« Ma fa­mille est ma gué­ri­son »

Peg­gy Beau­fol, Ora­to­rienne de 40 ans, a été diag­nos­ti­quée por­teuse du can­cer du sein fin 2016. De­puis, elle se bat pour vaincre la ma­la­die et re­trou­ver une exis­tence « nor­male » au­près de sa fa­mille et de son en­tou­rage.

Le Journal de Gien - - Region - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AR­NAUD CHARRIER

Com­ment avez-vous ap­pris votre ma­la­die ?

« Tout a com­men­cé en oc­tobre 2016, à l’oc­ca­sion d’une au­to­pal­pa­tion. J’ai sen­ti que quelque chose n’al­lait pas : j’avais une boule dans mon sein. Je suis al­lée voir mon gy­né­co­logue qui n’a rien dé­ce­lé. Par sé­cu­ri­té, j’ai pré­fé­ré faire une mam­mo­gra­phie et une écho­gra­phie. Le ver­dict est tom­bé dé­but dé­cembre 2016 : pré­sence de deux tu­meurs can­cé­reuses clas­sées A.C.R.6 ( le stade le plus éle­vé, ndlr), d’une taille de 18 cm².

Quelle fut votre réaction au mo­ment de l’an­nonce ?

Je m’y at­ten­dais mais j’ai tout de suite pen­sé à ma fille, sa­chant qu’il y a des risques d’hé­ré­di­té. Pen­dant un mois et de­mi, j’ai ef­fec­tué des exa­mens pour voir s’il n’y avait pas d’autres cel­lules can­cé­reuses ; j’ai été sou­la­gée lorsque j’ai ap­pris que seul mon sein était tou­ché. Puis, le 17 jan­vier 2017, j’ai fait ma pre­mière chi­mio­thé­ra­pie et à peine aije mis les pieds à la po­ly­cli­nique que j’ai fon­du en larmes. À 39 ans, j’es­time que ce n’est pas nor­mal d’avoir un can­cer. Quel que soit l’âge, d’ailleurs.

Il a pour­tant fal­lu vous re­prendre…

Oui, ce fut le pre­mier d’une longue sé­rie de trai­te­ments, pen­dant un an et de­mi : de la ra­dio­thé­ra­pie tous les jours de la se­mai­ ne, des chi­mio­thé­ra­pies (toutes les trois se­maines, puis toutes les se­maines), sans ou­blier la mo­no­thé­ra­pie (un com­pri­mé à prendre tous les jours pen­dant cinq ans) et, bien sûr, l’abla­tion du sein.

Tout ce­la in­flue for­cé­ment sur l’or­ga­nisme…

Ef­fec­ti­ve­ment, tous ces trai­te­ments ont des ef­fets se­con­daires : sé­che­resse de la peau, prise de poids, bouf­fées de cha­leur, nuits agi­tées, maux de tête… On est dé­pha­sé. Sans par­ler des nau­sées, des consti­pa­tions, des diar­rhées, de la perte des che­veux…

… et sur le mo­ral ?

Le plus dif­fi­cile, c’est le re­gard des autres ; il faut sans cesse tri­cher, se ca­mou­fler. On es­saie de faire bonne fi­gure, on cache au mieux grâce aux per­ruques, aux prothèses, au

ma­quillage. Pour la fé­mi­ni­té, c’est im­por­tant. On peut bé­né­fi­cier d’aides de la Sé­cu­ri­té so­ciale ou des mu­tuelles pour ces élé­ments mais j’es­time qu’ils de­vraient être pris en charge à 100 %.

Au­jourd’hui, com­ment vous sen­tez-vous ?

Je ne me sens pas dans la nor­ma­li­té étant don­né que je n’ai pas re­pris de vie ac­tive pro­fes­sion­nelle. J’ai aus­si le sen­ti­ment de me sen­tir moins forte de­puis que je n’ai plus les vi­sites ré­gu­lières à la po­ly­cli­nique.

Pour­tant, votre par­cours de soins n’est pas ter­mi­né ?

J’es­saie de vivre comme si de rien n’était et je pense à ma re­cons­truc­tion qui va né­ces­si­ter plu­sieurs grosses opé­ra­tions. Je sais qu’il y au­ra en­core beau­coup de souf­france mais pour un ré­sul­tat que j’es­père po­si­tif. Tout ce que je sou­haite, c’est ne plus ja­mais re­vivre ça.

L’en­tou­rage est-il in­dis­pen­sable dans ce pro­ces­sus de re­cons­truc­tion phy­sique et psy­cho­lo­gique ?

L’hu­ma­ni­té est pri­mor­

diale. Mes en­fants et mon ma­ri sont ma gué­ri­son.

Que di­riez-vous aux femmes au­jourd’hui dé­pis­tées ?

Chaque cas est unique bien sûr, mais je di­rais qu’il faut ten­ter de gar­der le mo­ral, res­ter ac­tive et s’en­tou­rer de gens po­si­tifs pour rendre la vie un peu plus agréable. »

Peg­gy Beau­fol a dé­cou­vert sa ma­la­die à l’aube de ses 40 ans.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.