion jus­ti­fiée par la baisse de l’ac­ti­vi­té cour­rier, mais tou­jours mal vé­cue lo­ca­le­ment. ■

■ À Châ­tillon­sur­Loire, les élus ne dé­co­lèrent pas. Ils re­fusent to­ta­le­ment la fer­me­ture du bu­reau de poste. La Poste leur a pro­po­sé d’as­su­rer ce ser­vice via un lo­cal mis à dis­po­si­tion par la com­mune, ou par un com­merce. Ce qu’ils re­fusent : « Nous sommes l’an­cien chef­lieu d’un can­ton de 5.000 à 6.000 ha­bi­tants », mar­tèle le maire Em­ma­nuel Rat. Une pé­ti­tion a été lan­cée et se signe à la mai­rie comme dans les com­merces ­ « ça marche à fond » ­ La mo­tion si­gnée lors de la der­nière réunion du con­seil mu­ni­ci­pal a été en­voyée à La Poste, « les sé­na­teurs Car­doux et Sueur entrent en ac­tion ». Bref : c’est la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale.

Châ­tillon­sur­Loire n’est pas la seule com­mune où le bu­reau de poste est, ou a été, me­na­cé de fer­me­ture. Celle­ci le plus sou­vent mo­ti­vée, se­lon La Poste, par une baisse d’ac­ti­vi­té. Comme ailleurs, elle pro­pose d’autres so­lu­tions. Un bu­reau de poste peut ain­si de­ve­nir une agence postale com­mu­nale ou in­ter­com­mu­nale, un re­lais pos­tal ou tout autre par­te­na­riat. Cette trans­for­ma­tion s’éta­blit sur la base d’un diag­nos­tic par­ta­gé entre La Poste et la com­mune, préa­lable et for­ma­li­sé. Ce, avec l’ac­cord préa­lable du maire de la com­mune, qui dis­pose de deux mois (dé­lai pou­vant être por­té à trois mois sur de­mande ex­press du maire) à par­tir de la sai­sine écrite de La Poste à l’is­sue de la pré­sen­ta­tion du diag­nos­tic par­ta­gé.

Le maire se pro­nonce sur le chan­ge­ment de sta­tut du point de contact et la na­ture du par­te­na­riat. L’ab­sence de ré­ponse au­de­là des dé­lais in­di­qués ci­des­sus vaut dé­ci­sion d’ac­cep­ta­tion de la trans­for­ma­tion. À Châ­tillon­sur­Loire, la ré­ponse a pris la forme d’une mo­tion.

À Poilly­lez­Gien, La Poste a quit­té son bu­reau pour tra­ver­ser la place et in­té­grer la mai­rie, sous forme d’agence postale. « La Poste ne nous paie pas de loyer mais l’amé­na­ge­ment de la pièce a été à sa charge. La per­sonne tra­vaille à mi­temps pour La Poste, à mi­temps pour nous, à l’ac­cueil », pré­cise le maire Alain Cha­bo­rel.

« C’était ça ou rien »

À Ar­gent­sur­Sauldre où le bu­reau de poste a lui fer­mé et où une agence a éga­le­ment pris place dans la mai­rie, le maire De­nis Mar­des­son ne re­grette pas son choix même si « J’étais très ré­ti­cent au dé­but. Je di­sais à cha­cun son tra­vail, le mien n’est pas de dis­tri­buer le cour­rier ! Puis, je me suis vite ren­du compte que c’était ça ou rien. Alors je n’ai pas pris le risque de perdre com­plè­te­ment ce ser­ vice ». Du coup, un agent com­mu­nal est voué à l’agence postale, payé par la com­mune mais fi­nan­cé in­té­gra­le­ment par La Poste. « Le pro­blème, c’est que cet agent n’est pas rem­pla­cé lors de ses congés, l’agence postale est donc fer­mée. Les gens se plaignent par­fois de la ré­duc­tion des ho­raires d’ou­ver­ture. »

À l’image du vo­lume de cour­rier qui se ré­duit, les ho­raires ra­pe­tissent, com­pen­sés par les pos­si­bi­li­tés of­fertes par La Poste sur son site in­ter­net. Une mu­ta­tion pas tou­jours bien vé­cue lo­ca­le­ment.

Agence postale ou re­lais pos­tal

(PHO­TO : ALAIN BREUZÉ)

Le bu­reau de poste de Châ­tillon-sur-Loire risque de fer­mer. Comme d’autres…

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